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ANNEXE V: Pèlerin de Paix dans les médias


Pèlerin de Paix appréciait ses fréquentes rencontres avec les journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision. Elle avait l’impression que les médias étaient un moyen pratique et utile pour transmettre son message aux gens de la communauté. En général, après un scepticisme professionnel initial, les journalistes répondaient positivement à sa vive présence d’esprit, à sa sincérité et à son désir de répondre à leurs questions de manière réfléchie.

Un échantillon des titres d’articles :
PÈLERIN DE PAIX COMMENCERA UNE RANDONNÉE À TRAVERS LES ETATS-UNIS POUR TENTER D’EMPÊCHER LA GUERRE
(Los Angeles Times, 4 janvier 1953)

PÈLERIN DE PAIX À TOLEDO: ELLE MARCHE 5 000 MILLES
Une femme anonyme prévoit présenter une requête à Ike, O.N.U.
(Toledo Blade, 17 septembre 1953)

PÈLERIN DE PAIX S’ARRÊTE À SEDALIA, DANS UNE RANDONNÉE DE 10 000 MILLES, POUR PROMOUVOIR LE DÉSARMEMENT MONDIAL
(The Sedalia, Missouri Democrat, 7 novembre 1955)

PÈLERIN DE PAIX MARCHE POUR UN MONDE PACIFIQUE
(The Clarion-Ledger, Jackson, Missouri, 19 janvier 1956)

LA PROGRESSION DE PÈLERIN L’AMÈNE AU KENTUCKY
(The Courier-Journal, Louisville, 27 février 1956)

ELLE MARCHE POUR SENSIBILISER LES ÉTATS-UNIS À LA NÉCESSITÉ DE LA PAIX
(Daily Herald-Telephone, Bloomington, Indiana, 8 mars 1956)

Une femme marche et en parle :
ELLE MET RÉELLEMENT SUR PIED LE MOUVEMENT DE LA PAIX
(The Indianapolis Star, 12 mars 1956)

AVEC LA PAIX POUR MISSION, LES KILOMÈTRES S’ADDITIONNENT POUR UN PÈLERIN
(Northern Arizona University Student Newspaper, Flagstaff, 4 octobre 1969)

PÈLERIN DE PAIX MARCHE 25 000 MILLES POUR LA PAIX MONDIALE
(St-Louis Post Dispatch, 25 avril 1971)

Petite dame âgée en souliers de tennis :
PÈLERIN DE PAIX MARCHE... ET MARCHE...
(Los Angeles Times, 3 décembre 1973)

21 années de vie errante:
LA PRINCESSE DE LA PAIX MARCHE POUR L’HUMANITÉ
(Star News, Pasadena, Californie, 16 décembre 1973)

Marche énergique de 25 000 milles:
UNE FEMME CONSACRE SA VIE ENTIÈRE À UN PÈLERINAGE POUR LA PAIX
(Progress-Bulletin, Pomona, Californie, 2 février 1974)

L’ANGE GARDIEN DE PÈLERIN DE PAIX FAIT DES HEURES SUPPLÉMENTAIRES
(Star-Ledger, Norfolk, Virginie, 20 avril 1977)

Elle voyage avec peu de bagages : une carte, son message, un peigne, une brosse à dents pliante et un stylo
UN PÈLERIN MODERNE DE LA PAIX ET DE L’AMOUR
(South Jersey Courier Post, Cherry Hill, New Jersey, 11 octobre 1977)

PÈLERIN DE PAIX MARCHE ENCORE, MAIS NE COMPTE PLUS LES MILLES
(Upper Suncoast News, Floride, 7 décembre 1977)

PÈLERIN EN MARCHE VERS LE SUD DE LA CÔTE EST DE LA FLORIDE
(St. Petersburg Times, 5 janvier 1978)

PÈLERIN DE PAIX - UN QUART DE SIÈCLE DE MARCHE POUR LA PAIX
(Daily News, Whittier, Californie, 30 décembre 1978)

UN PÈLERIN AFFIRME : LA MATURITÉ MÈNE À LA PAIX
(Colorado Springs Gazette Telegraph, 28 avril 1979)

UN PÈLERIN SANS ÂGE POURSUIT UNE ANCIENNE MISSION
(The Milwaukee Journal, 22 juin 1981)

ELLE MARCHE ENCORE AU PAYS POUR FAIRE AVANCER LA CAUSE DE LA PAIX
(Post Tribune, Valparaiso, Indiana, 3 juillet 1981)

PÈLERIN DE PAIX APPORTE SON MESSAGE DE PAIX À KNOX
(Starke County Leader, Indiana, 7 juillet 1981)

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Pèlerin de Paix commencera une randonnée à travers les États-Unis pour tenter d’empêcher la guerre
(Los Angeles Times, 4 janvier 1953)

Pèlerin de Paix, comme elle désire se faire appeler jusqu’à ce qu’elle complète sa mission, prévoit partir de Los Angeles demain matin, pour une randonnée à travers le pays, dans l’intérêt de la paix mondiale.

« La situation mondiale est grave », dit-elle. « À moins que nous ne nous réveillions de notre léthargie et que nous nous éloignions fermement et rapidement du chaos, tout ce que nous chérissons sera détruit dans l’holocauste qui viendra. »

Plus ou moins en préparation pour sa longue randonnée, elle a marché environ 4 000 kilomètres l’été dernier sur la Piste des Appalaches, du Maine à la Géorgie, ainsi que sur d’autres sentiers. Elle a appris, dit-elle, à vivre à l’extérieur et s’attend à dormir dehors la plupart du temps durant son voyage. Elle croit que la voie de la paix sera trouvée en surmontant le mal par le bien, le mensonge par la vérité et la haine par l’amour. La Règle d’Or, dit-elle, conviendrait tout aussi bien.

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ELLE NOUS A DÉSARMÉS - ET COMBIEN NOUS AVONS AIMÉ CELA!
(The Harvey County News, Newton, Kansas, 25 juin 1953, éditorial par Floyd Geyman)

Aujourd’hui, nous avons partagé un moment avec ce qui ressemble à une enfant seule touchée par la grâce de Dieu. Elle a gagné la palme en demeurant sereine et enjouée, en ne se laissant pas décontenancer par les obstacles que représentaient toutes les ruses des journalistes sceptiques qui la poursuivaient sur le sentier de la vérité. Elle nous a désarmés et a laissé derrière elle quelques pensées attrayantes.

Elle est entrée ici, vêtue telle que photographiée, et s’est approchée du haut comptoir avec un visage radieux. Notre première impression a été qu’elle était une mécanicienne d’une station-service. Mais un second regard a révélé que l’insigne inscrit sur son vêtement n’était pas celui d’une compagnie pétrolière. C’était « Pèlerin de Paix ».

