CHAPITRE 2: La croissance spirituelle

Mes étapes vers la paix intérieure

EN REGARDANT LE MONDE, dont une si grande partie est pauvre, je me suis sentie de plus en plus inconfortable de posséder autant de biens, tandis que mes frères et soeurs humains n’avaient pas de quoi manger. Il me fallait trouver une autre voie. Le tournant décisif arriva lorsque, désespérée et plongée dans une profonde recherche d’un mode de vie qui aurait du sens, j'ai marché toute une nuit dans les bois. Je suis arrivée à une clairière illuminée par le clair de lune et j'ai prié.

Je me suis sentie totalement consentante, sans la moindre réserve, à donner ma vie - à vouer ma vie - au service des autres. « Je t'en prie, utilise-moi! » ai-je demandé à Dieu. Et une grande paix est venue m'habiter.

Je vous assure que c'est un point de non-retour. Après cela, il n'est plus possible de retourner à une vie complètement centrée sur soi-même.

C’est ainsi que je suis entrée dans la seconde phase de ma vie. J'ai commencé à vivre pour donner ce que je pouvais, au lieu de prendre ce que je pouvais. Et un nouveau monde merveilleux s'est ouvert à moi. Ma vie a commencé à prendre un sens. J'ai obtenu la grande bénédiction d'une bonne santé. Depuis ce temps, je n'ai jamais eu de douleur, de rhume ou de mal de tête. (La plupart des maladies, vous savez, ont une origine psychologique). À ce moment, j'ai su que ma vie serait consacrée à la paix, qu’elle engloberait tous les aspects de la paix : paix entre les nations, paix entre les groupes, paix entre les individus et la très, très importante paix intérieure. Cependant, il y a une grande différence entre vouloir consacrer sa vie et réellement la donner. Pour moi, quinze années de préparation et de recherche de la paix intérieure se sont écoulées entre les deux.

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Je n'étais pas très avancée sur le chemin spirituel quand j'ai pris connaissance de ce que les psychologues désignent comme l'ego et la conscience, que j'appelle le « moi moins élevé » et le « moi plus élevé », ou encore la « nature centrée sur soi » et la « nature centrée sur Dieu ». C'est comme si nous avions deux moi, deux natures ou deux volontés qui ont un point de vue opposé.

Votre moi le moins élevé voit les choses seulement du point de vue de votre bien-être physique. Votre moi le plus élevé considère votre bien-être psychologique ou spirituel. Votre moi moins élevé vous voit comme le centre de l'univers. Votre moi plus élevé vous voit comme une cellule dans le corps de l'humanité. Lorsque vous êtes gouverné par votre moi moins élevé, vous êtes égoïste et matérialiste. Mais dans la mesure où vous suivez les incitations de votre moi plus élevé, vous voyez les choses de manière réaliste et trouvez l'harmonie en vous et dans les autres.

Le corps, le mental et les émotions sont des instruments qui peuvent être utilisés par la nature centrée sur soi ou par la nature centrée sur Dieu. La nature centrée sur soi utilise ces instruments, sans jamais pouvoir les maîtriser complètement. Cela entraîne une lutte constante. Ces instruments ne peuvent être contrôlés entièrement que par la nature centrée sur Dieu.

Quand la nature centrée sur Dieu prend le contrôle, vous avez trouvé la paix intérieure. En attendant ce moment, un contrôle partiel peut être obtenu par la discipline. Cette discipline peut être imposée de l'extérieur par un entraînement précoce, devenu une partie subconsciente de la nature centrée sur soi. Elle peut aussi être une discipline adoptée volontairement: l'auto-discipline. Par conséquent, si vous faites des choses que vous savez que vous ne devriez pas faire et ne voulez pas vraiment faire, vous manquez certainement de discipline. Je recommande la croissance spirituelle et, en attendant, l'auto-discipline.

Durant la période de croissance spirituelle, le conflit intérieur peut être plus ou moins orageux. Le mien était moyen. La nature centrée sur soi est un formidable ennemi et elle se bat avec acharnement pour conserver son identité. Elle se défend de manière très astucieuse et ne doit pas être prise à la légère. Elle connaît les points faibles de votre carapace et tente de vous assaillir au moment où vous vous y attendez le moins. Durant ces périodes d'assaut, maintenez une attitude humble et ne soyez intime avec nul autre que le murmure de votre moi le plus élevé qui vous guide.

Le moi le plus élevé a reçu bien des noms merveilleux de la part des leaders religieux. Certains le nomment la lumière intérieure ou le Christ en vous. Quand Jésus a dit : « Le Royaume de Dieu est en vous », il se référait évidemment à votre moi le plus élevé. Dans un autre passage, il est mentionné : le Christ en vous, votre espoir de gloire, le Christ qui vous habite. Jésus a été appelé le Christ parce que Sa vie a été conduite par ce pouvoir gouvernant plus élevé.

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Quand je parle de mes étapes vers la paix intérieure, j'en parle dans un cadre général, mais le nombre d’étapes est flexible, pouvant être augmenté ou diminué. Ce n'est qu'une manière de présenter les choses. Mais ceci est important: les étapes vers la paix intérieure n'ont pas à être franchies dans un ordre particulier. La première étape pour l'un peut être la dernière pour l'autre. Aussi, franchissez les étapes qui vous paraissent les plus faciles, et au fur et à mesure que vous en franchirez, les autres vous paraîtront plus aisées. En ce domaine, nous pouvons vraiment partager nos expériences. Il se peut que personne parmi vous ne se sente appelé à entreprendre un pèlerinage, et je n'essaie pas de vous inspirer à le faire. Mais nous pouvons échanger au sujet de notre recherche d'harmonie dans nos vies personnelles. Et je soupçonne que lorsque vous m'entendrez mentionner certaines de ces étapes vers la paix intérieure, vous reconnaîtrez en avoir déjà franchi.