Elle nous a tendu une pile de papiers dont les feuilles étaient soigneusement dactylographiées, au cas où son message et sa mission nous intéresseraient. Après y avoir jeté un coup d’oeil rapide, un élément important semblait manquer - un oubli, peut-être ?

« Votre nom ? » lui avons-nous demandé, avec le crayon prêt à écrire.

Et c’est alors que le combat des esprits a commencé.

« Mon nom est sans importance », a-t-elle déclaré. « Je ne suis rien. Ma cause est tout. Je ne cherche pas de publicité pour moi-même. Pour autant que vous soyez concernés - vous et le reste du monde - mon nom restera Pèlerin de Paix. »

Or, il existe une vieille idée traditionnelle dans les milieux journalistiques, qui veut que les noms fassent partie de l’information. Quand vous cachez votre nom délibérément à un journaliste, tout en cherchant de la visibilité dans son journal, eh bien, vous prenez le chemin difficile, c’est le moins qu’on puisse dire. Le journaliste d’enquête est susceptible de vous classer dans la même catégorie que le type qui s’en réfère au Cinquième Amendement de la Constitution aussitôt qu’on lui demande où et quand il est né.

« C’est une sacrée position », avons-nous remarqué, nous plaçant dans notre meilleure attitude religieuse. « Supposez que le Christ ait adopté votre attitude - cacher Son nom - vous n’auriez jamais entendu parler de Lui. Les noms sont des étiquettes avec lesquelles nous identifions les personnes, les causes et un tas d’autres choses. Alors donnez-moi vite le vôtre, si vous voulez que je vous accorde une quelconque attention. Je suis un gars coriace, voyez-vous. »

Elle a souri. Et ce n’était pas un sourire provocateur. C’était une émanation radieuse, naturelle et sereine. Avec juste un peu d’imagination, on aurait pu la voir entourée d’une auréole.

« Je n’ai pas peur », dit-elle sans vantardise, mais simplement, sérieusement. « J’ai la meilleure des protections. »

« Vous voulez dire que vous portez un fusil, comme Calamity Jane », avons-nous demandé doucement. « Laissez-nous voir . »

« Dieu est mon bouclier », a-t-elle répondu.

Une nuit, dans le désert de l’Arizona, alors qu’elle marchait depuis Los Angeles vers la côte atlantique - un long 8 000 kilomètres - pour promouvoir la cause de la paix, elle a vu une voiture stationnée en bordure de la route. Un gros homme costaud l’a invitée à y monter pour se protéger du froid. Elle a accepté. Il y faisait chaud. Elle s’est recroquevillée sur le siège arrière et a dormi du sommeil du juste, profond et sans rêve. Quand elle s’est réveillée, le gorille lui a dit qu’il y avait quelque chose à son sujet qu’il ne pouvait pas comprendre. Il l’avait saisie deux fois, avec une mauvaise intention, mais il n’a pas pu continuer.

« Mais qu’est-ce cela peut bien être ? » voulait-il savoir.

« Dieu », lui a-t-elle dit, et elle a continué sa marche vers le lointain Atlantique.

Encore mystifiés, nous nous sommes tournés vers un autre genre de stratégie qui origine du Jardin d’Eden, il y a de cela bien longtemps.

« Laissez-nous voir votre main », avons-nous imploré et elle a tendu sa main droite sans la moindre hésitation. C’était une petite main ferme, mais il n’y avait aucune pulsation tandis que nous la caressions doucement à la manière ancienne.

« On sent le courant passer », avons-nous menti sur un ton qui fait rarement défaut. «Dites-moi, êtes-vous Salomé, la femme qui a dansé pour la tête de Jean-Baptiste, puis qui a rejoint la foule des adorateurs qui ont suivi Jésus jusqu’à la croix ? Ou êtes-vous Marie-Madeleine ? »

Mais rien à faire. Elle ne tombait pas dans ce piège.

« Je suis Pèlerin de Paix », a-t-elle déclaré.

« Ah oui, vous êtes une tentatrice du démon qui essaie de séduire les faibles et de ruiner le monde », l’avons-nous informée, espérant allumer une étincelle de colère. « Vous devriez être en prison, et nous en avons une bonne, ici à Newton. »

Elle a souri, mais ce n’était pas cette sorte de large sourire qui montre les dents plutôt qu’il ne révèle l’âme.

« Je suis déjà allée en prison », a-t-elle répliqué, « pour délit de vagabondage. Mais ils me relâchaient toujours quand ils comprenaient. »

Que faire avec une personne comme elle ?

« Vous voulez une cigarette ? », avons-nous lancé, en montrant un paquet magnifiquement lithographié. « Quelle sorte de whisky préférez-vous ? Nommez-le et il est à vous. »

Elle n’a pas répondu : « Arrière, Satan ! » Elle a dit : « Il y a du bon en vous. Je souhaiterais vraiment pouvoir vous dire mon nom. Mais ce ne serait pas juste pour tous les autres journalistes ainsi que pour les gens de la radio et de la télévision, d’ici à Los Angeles. Vous ne voudriez pas que je fasse cela, n’est-ce-pas ? »

« Mais oui », avons-nous répliqué. « Donnez-moi votre prénom, juste pour commencer. J’obtiendrai le reste plus tard. Vous avez défié mon intégrité de journaliste. On ne peut tout simplement pas faire cela. »

Et voyez-vous, elle a hésité, juste l’espace d’un court moment. Puis, elle a secoué la tête.

« Non, ce ne serait pas juste pour les autres. » Et ce fut tout, point final.

Nous aurions pu lui dire, naturellement, que nous ne nous soucions pas un instant de son nom ou de ceux de toute sa génération. Que nous ne faisions qu’utiliser les outils à notre portée pour sonder les profondeurs de son âme, pour voir si elle était le produit authentique ou simplement un autre imposteur.

Après son départ, en examinant les papiers qu’elle nous avait laissés, nous avons trouvé ceci : « Qui suis-je ? Appelez-moi simplement Pèlerin de Paix. En entreprenant ce pèlerinage de paix, je ne me vois pas comme un individu, mais plutôt comme l’incarnation de tous les coeurs humains qui implorent la paix. »

Eh bien, mes frères et soeurs, voilà ce qu’il en est. C’est tout. Mais quelque part, il est écrit que quelqu’un, un jour, fut sans le savoir, visité par un ange. C'est peut-être ce qui nous est arrivé. Qui sait?

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Extraits d’articles de journaux

« Le groupe n’aurait pas été plus inspiré, stimulé et diverti, si l’orchestre symphonique de Boston et la Chorale du Tabernacle Mormon avait été là, à sa place. On pourrait s’attendre à ce qu’une vieille dame portant des pantalons bleu marin et une blouse assortie d’une tunique avec les mots « Pèlerin de Paix » inscrits sur le devant, et « 25 000 milles à pied pour la Paix » à l’endos, ne serait rien de plus qu’une étrange excentrique bien intentionnée. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Beaucoup d’esprit, d’intelligence, mais aucun non-sens ne vient de cette femme qui refuse de donner son vrai nom, son lieu ou sa date de naissance simplement parce qu’elle sent qu’une telle information serait mettre trop d’emphase sur sa personne. »

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« ... Elle monta sur l’estrade avec la vivacité d’un jeune joggeur. Avec un pied fermement planté sur le sol et l’autre courbé vers l’avant, comme si elle était sur le point de partir au trot, elle parla plus d’une heure. Sa voix, riche et assurée, prodiguait en abondance des paroles d’une profonde sagesse, dans les termes les plus simples, et pourtant les plus riches de sens. (Un journaliste californien)»

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« ...Au milieu de tous les progrès technologiques... de l’inquiétude d’une guerre nucléaire... les États-Unis ont aujourd’hui au moins une personne qui voit que le chemin qui plait aux sens et gratifie les désirs terrestres, ne mène pas à la paix intérieure. Il y a un chemin qui requiert des purifications et des renoncements, mais qui résulte en des bénédictions spirituelles indescriptibles... La paix ne peut être assurée que lorsqu’on est d’accord pour en payer le prix. Lorsqu’elle explique, c’est comme si la voix de Gandhi parlait à travers elle. Le prix de la paix est l’obéissance à des lois plus élevées... » (Un journaliste en Inde)

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« Elle est protégée et guidée par le Christ. Vous le voyez presque à côté d’elle. Aucune femme ne pourrait voyager seule, en toute sécurité, sans un Compagnon Divin... » (The Wandering Reporter, de Pittsburgh)

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« Elle n’a trouvé rien d’autre que de l’intérêt, de l’aide et de l’encouragement de la part des gens qu’elle a rencontrés. Et elle est convaincue que les nations, comme les gens, peuvent exister à un niveau spirituel, et que la paix ne peut venir autrement. » (Religion Editor, Los Angeles Times)

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« ... Pour ceux d’entre nous qui avons parfois l’impression que le monde glisse dans un bourbier d’avidité et de corruption... une rencontre avec cette femme remarquable fait beaucoup pour altérer le point de vue amer du cynique. »

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« Le monde a toujours eu ses devins, ses voyants, ses prophètes auto-proclamés et ses annonciateurs de désastres, mais Pèlerin de Paix est différente de ceux-ci parce qu’au moins, l’attrait de sa rhétorique, c’est qu’elle correspond au sens commun. »

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« Un Anglais dit une fois à Gandhi : « Monsieur, vous êtes si simple que vous nous déconcertez, si sincère que vous nous embarrassez. » Je soumettrais respectueusement que cet énoncé pourrait aussi être attribué à une petite dame âgée, quoique encore très en forme, connue sous le nom de Pèlerin de Paix. »

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« ... Un phénomène de paix est né aux États-Unis et nous sommes bénis pour cela. Une nation avec une culture et une économie de guerre, qui a osé laisser tomber la première bombe atomique, puis a été connue pour sa menace d’utiliser une bombe à hydrogène, a produit une femme seule, aux cheveux gris, nous disant, à chacun de ses pas, par sa vie de pèlerin, qu’il y a une meilleure façon de vivre et de résoudre les conflits... En transcendant ses pics spirituels, Pèlerin de Paix a clarifié sa mission. Elle a prié pour son pèlerinage et découvert qu’il était une prière en lui-même. »

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« Rencontrer un « saint homme » est reconnu comme une chose quotidienne en Inde, ainsi que dans d’autres pays orientaux. Mais en Amérique, rencontrer une personne qui voyage dans tout le pays strictement sans argent, dans cette nation où l’argent est adoré comme dans nulle autre, est positivement stupéfiant. Et pourtant, une personne voyage actuellement dans notre état, en donnant des conférences sur la paix mondiale. Cette femme s’appelle elle-même Pèlerin de Paix. Elle n’a peur de rien, elle est plus rayonnante et heureuse que toute personne que nous ayons rencontrée. Aucune personne ordinaire préoccupée par l’argent n’a jamais atteint une paix d’esprit comme la sienne. »

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« Pèlerin de Paix... était une femme dont le travail s’étendait au-delà de tout ce que la plupart des gens pourraient imaginer. Elle était un pèlerin dans le sens le plus vrai du terme. Elle m’a touché d’une manière que je n’ai pas vraiment comprise. Elle était très à l’aise devant une classe universitaire de journalisme à Kansas City, oubliant le fait qu’elle était filmée par l’équipe du P.M. Magazine. Quand elle a commençé à livrer son message, à sa manière franche et directe, je me suis d’abord demandé si elle était folle ou si elle essayait simplement de s’attirer de la publicité pour un livre que j’avais l’impression qu’elle écrirait sûrement à propos de ses voyages. Mais pendant qu’elle parlait, quelque chose m’est arrivé. Elle était très sincère en livrant son message. Elle regardait chaque étudiant et faisait en sorte que chacun sente qu’elle parlait uniquement à lui ou à elle. Ses yeux atteignaient chaque personne dans la pièce, projetant l’amour et la paix dont elle parlait... Il y avait une étrange ironie à propos de sa présence dans cette classe. Les enseignements de Pèlerin de Paix semblaient pratiquement hors contexte dans l’environnement de l’université. Après tout, l’université est le tremplin pour les hommes d’affaires de l’Amérique et les capitalistes du futur. La plupart des étudiants, sinon tous, étaient présents dans cette école dans l’espoir d’obtenir un bon emploi après leur graduation, et de s’enrichir. Mais il y avait là une femme qui avait jeté aux quatre vents ses possessions terrestres, dans le but de vivre la vie qui lui convenait. Pourquoi donc quelqu’un ferait-il cela ? La seule réponse qui m’est venue à l’esprit est qu’elle désirait vraiment faire sa part pour apporter la paix dans ce monde troublé. Elle croyait que la paix devait commencer au niveau individuel. Elle a gardé cette philosophie jusqu’au jour de sa mort. »