Préparations


Préparation 1 - Avoir une bonne attitude face à la vie

Je voudrais mentionner quelques préparations qui m’ont été nécessaires. La première préparation est d'avoir une bonne attitude face à la vie. Cela signifie : cessez de vous évader! Cessez de vivre superficiellement. Il y a des millions de gens qui restent à la surface des choses et qui ne trouvent jamais rien qui en vaille vraiment la peine. Soyez prêts à affronter la vie directement et regardez au-delà des apparences, là où les vérités et les réalités sont présentes. C'est ce que nous faisons ici maintenant.

Il y a toute la question d'avoir une attitude sensée face aux problèmes que la vie peut vous présenter. Si seulement vous pouviez avoir une vue d'ensemble, si vous connaissiez toute l'histoire, vous réaliseriez qu'aucun problème ne survient dans votre vie sans qu’il n'ait sa raison d'être et ne contribue à votre croissance intérieure. Lorsque vous percevrez cela, vous reconnaîtrez que les problèmes sont en réalité des opportunités déguisées. Si vous ne faisiez pas face à ces problèmes, vous dériveriez simplement dans la vie. C'est à travers la résolution de problèmes en accord avec notre lumière la plus élevée que la croissance intérieure s'effectue. Quant aux problèmes collectifs, ils doivent être résolus collectivement. Personne ne trouvera la paix intérieure s'il évite d'apporter sa contribution à la résolution des problèmes collectifs, comme le désarmement mondial et la paix dans le monde. Songeons donc toujours à ces problèmes ensemble, parlons-en ensemble et travaillons collectivement à leur solution.

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Préparation 2 - Harmoniser sa vie avec les lois qui gouvernent cet univers

La seconde préparation consiste à harmoniser sa vie avec les lois qui gouvernent cet univers. La création ne comprend pas seulement les mondes et les êtres, mais également les lois qui les gouvernent. Ces lois qui dirigent la conduite humaine s’appliquent aussi bien au domaine physique qu'au domaine psychologique. Dans la mesure où nous les comprendrons et mettrons nos vies en accord avec elles, nous vivrons en harmonie. Mais si nous désobéissons à ces lois, nous nous créons nous-mêmes des difficultés. Nous sommes nos pires ennemis. Si nous ne sommes pas en harmonie par ignorance, nous souffrons. Mais lorsque c’est en pleine connaissance de cause, nous souffrons encore plus. La souffrance nous pousse à l'obéissance.

Je me suis rendu compte qu'il y a certaines lois bien connues, peu comprises et rarement mises en pratique, que nous devons respecter si nous désirons trouver la paix intérieure ou extérieure. Ces lois énoncent, par exemple, que le mal ne peut être vaincu que par le bien, que seulement de bons moyens peuvent donner un bon résultat et que ceux qui font des choses contraires à l'amour se blessent eux-mêmes spirituellement.

Ces lois sont les mêmes pour tous les êtres humains et doivent être respectées avant que l'harmonie puisse régner.

Je me suis donc consacrée à un projet très intéressant : celui de vivre en accord avec toutes les bonnes choses auxquelles je croyais. Je ne me suis pas éparpillée en les appliquant toutes à la fois. Plutôt, chaque fois que je faisais une chose que je savais que je ne devais pas faire, j'arrêtais de la faire. Je renonce toujours rapidement car c'est la manière facile. Diminuer graduellement est long et difficile. Si je ne faisais pas quelque chose que je savais que je devais faire, je travaillais pour y arriver. Cela a pris un long moment pour que ma manière de vivre rejoigne mes croyances, mais c’est évidemment possible. Maintenant, si je crois en quelque chose, je le vis. Autrement, cela n'aurait aucun sens. Au fur et à mesure que je vivais en accord avec ma lumière la plus élevée, je découvrais que davantage de lumière m'était donnée. Ainsi je m'ouvrais à recevoir plus de lumière en vivant en accord avec la lumière que j'avais.

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Préparation 3 - Trouver sa place unique dans le Plan de la Vie

La troisième préparation concerne quelque chose d’unique à chaque vie humaine parce que chacun de nous a une place spéciale dans le Plan de la Vie. Il n’y a pas deux personnes qui ont exactement le même rôle à jouer dans le Plan de Dieu. Un guide est présent à l'intérieur de nous et tous ceux et celles qui veulent bien l'écouter se sentiront incités à jouer un rôle précis dans l’agencement des choses.

Les lois de Dieu peuvent être connues de l'intérieur, mais elles peuvent également être apprises de l'extérieur, puisqu'elles ont été énoncées par tous les grands enseignants religieux. Le guide divin ne peut cependant être connu que de l'intérieur.

Nous devons rester ouverts au guide divin. Dieu ne nous guide jamais à enfreindre les lois divines. Alors, si un conseil négatif nous parvient, nous pouvons être sûrs qu'il ne vient pas de Dieu. Il revient à chacun de nous de garder notre vie résolument en accord avec les lois divines, qui sont les mêmes pour tous. Les bonnes choses surviennent dans nos vies seulement dans la mesure où nous demeurons en harmonie avec les lois divines.

Quand vous venez en ce monde, vos tâches dans le plan divin sont déjà déterminées. Elles ne demandent qu'à être réalisées et vécues. Si vous ne savez pas encore où est votre place, je suggère que vous la recherchiez dans un silence réceptif. J'avais l'habitude de marcher parmi les beautés de la nature, tout simplement silencieuse et réceptive. Alors, de merveilleuses inspirations me parvenaient.