« Les étudiants universitaires de la classe bondée, étaient assis sur leurs sièges, fascinés, pouvant à peine croire qu’une telle personne puisse survivre non seulement aux nuits froides, mais aussi aux périples qui l’ont amenée dans les secteurs les plus durs des États-Unis. Jusqu’à ce jour, il est difficile de comprendre comment cette dame, à l’allure de grand-mère, ait pu se séparer elle-même du monde matériel et voyager pour parler de l’amour et de la paix. »(un journaliste du Kansas)

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Pèlerin de Paix visite Santa Fe
ELLE MARCHE SEULE EN CE MONDE - MAIS ELLE MARCHE AVEC LES SAINTS
Article de Richard Polese
(News, Santa Fe, Nouveau Mexique, 13 octobre 1966)

Elle marche seule en Amérique, dans toute sa longueur et sa largeur, transportant un simple message de paix : paix entre les hommes et paix avec soi-même. Elle transporte sur elle tout ce qu’elle possède. Elle n’accepte aucun don en argent et accepte rarement de se faire conduire en voiture. Elle parle n’importe où, n’importe quand et avec n’importe qui s’intéressant sérieusement à son pèlerinage. Elle marche et parle ainsi depuis plus de 13 ans.

La semaine dernière, Pèlerin de Paix a visité Santa Fe et a pris la parole à une assemblée publique à La Posada, au collège Santa Fe et à l’université St. John.

Pèlerin de Paix est le seul nom qu’elle porte maintenant. Bien que ses cheveux soient maintenant gris et que son visage montre les traces de sa longue marche, elle parle gaiement, avec enthousiasme, intelligence et conviction. Sa forme physique est étonnante. Elle porte une tunique bleu marin, avec les mots « Pèlerin de Paix » inscrits sur le devant, et « 25 000 milles pour la Paix » à l’endos (même si elle a dépassé 25 000 milles il y a des années déjà et que depuis, elle a cessé de compter les milles).

Pourquoi appelle-t-elle cela un pèlerinage ? « Un pèlerinage implique l’exemple et la prière. Cela ne peut pas être appelé une croisade qui utilise, à tout le moins, la force psychologique. » Quels résultats espère-t-elle atteindre ? « Mon pèlerinage peut au moins faire réfléchir les gens, les porter à se questionner eux-mêmes. Je laisse les résultats entre les mains de Dieu. »

Dans sa présentation publique, elle parle des choses qui préviennent la guerre, de la manière dont une personne atteint la paix à l’intérieur d’elle-même et de son pèlerinage.

Pourquoi la guerre existe-t-elle ? « Le vrai problème est l’immaturité. Avec une réelle maturité, la guerre serait impossible. Elle ne serait jamais considérée comme une solution aux problèmes entre les hommes. »

Trouver la paix à l’intérieur de soi-même, dit Pèlerin de Paix, implique un changement d’attitude envers la vie. « Cela a signifié vivre selon toutes les bonnes choses en lesquelles je croyais. Cela m’a pris du temps pour rattraper le niveau de mes croyances, mais c’est arrivé. »

« Simplifiez votre vie. Il y a une grande liberté dans la simplicité. Posséder plus de biens que vous n’en avez besoin vous accable... Nos possessions nous possèdent quand nous les conservons après qu’elles ne nous servent plus. »

« Purifiez vos pensées, vos désirs et vos motifs. La haine fait du tort à celui qui hait, pas à celui qui est haï. Ayez un désir réel unique : vouloir seulement faire la volonté de Dieu pour vous. »

« Que vous appeliez cela un bon enseignement religieux ou de bonnes pratiques psychologiques, ces choses ne sont pas nouvelles. Elles sont universellement reconnues. »

La paix ainsi que la bonne entente avec les autres peut être transformée en une tâche simple. « La clé est une approche aimante et ouverte, plutôt que haineuse et méfiante. C’est ce que je veux dire par maturité. » Les gens immatures, dit-elle, ont une vision négative des choses, comme le point de vue militaire, qui ne voit que des solutions militaires.

Étant une personne religieuse, quoique non une chrétienne conventionnelle, Pèlerin de Paix utilise une approche de « silence réceptif » pour prier. « Je suis une optimiste parce que je crois que les lois de l’univers fonctionnent pour le bien - si nous leur obéissons. Mais le choix est nôtre... » La preuve de son optimisme est son espoir qu’il y aura désarmement de son vivant.

Pèlerin de Paix a raconté que la nouvelle orientation de sa vie a commencé il y a 28 ans, avec 15 ans de « préparation spirituelle et psychologique » avant que ne débute son pèlerinage. Sans le support d’aucune organisation, elle ne peut être rejointe qu’au moyen de la poste restante à Cologne, au New Jersey, où une amie réexpédie son courrier à l’endroit où elle se trouve alors.

Quand le pèlerinage se terminera-t-il ? « Le pèlerinage sera terminé quand toutes les nations seront comme les États-Unis et le Canada, où il y a encore des désaccords, mais où on ne penserait jamais à s’entretuer. »

Jusqu’à ce moment, Pèlerin de Paix continuera de marcher. Elle a marché vers Albuquerque, le samedi suivant son passage ici. Elle prévoit être de retour à Santa Fe en 1970. Vous pouvez la voir marcher, vêtue de sa tunique bleue lettrée, le long d’une autoroute, n’importe où dans le pays. En fait, nous l’avons vue marcher il y a quelques années, quelque part au centre du pays.

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UN PÈLERINAGE PERSONNEL
Par Paul. R. Jefferson
Écrivain religieux du Capital Journal
(The Topeka Capital Journal, 8 novembre 1980)

À entendre parler Pèlerin de Paix, le fait de marcher à travers les États-Unis depuis presque 30 ans pour répandre son évangile de foi religieuse et de fidélité personnelle, est l’une des choses les plus naturelles qu’une personne puisse faire.

Portant une tunique lettrée décrivant son odyssée religieuse, cette « femme avec une mission » auto-proclamée, continuait son septième pèlerinage à travers le pays lorsqu’elle est passée à Topeka cette semaine.

« Je vais seulement là où je suis invitée », dit Pèlerin de Paix - son nom professionnel - à propos de ses conférences aux assemblées de fidèles du « Unity Church of Christianity » et du « Church of the Bethren ». Durant son séjour d’une semaine à Topeka, la dame âgée s’est aussi adressée à des classes de sociologie et de psychologie, à l’université de Washburn. Elle a aussi distribué des copies de ses brochures avec sa « formule magique » pour résoudre les conflits de toutes sortes : Ayez pour objectif de résoudre le conflit, pas de gagner un avantage.