Vous commencez à jouer votre rôle dans le Plan de la Vie en accomplissant toutes les bonnes choses pour lesquelles vous vous sentez motivé, même si ce ne sont que de petites choses au début. Donnez-leur la priorité dans votre vie sur toutes les choses superficielles qui encombrent généralement les vies humaines.

Tous les matins je pensais à Dieu et aux choses que je pourrais accomplir dans ma journée pour être au service des enfants de Dieu. Dans chaque situation que je rencontrais, je me demandais comment je pouvais rendre service. Chaque jour, j'accomplissais autant de bonnes choses que je pouvais, sans oublier l'importance d'un mot gentil ou d'un sourire jovial. Lorsque certaines choses me semblaient trop énormes à gérer, je priais. Et la prière appropriée mène aux actions appropriées.

J'étais débordante d'enthousiasme pour aider les autres. On pourrait dire qu'en réglant tant de problèmes pour les autres, je les privais de la croissance spirituelle que la résolution de problèmes amène. J'ai tôt réalisé que je devais laisser du travail à d'autres pour qu'ils puissent ainsi être bénis.

Au début, j'ai aidé les gens de façon très simple, en m'occupant des itinérants, par des projets de jardinage et des séances de lecture. J'ai passé du temps dans des maisons privées de personnes âgées et de convalescents, les aidant à surmonter leurs maladies. J'ai travaillé avec des adolescents en difficulté, des gens ayant des difficultés psychologiques ou souffrant de handicaps physiques et mentaux. Mes motifs étaient purs et une grande partie de mon travail a eu un résultat positif. J'ai utilisé ce que j'appelle la thérapie spirituelle: je trouvais toutes les bonnes choses que ceux avec qui je travaillais voulaient faire et je les aidais à les réaliser. Certains s’attachaient trop à moi et je devais travailler à briser l'attachement.

Mon manque de compétence était plus que compensé par l'amour que je prodiguais aux autres. Quand l'amour remplit votre vie, toutes les limitations disparaissent. L’amour est le remède dont ce monde malade a tant besoin.

J'ai aussi fait du bénévolat pour certaines organisations : « l'American Friends Service Committee * », la « Women's International League for Peace and Freedom ** », et le «Fellowship of Reconciliation *** » - sur une période d'au moins dix ans, de manière intermittente.
   * Comité d'entraide des Amis d'Amérique.
   ** Ligue féminine internationale pour la paix et la liberté.
   *** Fraternité de la Réconciliation.

Il y en a qui savent mais qui n'agissent pas. Cela est très triste. Dans cet âge matérialiste nous avons un critère tellement faux concernant la mesure du succès. Nous le mesurons en termes de dollars, de possessions matérielles. Mais le bonheur et la paix intérieure ne vont pas dans ce sens. En vérité, si vous savez mais n'agissez pas, vous êtes une personne très malheureuse.

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Préparation 4 - Simplifier sa vie

Il y a une quatrième préparation : c'est la simplification de la vie. Elle sert à harmoniser, dans notre vie, notre bien-être intérieur et extérieur ainsi que notre bien-être psychologique et physique. Cela a été très facile pour moi. Juste après avoir consacré ma vie à servir, j'ai senti que je ne pouvais plus accepter davantage que ce qu’il m’était nécessaire, alors que d'autres en ce monde ont moins que ce dont ils ont besoin. Cela m'a amené à ajuster ma vie au niveau des besoins essentiels. Je pensais que ce serait difficile. Je pensais que cela entraînerait de dures épreuves, mais je me trompais grandement. Au lieu d'épreuves, j'ai trouvé un merveilleux sentiment de paix et de joie ainsi qu’une conviction que les possessions inutiles ne sont que des fardeaux inutiles.

Durant cette période, j'étais capable de subvenir à mes besoins avec dix dollars par semaine, divisant mon budget en deux catégories. J'allouais $6.50 pour la nourriture et les frais divers et $3.50 pour le logement.

Je ne veux pas laisser entendre que les besoins de tous sont les mêmes. Vos besoins peuvent être bien supérieurs aux miens. Par exemple, si vous avez une famille, vous avez besoin de la stabilité d'un foyer pour vos enfants. Mais j'affirme cependant que tout ce que vous possédez en plus du nécessaire - quelquefois cela inclut aussi des choses au-delà des besoins physiques - tend à devenir un fardeau. Car si vous le possédez, vous devez en prendre soin!

Vivre simplement apporte une grande liberté. Après avoir commencé à éprouver ce sentiment, j'ai trouvé l'harmonie dans ma vie entre le bien-être intérieur et extérieur. Il y a beaucoup à dire à propos d'une telle harmonie, non seulement dans la vie individuelle, mais aussi dans la vie d’une société. Collectivement, nous nous sommes tellement éloignés de l’harmonie, tellement enfoncés dans le matérialisme, que lorsqu’une découverte comme l’énergie nucléaire est apparue, nous avons été capables de l’utiliser pour fabriquer une bombe et tuer des gens! Cela parce que notre bien-être intérieur est tellement décalé par rapport à notre bien-être extérieur. Afin d’équilibrer ces deux aspects nous devrions, à l’avenir, orienter notre recherche vers l’intérieur, vers le spirituel. Ainsi, nous saurons comment utiliser à bon escient le bien-être extérieur que nous possédons déjà.

Purifications

Purification 1 - Purifier son corps

Puis, j'ai découvert que quelques purifications m'étaient nécessaires. La première purification est une chose si simple: c'est la purification du corps. Cela concernait mes habitudes de vie physique. J'avais l'habitude de manger n’importe quels aliments. Je frémis aujourd'hui en pensant à tout ce que je jetais dans ce temple de l'esprit.

Je n'ai pas pris soin de mon temple corporel quand j'étais très jeune. C’est arrivé plus tard dans ma vie. Cinq ans se sont écoulés entre le moment où j'ai totalement accepté de donner ma vie et celui où j’ai commencé à vraiment prendre soin de mon temple corporel - cinq ans! Maintenant je mange principalement des fruits, des noix, des légumes, des grains entiers (préférablement de culture biologique) et peut-être un peu de lait et de fromage. C'est avec cela que je vis et que je marche.

Il fut un temps où j'avais l'habitude de boire du café. La première chose que je faisais en me levant le matin était de prendre mon café. Un matin, comme je finissais ma tasse de café, je l'ai regardée en me disant: « Tu dépends de cela pour te stimuler le matin! Je ne veux plus être une esclave de la caféine. Cela va cesser dès maintenant! » Et cela s'est passé ainsi. Je n'y ai plus jamais touché. Cela m'a manqué durant quelques jours, mais je suis plus forte que cette tasse de café!

J'ai commencé à réaliser que je désobéissais à ma règle de vie qui dit: Je ne demanderai à personne de faire des choses pour moi que je refuserais de faire moi-même. Et comme je ne tuerais aucune créature, pas même un poulet ou un poisson, j'ai donc cessé immédiatement de manger toute forme de chair.

Je n'ai mangé aucune chair depuis de nombreuses années, ni viande, ni poisson, ni volaille. J'ai appris depuis lors que c'est néfaste pour la santé. Mais à cette époque, j'étendais simplement mon amour, non seulement aux êtres humains, mais aussi à toutes les créatures qui sont mes compagnes. Ainsi, j'ai cessé de les blesser et de les manger.

Je ne savais pas à l'époque que manger de la chair était nuisible pour l'esprit. Je savais seulement que c'était quelque chose que je ne pouvais plus faire parce que c'était contraire à l'une de mes règles de vie. Un peu plus tard, j'ai appris d'un médecin que manger de la chair laisse des résidus toxiques dans le corps. Cela m'aurait également convertie au végétarisme. Je crois en la pratique de la prévention puisque le corps est le temple de l'esprit.

Puis, j'ai appris d'un professeur d’université qui a écrit un livre sur le sujet, qu’élever les animaux que nous mangeons prend beaucoup plus d’espace que cultiver des fruits, des légumes et des céréales. Puisque je désire que le plus grand nombre d’enfants de Dieu soient nourris, cela m'aurait également convertie au végétarisme.

La difficulté est que nous n'avons pas encore appris à cesser de nous entretuer. C'est notre apprentissage actuel : ne pas nous entretuer. Apprendre la leçon du partage et la leçon de ne pas nous tuer mutuellement. La leçon de ne pas tuer des créatures viendra un peu plus tard. Mais ceux d'entre nous qui savent doivent vivre selon leur lumière la plus élevée.

Quand j'ai réalisé que la farine blanche et le sucre blanc étaient nuisibles à la santé, j'ai cessé de les consommer. Quand j'ai réalisé que les produits hautement assaisonnés étaient nuisibles, je ne les ai plus mangés. Et quand j'ai réalisé que tous les aliments transformés contiennent des substances qui sont mauvaises pour le corps, j'ai arrêté de les consommer. Même l'eau du robinet est un cocktail chimique. Je suggérerais l'eau embouteillée ou distillée.

J'en sais assez sur les aliments pour nourrir mon corps adéquatement et j'ai une excellente santé. J'apprécie ma nourriture, mais je mange pour vivre. Je ne vis pas pour manger, comme certaines personnes le font. Et je sais quand m'arrêter de manger. Je ne suis pas esclave de la nourriture.

Les gens peuvent encore avoir faim après avoir mangé de grandes quantités de mauvais aliments. En fait, vous pouvez souffrir de malnutrition en mangeant régulièrement trop de mauvais aliments. Vous pouvez commencer une diète santé en ne consommant que des aliments sains disponibles. Mangez lentement et mastiquez bien votre nourriture, comme je le fais. Puis, faites de l'alimentation une partie accessoire de votre vie en vous occupant de tellement de choses importantes que vous n'aurez guère le temps de penser à la nourriture.

Dans mes habitudes de repas et de sommeil, j'ai un contact aussi près qu'il m'est possible avec la nature. Chaque jour je prends autant d'air frais, de soleil et de contact avec la nature que possible. Je veux vivre une grande partie de ma vie à l'extérieur et faire partie de l'environnement. Le repos et l'exercice sont importants. Je ne suis pas une personne qui peut se passer fréquemment de sommeil. Si possible, je me couche à la tombée de la nuit pour avoir huit heures de sommeil. Je fais mon exercice en marchant et en me balançant les bras pour en faire une forme d'exercice complet.

Vous pourriez penser que la purification du corps est la première chose à laquelle les gens accepteraient de travailler. Mais selon mon expérience pratique, c'est souvent la dernière parce que cela signifierait se débarrasser de quelques mauvaises habitudes. Et il n'y a rien auquel nous nous accrochons avec plus de ténacité.

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Purification 2 - Purifier sa pensée

Il y a une seconde purification : la purification de la pensée. Si vous réalisiez toute la puissance de vos pensées, vous n’auriez plus jamais une pensée négative. Elles ont une influence puissante en faveur du bien lorsqu'elles sont positives et elles peuvent vous rendre physiquement malade, si elles sont négatives. Et elles le font. Je ne mange pas de nourriture-poubelle et je n'entretiens pas de pensées-poubelle! Croyez-moi, les pensées-poubelle peuvent vous détruire plus rapidement que la nourriture-poubelle. Il faut se méfier des pensées-poubelle.