« Chaque personne est née dans un but », dit-elle. Puis, elle ajouta qu’elle n’attachait aucune importance au fait d’être vue comme « folle » ou « excentrique » par certaines personnes. Même si Pèlerin de Paix est demeurée délibérément vague sur ses données biographiques, son message brillait dans ses vifs yeux bleus.

« Vous devez vivre pour donner plutôt que pour avoir », dit-elle, « et promouvoir les causes de la paix. La paix réelle est plus que l’absence de guerre, c’est l’absence des causes de la guerre. »

Ayant commencé ses périples déjà en 1953, cette femme de plus de 70 ans a voyagé plus de 40 000 kilomètres à pied dans ses excursions est-ouest, nord-sud, à partir de sa base de Cologne, au New Jersey. Ses seules possessions dans ses voyages, à part les vêtements qu’elle porte, consistent en un peigne, une brosse à dents et un stylo.

Pèlerin de Paix a décrit son message comme étant basé sur les lois de Dieu - tel que souligné dans la Bible - et un mélange humaniste de pensée positive et de richesse du potentiel humain.

« Tous les gens ont un potentiel, mais le choix revient à chacun de compléter sa croissance physique et mentale afin d’être capable de vivre à la hauteur de ce potentiel », dit-elle. Cette dame, ayant beaucoup voyagé, a mentionné une autre aide pour atteindre notre plein potentiel : la croissance spirituelle.

« L’homme est tel qu’il est en son coeur », dit-elle, citant un des nombreux versets de la Bible qui surgissent dans ses conférences publiques. Pèlerin de Paix a porté son message de promotion de la paix dans des universités telles que Harvard, Yale, l’Université de Pennsylvanie et l’Université de Californie-Berkeley. Elle est en chemin vers Dallas, où elle donnera une conférence dans un couvent catholique.

« Mon septième itinéraire de pèlerinage de paix m’amènera dans les 48 états en six années, approximativement », dit-elle, ajoutant que tous ses arrêts sont planifiés à partir des invitations qu’elle a reçues.

Après avoir entrepris, par elle-même, ses premiers voyages à travers le pays, Pèlerin de Paix reçoit maintenant des fonds de donateurs anonymes pour un bulletin, mais elle n’est affiliée à aucune organisation ou religion. Tout son courrier lui est réexpédié à partir de son adresse au New Jersey.

« Il me semble que j’ai vécu trois vies », dit-elle, décrivant comment elle a commencé sa «paisible croisade ». Après avoir vécu ce qu’elle appelle « une vie vide, faite d’argent et de choses » en tant que jeune femme, elle dit qu’elle a commencé à vivre une vie plus austère à la fin des années 1930, quand elle a commencé à travailler auprès des gens âgés. Elle a alors réduit son style de vie au niveau des « besoins essentiels », en subsistant avec environ dix dollars par semaine.

C’est alors qu’elle a prononcé son propre voeu personnel : « Je resterai une vagabonde jusqu’à ce que l’humanité apprenne la voie de la paix, marchant jusqu’à ce qu’on m’offre un gîte et jeûnant jusqu’à ce qu’on me donne de la nourriture. » Elle ne transporte jamais d’argent. « Je n’ai peur de rien et je n’attends que le bien, alors les bonnes choses viennent à moi. »

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MILITANT POUR LA PAIX MONDIALE - c’est un mode de vie
Par Beverly Creamer
(Honolulu Advertiser People Editor, Vendredi 15 août 1980)

Elle a l’allure d’un personnage excentrique mais charmant - les espadrilles, la queue de cheval, le costume de marche bleu, chacun étant un don d’un ami différent, d’une partie différente du pays.

Dans la large poche autour de sa taille, elle a mis toutes ses possessions : un peigne de plastique auquel manque une dent, une brosse à dents pliante, un stylo, des feuilles de papier bleu sur lesquelles est inscrit son message pour la paix mondiale, et un paquet de lettres d’amis de partout dans le pays.

« Je porte toujours tout ce que je possède », dit-elle, mettant la main dans sa poche et cherchant les lettres qu’elle a rangées à l’arrière. Au cours des nuits froides, quand elle doit se recroqueviller quelque part, sur le bord d’une route, et dormir à la belle étoile, - sa manière favorite de dormir, dit-elle, sans sac de couchage - elle met son courrier sous sa blouse pour garder son dos au chaud.

Depuis vingt-sept ans et demi, cette femme, qui se fait appeler Pèlerin de Paix, a sillonné l’Amérique, principalement à pied, répandant son message de paix. Elle dit qu’au cours des dix premières années, elle a compté les kilomètres et qu’en 1964 elle avait fait 40 000 kilomètres à pied. Finalement, elle a cessé de compter les kilomètres, mais elle a continué à marcher, portant principalement son attention sur des conférences informelles dans des universités, des arrêts routiers pour camionneurs et des églises.

Durant toutes ces années, elle n’a possédé aucun argent, n’en a accepté aucun et n’a jamais acheté une seule chose - rien - depuis qu’elle est devenue pèlerin.

« On a fait enquête sur moi durant l’ère McCarthy, pour voir si j’étais un vagabond ou un pèlerin religieux. » McCarthy conclut qu’elle était dans le deuxième cas et l’a laissée aller. « Je suis une femme profondément religieuse », dit Pèlerin de Paix. « Seulement, je n’appartiens à aucun groupe religieux. »

Durant tout ce temps, personne ne lui a fait de mal. « C’est normal », dit-elle, amusée par cette question. « Je vis complètement par la foi. » Cela lui a toujours réussi. Elle n’a jamais passé plus de trois jours sans un don de nourriture.

Elle ne voit jamais de médecin, ne se préoccupe pas de devenir malade et dit qu’elle n’a pas souffert du moindre mal de tête, ni du moindre rhume durant toutes les années où elle a été sur la route. Pourtant, elle a été piégée dans des tempêtes de neige et a occasionnellement dormi dans des boîtes d’emballage vides, dans des autos stationnées, dans des cellules de prison vides, sur des tables de conférence et une fois sur le siège avant d’un camion de pompier à Tombstone, en Arizona.

Elle ne vous dira pas son nom d’origine. Elle ne vous dira pas non plus son âge, partiellement parce qu’elle l’a oublié (même si elle admet qu’elle pourrait le calculer si elle le voulait vraiment, ce qu’elle ne veut pas) et partiellement parce qu’elle ne s’identifie pas aux choses comme les anniversaires ou les hypothèques.

Mais elle doit avoir au moins 80 ans, dit son bon ami, le révérend William Kautz, un pasteur de l’Eglise Unie du Christ de Honolulu.