Laissez-moi vous raconter l'histoire d'un homme défavorablement affecté par des pensées négatives. Il avait soixante-cinq ans quand je l'ai connu et il manifestait des symptômes de ce qu'on appelle une maladie chronique physique. Quand je lui ai parlé, j'ai réalisé qu'il y avait de l'amertume dans sa vie. Cependant, je n’ai pu en identifier la cause immédiatement parce que je voyais qu'il s'entendait bien avec son épouse, ses enfants adultes et les gens de sa communauté. Mais l'amertume était bien là. J'ai trouvé qu'il nourrissait de l'amertume envers son père décédé depuis longtemps parce que son père avait payé des études à son frère, mais pas à lui. C’était une personne très intellectuelle et je lui ai parlé longuement. Quand lui, l'aîné, était à l'âge des études, son père n'avait pas assez d'argent pour le faire instruire. En fait, la famille était très pauvre à cette époque. Il avait plusieurs soeurs plus jeunes, et je pense que trois d'entre elles n'avaient pas fait d'études non plus. Son frère était le plus jeune. Et quand son tour est arrivé, son père était plus fortuné et a pu lui payer ses études. Il n'enviait pas son frère pour son éducation, mais il pensait seulement qu'il aurait dû l’obtenir aussi. Quand il a réalisé que son père avait fait du mieux qu'il avait pu pour ses deux fils, alors il a été capable de laisser aller cette amertume qu'il entretenait. La maladie supposée chronique commença à s'atténuer. Et bientôt sa santé s'améliora grandement, au point où la maladie disparut complètement.

Si vous entretenez la moindre pensée négative ou la moindre amertume envers quelqu'un, vous devez vous en débarrasser rapidement. Elles ne font de dommage qu’à vous-même. Ce n'est pas suffisant de faire et de dire les bonnes choses, vous devez aussi penser les bonnes choses pour que votre vie devienne harmonieuse.

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Durant la période de préparation je ne m'identifiais pas complètement avec mon vrai Moi. J'étais seulement en apprentissage. Pardonner aux autres avec facilité n’était pas un problème pour moi. Mais j'avais de la difficulté à me pardonner. Si je faisais une chose qui n'était pas la meilleure, je me disais: « Tu aurais pu faire mieux que cela! » Un jour, alors que je me peignais devant le miroir, je me suis regardée en me disant: « Toi, vaniteuse! Pourquoi penses-tu que tu peux faire mieux alors que tu pardonnes à tous les autres de ne pas faire mieux ? Tu n'es pas meilleure qu'eux. »

Vous devez apprendre à vous pardonner aussi aisément que vous pardonnez aux autres. Faites ensuite un pas de plus et utilisez cette énergie que vous preniez à vous condamner pour vous améliorer. Après cela, j'ai vraiment commencé à voir des résultats puisqu'il n’y a qu’une seule personne que nous puissions changer et c'est nous-même. Après que vous vous soyez changé, vous pouvez en inspirer d'autres à vouloir se changer.

Cela a pris un long moment avant que ma manière de vivre ne rejoigne mes croyances, mais finalement cela s'est produit. Quand c’est arrivé, j’ai commencé à progresser et cela n'a jamais cessé. Au fur et à mesure que je vivais selon ma lumière la plus élevée, une lumière de plus en plus grande me parvenait.

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Purification 3 - Purifier ses désirs

La troisième purification est la purification des désirs. Que désirez-vous? Des choses superficielles comme les plaisirs : de nouveaux vêtements à la mode, des meubles ou des automobiles? Puisque vous êtes ici pour vous harmoniser avec les lois qui gouvernent la conduite humaine et pour jouer votre rôle dans le plan des choses, vos désirs doivent converger dans cette direction. Il est très important que vos désirs soient centrés. Ainsi, vous désirerez seulement accomplir la volonté de Dieu pour vous. Vous pouvez parvenir à n’avoir qu’un désir unique : seulement connaître votre rôle dans le Plan de la Vie et le jouer. Quand on y songe, y a-t-il autre chose de réellement plus important à désirer?

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Purification 4 - Purifier ses motivations

Il y a une dernière purification : la purification des motivations.. Quelle est votre motivation dans toutes les choses que vous faites ? Si c'est simplement l'avidité, l'égoïsme ou le désir de glorification personnelle, je vous dirais : « ne faites pas cette chose ». Ne faites rien avec une telle motivation. Mais ce n'est pas facile car nous avons tendance à agir à partir de motifs entremêlés. Je n'ai jamais rencontré une personne qui ait des motifs complètement mauvais. Une telle personne existe peut-être, mais je ne l'ai jamais rencontrée. Par contre, je vois constamment des personnes aux motifs entremêlés : de bons et mauvais motifs mêlés ensemble. Par exemple, j'ai rencontré un homme d'affaires qui admettait que ses motifs n'étaient pas des plus élevés. Cependant, il avait aussi de bons motifs : supporter sa famille, faire le bien dans sa communauté. Des motifs entremêlés!

Je m’adresse à des groupes de personnes qui étudient les enseignements spirituels les plus avancés et, quelquefois, certains se demandent pourquoi rien ne se passe dans leur vie. Leur motif est l'atteinte de la paix intérieure pour eux-mêmes. Ce qui, évidemment, est un motif égoïste. Vous ne la trouverez pas avec ce motif. Si vous voulez trouver la paix intérieure, le motif doit être orienté vers l'extérieur. Le service - naturellement - le service. Donner, et non prendre. Votre motivation doit être bonne pour que vos actions produisent un bon résultat. Le secret de la vie est de servir.

J'ai connu un homme qui était un bon architecte. De toute évidence le travail lui convenait bien, mais il le faisait avec un mauvais motif. Sa motivation était de gagner beaucoup d'argent et d'être au-dessus des autres. C’est ainsi que le surmenage lui attira une maladie. Peu après, je le rencontrai. Je l'ai amené à faire de petites choses pour rendre service. Je lui ai parlé de la joie du service et je savais qu'après l'avoir expérimentée, il ne pourrait plus jamais retourner à une vie réellement centrée sur soi. Nous avons ensuite échangé quelques lettres. Quelques années plus tard je l'ai à peine reconnu lorsque je suis passée le voir. Il avait tellement changé! Mais il était encore architecte. Il dessinait un plan dont il me dit: «Tu vois, je suis en train de le faire de cette façon pour respecter leur budget. Puis, je l’adapterai à leur terrain de manière à ce que cela soit attrayant. » Sa motivation était d'être au service des personnes pour lesquelles il dessinait des plans. Il était si radieux et transformé. Sa femme me raconta que ses affaires avaient prospéré car les gens venaient maintenant à lui de très loin pour leurs plans de maison.

J'ai connu plusieurs personnes qui ont dû changer de travail pour transformer leur vie. Mais j'en ai rencontré beaucoup plus qui n’ont eu qu'à remplacer leur motivation par celle du service, afin de changer leurs vies.

Renoncements

Renoncement 1 - Renoncer à sa propre volonté

La dernière partie concerne les renoncements. Dès que vous avez fait votre premier renoncement, vous avez trouvé la paix intérieure, car il s'agit de l'abandon de sa propre volonté.

Vous pouvez travailler à subordonner le moi moins élevé en vous abstenant de faire les choses nuisibles pour lesquelles vous avez un penchant. Non pas en les supprimant, mais en les transformant pour que votre moi plus élevé puisse prendre le contrôle de votre vie. Si vous êtes porté à faire ou dire du mal, vous pouvez toujours penser à quelque chose de bien. Vous retournez délibérément cette même énergie pour faire ou dire une bonne chose à la place. Cela fonctionne!

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Renoncement 2 - Renoncer au sentiment de séparation

Le second renoncement est celui de l'abandon du sentiment de séparation. Au début, nous commençons par nous sentir très séparé et nous jugeons tout par rapport à nous-même, comme si nous étions le centre de l'univers. Même après avoir reconnu intellectuellement qu’il n’en est pas ainsi, nous continuons à juger les choses de cette manière. En réalité, bien sûr, nous sommes tous des cellules du corps de l'humanité. Nous ne sommes pas séparés de nos frères humains. C'est un Tout, un ensemble unifié. C'est seulement de ce point de vue plus élevé que vous pouvez savoir ce qu'est aimer votre prochain comme vous-même. De ce point de vue plus élevé, il n'y a qu'une façon réaliste de fonctionner : pour le bien de l’ensemble. Aussi longtemps que vous ne travaillez que pour votre petit moi égoïste, vous n'êtes qu'une cellule s’opposant à toutes les autres cellules. Vous êtes alors bien loin de l’harmonie. Mais aussitôt que vous commencez à travailler pour le bien de l’ensemble, vous vous retrouvez en harmonie avec tous vos frères et soeurs humains. Voyez-vous, c'est la manière facile et harmonieuse de vivre.

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Renoncement 3 - Renoncer à tous les attachements

Puis, il y a le troisième renoncement : l’abandon de tous les attachements. Personne n’est vraiment libre s'il est encore attaché aux biens matériels, aux endroits ou aux gens. Les choses matérielles doivent être considérées pour ce qu’elles sont. Elles sont là pour être utilisées. C’est bien de les utiliser puisque c’est leur raison d’être. Mais lorsqu'elles ne vous sont plus utiles, soyez prêts à les abandonner ou peut-être à les céder à quelqu'un qui en a besoin. Tout ce que vous ne pouvez pas abandonner lorsqu’il ne vous sert plus, vous possède. Et dans cette ère matérialiste, un grand nombre d'entre nous sommes possédés par nos possessions. Nous ne sommes pas libres.

Je me suis considérée libérée bien avant que cela ne devienne la mode. D'abord, je me suis libérée des habitudes débilitantes, puis des pensées combatives et agressives. J'ai aussi écarté toute possession inutile. Voilà, il me semble, la vraie libération.

Il y a une autre sorte de possessivité. Vous ne possédez aucun autre être humain, même si vous êtes intimement liés. Nul mari ne possède sa femme et nulle femme ne possède son mari. Aucun parent ne possède ses enfants. Quand nous pensons que nous possédons les gens, nous avons tendance à diriger leur vie à leur place. Cela génère des situations très inharmonieuses. C'est seulement lorsque nous réalisons que nous ne les possédons pas et qu'ils doivent vivre selon leurs propres motivations intérieures, que nous cessons de tenter de mener leur vie à leur place. Alors, nous découvrons que nous pouvons vivre en harmonie avec eux. Tout ce que vous essayez de tenir captif vous tiendra captif. Si vous désirez la liberté, vous devez donner la liberté.

Les associations formées au cours de cette vie terrestre ne durent pas nécessairement toute la vie. La séparation se produit constamment. Tant qu’elle se fait amicalement, non seulement elle ne génère aucun dommage spirituel, mais elle peut même aider au progrès spirituel.

Nous devons être capables d'apprécier et de profiter des endroits où nous demeurons et, en même temps, aller de l'avant sans angoisse lorsque nous sommes appelés ailleurs. Au cours de notre développement spirituel, nous avons souvent à nous déraciner et à fermer bien des chapitres de nos vies, jusqu'à ce que nous ne soyons plus attachés à aucune chose matérielle et que nous puissions aimer toutes les personnes sans leur être attachées.