À 9h30, dimanche matin, Pèlerin de Paix prendra la parole lors d’une discussion de groupe au « Church of the Crossroads », au 1212 avenue University. Une heure et 15 minutes plus tard, elle fera de même au « Good Shepherd Lutheran Church » au 638 rue Kuakini North. Elle parlera à peu près du même sujet dont elle parle à peu près partout où elle va : la règle d’or.

Aime-t-elle chaque personne qu’elle rencontre? Encore l’amusement. « Bien sûr », dit-elle, « Comment ne le pourrais-je pas? Il y a une étincelle de Dieu en chacun. Les gens m’apparaissent comme des lumières étincelantes... »

Pèlerin de Paix dit qu’elle a vu progresser la paix depuis presque trois décennies de traversées de l’Amérique pour sa mission. « Le travail d’un pèlerin est de réveiller les gens de leur apathie et de les faire réfléchir ». La queue de cheval grise vibre pendant qu’elle parle. Elle la coupe elle-même, en la tenant et en lui taillant le bout. Cela la garde soignée, dit-elle.

« Il y avait une grande apathie quand j’ai commencé mon pèlerinage. C’était au plus fort de la guerre de Corée et de l’ère McCarthy... Le moment idéal pour l’entrée en scène d’un pèlerin... Au début, les gens croyaient que la guerre était une partie nécessaire de la vie, sans aucune alternative. Maintenant, ils croient qu’il y a des alternatives possibles et ils les recherchent. »

« Quand j’ai commencé », poursuit-elle, « il n’y avait aucun intérêt pour la recherche intérieure. Maintenant », dit-elle, « la crise actuelle nous pousse vers la recherche intérieure... J’essaie encore de faire réfléchir les gens sur leur propre potentiel et leur possibilité de vivre selon ce potentiel. »

Pèlerin de Paix dit qu’elle a mis quinze ans pour franchir la première étape, pour arriver à la réalisation graduelle qu’elle devait tout abandonner et devenir un pèlerin. Elle a déjà eu du succès financièrement, dit-elle. Elle a vécu à Los Angeles dans de beaux appartements et a eu de beaux vêtements. Mais il y a 42 ans et demi, cela commençait à lui sembler vide et ses amitiés commençaient à lui paraître superficielles. Elle a alors réalisé qu’elle devait faire autre chose de sa vie.

« Je n’ai pas commencé mon pèlerinage avant d’avoir trouvé la paix intérieure. »

Pendant qu’elle dit cela, ses mains, tannées par les intempéries, font un signe de tir, les doigts pointant vers le ciel. Ses grands yeux bleus balaient le plafond pour ensuite revenir. C’est alors, dit-elle, que je me suis retrouvée « branchée sur la source d’énergie universelle... d’approvisionnement universel... et de vérité universelle... »

Quand elle a besoin de nouveaux vêtements, il se trouve toujours quelqu’un pour les lui offrir. Quand elle a faim, la nourriture lui est donnée gratuitement. Un jour, elle a perdu un plombage et on lui a offert, là aussi, de le remplacer.

Pèlerin de Paix n’inonde pas son audience de rhétorique, ne débite pas d’enseignements littéraires dans des mots sophistiqués. Loin de là. Son message est simple et écrit sur des feuilles de papier bleu qu’elle distribue à tous comme une sorte d’introduction rapide. On y trouve, entre autres, ceci : « La formule magique de Pèlerin de Paix »

« Il y a une formule magique pour résoudre les conflits », peut-on y lire. « La voici : Ayez comme objectif de résoudre le conflit, pas de gagner un avantage... ». Et encore ceci : «Préoccupez-vous de ne pas offenser, pas d’éviter d’être offensé. »

Tout ceci ne veut certainement pas dire que Pèlerin de Paix ne rencontre aucun problème. Loin de là. C’est seulement qu’elle les voit différemment. « Les problèmes sont des opportunités de croissance spirituelle. »

Certains pourraient dire que son mode de vie non conventionnel garantit probablement un avantage complet pour une telle croissance. Considérez son second voyage à Hawaï. Elle a guidé quinze personnes dans un voyage éducatif qu’elle appelle un « voyage de camping » de deux semaines aux îles. Les compagnies aériennes n’aiment pas vraiment de tels voyages organisés. Cependant, comme les règles de l’Administration Fédérale de l’Aviation l’autorisent, cela lui a permis d’obtenir un billet gratuit à titre de guide du voyage organisé, dit-elle.

« Ils ont d’abord essayé de me dire d’aller à une agence de voyages », dit-elle, souriant de toutes ses dents. « Eh bien, voyez-vous », leur a-t-elle dit, « je ne peux pas faire cela parce que je suis un vagabond, un pèlerin. »

« Vous êtes un QUOI ? » a demandé l’agent.

Pèlerin de Paix sourit. « J’ai finalement dit : voyez-moi comme un conférencier voyageur. Ils peuvent comprendre cela. »

Le petit groupe de Pèlerin de Paix a passé deux semaines à voyager dans les îles, dormant sur les plages des parcs et cuisinant sur des feux de camp. Elle a conduit la tournée comme elle conduit sa vie.

Pèlerin de Paix part lundi sur un vol pour retourner à Los Angeles, puis à Bismarck, au Dakota du nord, avec des billets offerts pour continuer son pèlerinage. Elle alterne entre les zigzags et les boucles d’aller-retour à travers le pays, essayant de faire régulièrement une boucle qui passe par Cologne, New Jersey, pour visiter l’amie qui lui réexpédie tout son courrier. (Son adresse est: Peace Pilgrim, Cologne, N.J. 08213)

Elle reçoit souvent des lettres de gens qui disent des choses comme : « Depuis que j’ai parlé avec vous, je pense que moi aussi je devrais faire quelque chose pour la paix. » « Ils écrivent à leur député ou font la paix avec un ami... Tout cela s’additionne », dit-elle.

Pèlerin de Paix correspond régulièrement avec dix mille personnes qu’elle a rencontrées, leur envoyant de temps à autre des bulletins et leur laissant savoir quand elle passera dans leur région. Invariablement, elle est inondée de propositions d’hébergement.

« Si vous n’avez peur de rien et n’espérez que le bien, le bien survient », dit-elle, se déplaçant vers l’extérieur pour la pose du photographe. Elle s’étend sur le gazon, les mains derrière la tête, dans sa traditionnelle position de sommeil des nuits chaudes sous les étoiles.