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Renoncement 4 - Renoncer à toutes les émotions négatives

Enfin, le dernier renoncement est celui de l’abandon de toutes les émotions négatives. Je ne veux mentionner qu'une seule émotion négative que les personnes les plus sympathiques du monde expérimentent encore. Cette émotion négative, c'est l'inquiétude. L'inquiétude, ce n'est pas la même chose que l'intérêt qui vous motive à faire tout ce qui est en votre pouvoir dans une situation. L'inquiétude est une rumination inutile des choses que nous ne pouvons pas changer.

Un dernier commentaire sur les émotions négatives qui m’a été d’une aide précieuse à un moment donné et qui l’a été pour d'autres aussi, est qu’aucune chose externe (rien, ni personne de l'extérieur) ne peut me blesser à l'intérieur, psychologiquement. Je me suis rendu compte que je ne pouvais être blessée psychologiquement que par mes propres mauvaises actions, sur lesquelles j'ai le contrôle; par mes propres mauvaises réactions (elles sont imprévisibles, mais j'en ai le contrôle également); ou par ma propre inaction dans certaines situations, comme l'actuelle situation mondiale qui nécessite une action de ma part. Quand j'ai réalisé cela, je me suis sentie tellement libre! Et j'ai cessé de me blesser moi-même. Aujourd'hui, quelqu'un pourrait m'infliger le pire des tourments et je ne ressentirais qu’une profonde compassion pour cette personne qui n’est pas en harmonie, cette personne malade, capable de faire de telles choses. Je ne me blesserais certainement pas moi-même avec une réaction d'amertume ou de colère. Vous avez le plein contrôle sur le fait d’être psychologiquement blessé ou non. Vous pouvez cesser de vous blesser vous-même aussitôt que vous le désirez.

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Ce sont mes étapes vers la paix intérieure que je voulais partager avec vous. Il n'y a là rien de nouveau. C'est la vérité universelle. J'en ai simplement parlé dans des mots de tous les jours, à partir de mon expérience personnelle. Les lois qui gouvernent cet univers nous font du bien aussitôt que nous leur obéissons. Tout ce qui leur est contraire ne dure pas longtemps car il contient les germes de sa propre destruction. Le bon en chaque vie humaine nous permet toujours d’obéir à ces lois. Nous avons le libre choix au sujet de tout ceci. Par conséquent, dès que nous obéissons, nous trouvons l'harmonie, à la fois à l’intérieur de nous et à l’intérieur de notre monde. Cela dépend de nous.

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Durant cette période de croissance spirituelle, j'ai voulu connaître et accomplir la volonté de Dieu pour moi. La croissance spirituelle n'est pas facile à atteindre, mais elle mérite de faire l'effort. Elle prend du temps, comme toute croissance prend aussi du temps. On doit se réjouir des petits pas qui ont été faits et ne pas être impatient, car l'impatience ralentit la croissance.

Le chemin du renoncement graduel aux choses qui entravent le progrès spirituel est un chemin difficile, car la récompense ne vient réellement que lorsque l'abandon est complet. Le chemin du renoncement rapide est une voie facile, car il donne des bénédictions immédiates. Et quand Dieu remplit votre vie, Ses cadeaux débordent au point de bénir tout ce que vous touchez.

Pour moi, ce fut une libération de l'artifice de l'illusion pour une entrée dans la richesse de la réalité. Aux yeux du monde, il peut sembler que j'ai laissé tomber beaucoup de choses. J'ai laissé tomber des possessions qui étaient des fardeaux, perdant mon temps futilement, faisant des choses que je savais que je ne devais pas faire et ne faisant pas des choses que je savais que je devais faire. Mais à mes yeux, j'y ai beaucoup gagné, incluant les trésors inestimables de la santé et du bonheur.

L'atteinte de la Paix Intérieure

Il y a eu des collines et des vallées, beaucoup de collines et de vallées, dans cette période de croissance spirituelle. Puis, au milieu de cette lutte, est survenue une magnifique expérience de sommet de montagne. Le premier aperçu de ce qu'était une vie de paix intérieure.

C’est arrivé alors que je marchais au petit matin. Subitement, je me suis sentie soulevée très haut, plus que je ne l'avais jamais été. Je me souviens avoir fait alors l'expérience d'être hors du temps, hors de l'espace et hors de la gravité. Je ne semblais plus marcher sur terre. Il n'y avait aucune personne ou animal autour, mais chaque fleur, chaque buisson, chaque arbre semblait porter un halo. Il y avait une émanation de lumière autour de toute chose et de la poussière d'or semblait tomber de manière inclinée comme la pluie dans l'air ambiant. Cette expérience est parfois appelée la période d'illumination.

Le plus important ne fut pas le phénomène. L’important fut la prise de conscience de l’unité de toute la création, non seulement des êtres humains. Auparavant, je savais que tous les êtres humains ne faisaient qu’un, mais à ce moment, j’ai su qu’il y avait aussi l’unité avec le reste de la création : avec les créatures qui marchent sur la terre et les plantes qui y croissent, avec l'air, l'eau et la terre elle-même. Le plus merveilleux de tout fut le sentiment d'unité avec ce qui imprègne tout, unit tout ensemble et donne vie à tout. Une unité avec ce que plusieurs appelleraient Dieu.

Je ne me suis jamais sentie séparée depuis. Je peux retourner encore et encore à ce merveilleux sommet. Je peux aussi y demeurer de plus en plus longtemps et n'en revenir que pour de courtes périodes.

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L'inspiration du pèlerinage m’est venue durant cette période. J'étais assise en haut d'une colline surplombant un paysage rural de la Nouvelle Angleterre. La veille, j'avais glissé hors de l'harmonie et j'avais dit intérieurement à Dieu : « Il me semble que si je pouvais toujours demeurer en harmonie, je serais d'une plus grande utilité, car chaque fois que j'en sors, mon utilité diminue. »

Quand je me suis réveillée à l'aube, j'étais de nouveau sur le sommet de la montagne spirituelle avec une sensation merveilleuse. Je savais que je n’aurais plus jamais besoin de descendre dans la vallée. Je savais que pour moi, le combat était terminé, que j'avais finalement réussi à faire don de ma vie ou à trouver la paix intérieure. Encore une fois, c'est un point de non-retour. Vous ne pouvez plus jamais retourner dans le combat. Le combat est maintenant terminé parce que vous ferez la bonne chose sans y être contraint.