Puis elle se recroqueville vers l’avant, les bras croisés, les mains sous les aisselles, pour montrer comment elle dort les nuits froides, expliquant : « Un pied devient parfois froid si je ne mets pas une carte routière dessus. »

Une fois la pose terminée, elle se relève du gazon d’un seul bond et donne des poignées de main. « L’argent », dit-elle, « je ne l’accepte pas. Je m’occupe de vérité spirituelle qui ne devrait jamais être vendue et n’a jamais besoin d’être achetée. Quand vous serez prêt, elle vous sera donnée. »

Espère-t-elle que d’autres feront ce qu’elle a fait? « Oh non! » dit-elle. « Entreprendre un pèlerinage n’a jamais inspiré personne d’autre. »

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UN PÈLERIN AFFIRME : LA MATURITÉ MÈNE À LA PAIX
Par John Fetler
GT Religion Editor
(Colorado Springs Gazette-Telegraph, 28 avril 1979)

Elle admet qu’elle a quelque chose en commun avec Saint-François dans sa croisade pour la paix.

Partout où elle parle en public, dans des universités, des collèges, des églises, des écoles secondaires ou des coins de rue, elle donne l’impression d’avoir une sorte de « lumière intérieure » qui semble attirer particulièrement les jeunes. Certains lui ont même demandé de devenir ses disciples.

Ce qui est remarquable dans cette ère de gadgets et de cynisme est que personne ne semble la prendre pour un imposteur ou un charlatan, pas même pour une fanatique qui se fait des illusions sur elle-même.

Non, cette femme aux cheveux gris avec des yeux d’un bleu étonnamment clair, mais pourtant sérieux, est prise pour ce qu’elle est : le Pèlerin de Paix.

Elle était à Colorado Springs pendant une semaine. Elle a parlé en public dans une douzaine de réunions, dans lesquelles le nombre de personnes variait de cinq à cinq cents. Puis, au début de la semaine suivante, elle est partie à Denver pour continuer sa croisade solitaire.

Avant de quitter la ville, elle est venue nous rencontrer au journal.

Elle ne dira pas son vrai nom ou le nombre d’années qu’elle a vécu en ce monde, mais son apparence est d’une jeunesse sans âge, ses gestes spontanés sont d’une conviction qui va de soi, son regard d’une franchise totale. Il y a quelque chose de vibrant dans ses yeux et ses paroles. Elle admet avoir une « énergie formidable ». Elle en donne le crédit à sa « paix intérieure ».

Elle a été questionnée : « La situation mondiale ne s’est-elle pas dégradée? »

« Oh non! » s’exclame-t-elle, « reportez-vous seulement à la situation qui existait il y a quelques années, durant la guerre de Corée. En ce temps-là, la guerre était une méthode acceptée pour gérer les conflits internationaux. Voyez ce qu’il en est aujourd’hui. Maintenant, tout le monde parle de la nécessité de la paix. Aujourd’hui la guerre n’est plus acceptable. »

La sincérité de sa conviction se voyait dans ses yeux. Mais elle n’est pas animée d’un simple enthousiasme. Même le pire des cyniques pourrait dire : « Même si je ne partage pas son optimisme sur notre avenir, je suis bien obligé d’admettre que son argumentation est logique. » Elle définit le véritable être humain comme étant « centré sur Dieu ». En cela, sa conviction est solide comme le roc.

Elle dit qu’elle n’a été éduquée dans aucune religion particulière, ce qui lui permet d’être à l’aise parmi toutes. Son record a été de faire sept sermons en un seul dimanche.

Elle parle habituellement dans les mots de chaque jour. Mais son « attitude religieuse » imprègne sa pensée. Elle croit fermement qu’un individu a d’abord besoin d’une attitude religieuse envers Dieu, d’une attitude religieuse envers les gens et d’une attitude religieuse envers lui-même.

Quand on lui demande pourquoi le mal existe en ce monde, elle s’exclame : « Oh, mais c’est simplement de l’immaturité. » Ce ne sont peut-être pas des paroles religieuses, mais elles correspondent à ce que les psychologues disent aussi.

Comment un individu peut-il améliorer le monde? Elle répond qu’il doit trouver la paix intérieure. Elle explique : « Chacun de nous a le libre choix, qu’il peut utiliser pour devenir mature. Je dois réaliser que je suis complètement responsable de ma vie. Il n’y a pas d’autre façon. » Et c’est la raison pour laquelle elle refuse d’accepter des « disciples ».

« Seulement Dieu prend des disciples », dit-elle. Ce n’est pas sain de suivre un autre être humain, c’est seulement un signe d’immaturité. Chaque personne doit trouver sa propre maturité. Mais cela prend du temps. Cela m’a pris quinze ans pour trouver la mienne. Mais la période de croissance est différente pour chaque individu. »

« Oh », s’exclame-t-elle (cela semble être son mot favori, et elle le dit avec une gaîté éclatante qui est totalement désarmante), « j’essaie seulement d’inspirer les gens à trouver le but de leur vie. Il n’y a pas deux personnes pareilles. Par conséquent, il n’y a pas deux personnes ayant le même travail à accomplir. Chaque personne doit trouver son travail dans la vie. Alors, le travail devient facile et joyeux. »

Elle dit que des personnes ont fortement insisté pour qu’elle fonde une organisation pour la paix, mais elle a refusé. « Je parle à beaucoup de gens dans les collèges, les universités, les écoles secondaires, les églises », dit-elle. « Une autre organisation n’est pas nécessaire. » Mais elle considère les institutions comme essentielles pour atteindre la paix dans le monde. Elle explique: « Quand suffisamment d’entre nous serons assez matures pour avoir un impact sur les institutions, alors les choses évolueront rapidement vers la paix. »

« J’accepte chaque être humain que je rencontre », dit-elle avec une désarmante simplicité. « Je crois que tous les êtres humains veulent faire la bonne chose, mais ne la connaissent pas toujours. »

Pour ce qui est des condamnations et des haines, elle dit : «Je ne fais de mal qu’à moi-même, par une réaction négative. »

De plus, elle reçoit du courrier en provenance de tout le pays. L’adresse de Pèlerin de Paix est simplement : Peace Pilgrim, Cologne, N.J. 08213.

« C’est simplement une petite ville dans une région agricole », explique-t-elle. « Une de mes amies a accepté d’agir comme une sorte de bureau de poste pour moi. Elle me réexpédie tout mon courrier et je m’en occupe entre mes conférences. »

Son projet de marcher 25 000 milles pour la paix s’est achevé en 1964, mais elle a continué de marcher pour la paix comme avant, avec les mots « Pèlerin de Paix » cousus sur sa tunique.

Comme Saint-François, elle n’est pas encombrée de biens matériels. Elle est souvent sollicitée par les amis qu’elle s’est faits dans plusieurs parties du pays, mais elle n’accepte pas de dons en argent.