J'ai continué un certain temps à cheminer seule avec Dieu. Puis, une idée m'a traversé l'esprit: j'ai senti une forte motivation intérieure pour le pèlerinage, pour cette manière spéciale de témoigner pour la paix.

Je me suis vue, intérieurement, marchant et portant la tunique de ma mission. J'ai vu une carte des États-Unis sur laquelle les grandes villes étaient soulignées. Comme si quelqu'un avait tracé avec un crayon de couleur une ligne zigzaguant d'un océan à l'autre, de Los Angeles à New York. Je savais ce que je ferais. C'était la vision de la route de ma première année de pèlerinage en 1953!

Je suis entrée dans un monde nouveau et merveilleux. Ma vie a été bénie par un objectif plein de sens.

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Cependant, le progrès n'était pas terminé. Beaucoup de progrès s’est réalisé dans cette troisième phase de ma vie. C’est comme si le centre du puzzle de ma vie était complet, clair et immuable alors qu’autour, sur les bords, d'autres pièces continuaient à se placer. Le bord est toujours en croissance, mais le progrès est harmonieux. C’est un sentiment de toujours être entourée par toutes les bonnes choses comme l'amour, la paix et la joie. C'est comme une enveloppe protectrice, une assurance intérieure inébranlable qui permet de traverser toute situation qui se présente.

Le monde peut vous regarder et croire que vous faites face à de grands problèmes, mais il y a toujours les ressources intérieures pour facilement en venir à bout. Rien ne paraît difficile. Il y a un calme, une sérénité et une absence de précipitation (plus aucun effort pénible ou tension à propos de quoi que ce soit). Voilà une chose très importante que j'ai apprise. Si votre vie est en harmonie avec votre rôle dans le Plan de la Vie et, si vous êtes obéissant aux lois qui gouvernent cet univers, alors la vie est remplie et bonne, mais jamais surchargée. Si elle est surchargée, alors vous faites plus que ce que vous devriez faire, plus que votre part dans le Plan total des choses.

En somme, la vie est plutôt faite pour donner que pour prendre. Lorsque vous vous concentrez à donner, vous découvrez que tout comme vous ne pouvez recevoir sans donner, vous ne pouvez non plus donner sans recevoir, même les choses les plus merveilleuses comme la santé, le bonheur et la paix intérieure. Donner apporte un sentiment d'énergie infinie, inépuisable, qui semble aussi illimitée que l'air. Vous vous sentez branché à la source de l'énergie universelle.

Vous maîtrisez alors votre vie. Votre nature la plus élevée, contrôlée par Dieu, contrôle le corps, le mental et les émotions. L'ego n'est jamais vraiment en contrôle. L'ego est contrôlé par des désirs de confort et de commodité de la part du corps, par des exigences du mental et par des explosions d’émotions.

Je peux dire à mon corps : « Couche-toi là sur le plancher de ciment et dors » et il obéit. Je peux dire à mon mental : « Interromps toutes tes autres activités et concentre-toi sur la tâche à accomplir » et il est obéissant. Je peux dire à mes émotions: « Restez tranquilles, même dans cette situation terrible » et elles restent tranquilles. Un grand philosophe a dit : celui qui semble hors cadence suit peut-être un autre joueur de tambour. Et vous suivez alors un joueur de tambour différent : la nature plus élevée au lieu de la nature moins élevée.

Lorsque vous avez accompli la croissance spirituelle, vous réalisez que chaque être humain est d'égale importance, a un rôle à jouer dans ce monde et possède un potentiel égal. Nous sommes à différentes étapes de la croissance. Cela est vrai parce que nous avons le libre arbitre. Vous avez la liberté de décider si vous voulez terminer la croissance du mental et des émotions. Beaucoup choisissent de ne pas le faire. Vous êtes libre de décider de commencer la croissance spirituelle. Son début correspond au moment où vous vous sentez complètement consentant, sans aucune réserve, à abandonner la vie centrée sur soi. La plupart des gens ne le choisissent pas. Mais ce qui m’a préparée au pèlerinage que je fais aujourd’hui, c’est d’avoir fait cette croissance et d’avoir trouvé la paix intérieure.

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En regardant à travers les yeux de la nature divine, vous voyez l'essence à l'intérieur de la manifestation, le créateur à l’intérieur de la création. C'est un monde magnifique, magnifique!

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Je me suis rendue compte en 1952 que c'était le bon moment pour démarrer un pèlerinage. La guerre de Corée battait son plein et l'ère McCarthy était à son plus fort. Il fut un temps où les comités du Congrès considéraient les gens coupables jusqu'à ce qu'ils prouvent leur innocence. Il y avait un climat de grande peur à cette époque et il était plus sûr d’être apathique. Oui, c'était certainement un temps propice à l'arrivée d'un pèlerin, car le rôle d'un pèlerin est de secouer les gens de leur apathie et de les amener à réfléchir.

Avec les derniers sous qui me restaient, j'ai acheté non seulement du papier et des stencils pour mes premiers messages, mais aussi du tissu pour ma première tunique. Même si je l'avais dessinée, la confection fut réalisée par une dame de Californie et le lettrage, par un dessinateur d'enseignes. La première fois que je l'ai enfilée, ma réaction a été une magnifique sensation de « c'est exactement cela ». Je l'ai immédiatement acceptée.

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