Au début elle était un pèlerin solitaire. Maintenant elle n’est plus un personnage isolé sur les routes américaines. Elle a des conférences prévues et réservées à l’avance jusqu’au début de 1984.

La chronique de son pèlerinage est en voie de réalisation par le Swarthmore College.

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UNE ENTREVUE AVEC PÈLERIN DE PAIX, LE 6 JUILLET 1981
(Conduite par Ted Hayes, gérant de la station de radio WKVI à Knox, en Indiana, le jour précédant son décès)

Ted Hayes: Pèlerin, parlons un peu des voyages que vous avez faits pour la paix. Comment cela a-t-il commencé ?

Pèlerin de Paix: Eh bien, cela a commencé le premier janvier 1953 à Los Angeles, en Californie. Cette année-là, je suis partie pour traverser le pays en marchant. Ce que j’ai fait. J’ai zigzagué 8 000 kilomètres, sans arrêt. Puis, j’ai simplement continué. J’en suis maintenant à mon septième trajet de pèlerinage, c’est-à-dire à ma septième traversée du pays. J’ai couvert les cinquante états, les dix provinces canadiennes et des parties du Mexique. Je suis une personne ordinaire qui s’efforce de faire tout son possible pour la paix. Je marche en priant et je profite de l’opportunité pour parler avec beaucoup de gens, afin de les inspirer à faire, peut-être eux aussi, quelque chose pour la paix, à leur manière.

TH: Pèlerin, qu’est-ce qui vous amène à Knox, spécifiquement ?

PP: J’ai été invitée à venir à Knox par une amie de longue date, Gertrude Ward. Comme je l’ai rencontrée ailleurs, c’est ma première visite à Knox. Naturellement, je fais cela régulièrement. Cela fait partie de mon pèlerinage pour la paix. Je n’ai pas d’argent et je n’accepte aucun argent. Je n’appartiens à aucune organisation et ainsi il n’y a aucun support organisationnel derrière moi. Je ne possède que les vêtements et les articles que je porte sur moi. Je marche jusqu’à ce qu’on m’offre un abri, je jeûne jusqu’à ce qu’on me donne à manger. Je ne le demande même pas. On me le donne sans que je le demande. Je vous le dis, les gens sont bons. Il y a une étincelle de bonté en chacun, aussi profondément qu’elle puisse être enfouie.

Au début, mes invitations survenaient à l’improviste. De parfaits étrangers m’offraient un lit les trois-quarts du temps. Et je sautais rarement plus de trois ou quatre repas d’affilée. Mais maintenant, mes invitations sont souvent planifiées à l’avance. Naturellement, ce fut le cas avec l’invitation de Knox.

TH: Pèlerin, laissez-moi vous demander ceci: Vous êtes-vous toujours appelée Pèlerin de Paix ou vous aviez un nom, en étant fillette ?

PP: Oh, ce n’est pas mon ancien nom, mais si vous envoyiez une lettre à mon ancien nom, je ne la recevrais même pas. Je suis tout à fait Pèlerin de Paix maintenant. On me dit que c’est un nom professionnel, utilisé de manière constante. Voyez-vous, c’est devenu mon nom légal depuis dix ou douze ans, parce que naturellement, je l’ai pris il y a longtemps déjà, en 1953, quand j’ai commencé mon pèlerinage.

Les choses ont beaucoup changé depuis. Mais une chose n’a pas changé, c’est mon message de paix. Il reste encore le même. Voici la voie de la paix : surmontez le mal par le bien, le mensonge par la vérité et la haine par l’amour. C’est encore le message que je transporte après toutes ces années. Eh bien, voyez-vous, nous n’avons pas encore appris à le vivre. Le mot-clé à notre époque est réellement « pratiquer ». Nous n’avons pas besoin d’avoir plus de lumière, mais de mettre en pratique la lumière que nous avons déjà. Quand nous ferons cela, des choses merveilleuses surviendront dans nos vies et dans le monde.

TH: Pèlerin de Paix, vous savez qu’il y a un certain nombre de gens qui ne penseraient même pas à faire cela, qui penseraient même qu’une personne comme vous est une folle ou une cinglée. Avez-vous un problème à surmonter cette barrière avec certaines personnes?

PP: Eh bien, je suis certaine que plusieurs personnes qui viennent juste d’entendre parler de moi doivent penser que je déraille complètement. Après tout, j’agis de manière différente. Et les pionniers ont toujours été considérés comme des gens un peu étranges. Mais voyez-vous, j’aime les gens, et je vois le bon en eux. Et vous tendez à atteindre ce que vous voyez. Le monde est comme un miroir : si vous lui souriez, il vous sourit aussi. J’adore sourire et, en général, il est certain que je reçois des sourires en retour. Tout ce dont j’avais besoin dans mon pèlerinage m’a été fourni sans même le demander.

TH: Vous marchez dans notre pays sans un seul sou en poche. Vous marchez simplement avec la foi, la foi que quelqu’un s’occupera de vous, et cela semble toujours se produire. Vous devez avoir une certaine intuition des personnes à approcher, des personnes à qui sourire et de celles qui seront bonnes avec vous, non?

PP: Je souris à tout le monde, mais je n’approche jamais personne. Je porte ma courte tunique avec « Pèlerin de Paix » sur le devant et « 25 000 milles à pied pour la paix » à l’endos. De cette façon, les gens s’arrêtent et me parlent. D’ailleurs, un grand nombre le font. Cela me permet de faire tous mes contacts de la manière la plus aimable qui soit. Et ceux qui m’approchent sont très spéciaux. Ou bien ils sont réellement intéressés par la paix, ou bien ils ont une vive et sincère curiosité. Voyez-vous, il y a actuellement un grand intérêt pour la paix. Quand j’ai commencé, les gens acceptaient la guerre comme une partie nécessaire de la vie. Maintenant, nous cherchons des alternatives à la guerre. En vérité, c’est un gain. C’est mieux que c’était. Quand j’ai commencé, il y avait très peu d’intérêt pour la recherche intérieure. Maintenant, il y a presque un intérêt universel pour la recherche intérieure, ce qui est pour moi le plus grand gain qui soit. Naturellement, puisque je parle surtout de la paix à l’intérieur de nous comme d’une étape vers la paix dans notre monde, il y a un intérêt croissant pour mon sujet.

TH: Pèlerin, la bible nous dit que les guerres seront toujours avec nous. Que dites-vous aux gens qui disent cela? Pensez-vous que ce petit effort peut faire une différence?

PP: Elle dit en fait qu’il y aura « des guerres et des rumeurs de guerre ». Mais cette prophétie a été amplement réalisée à travers les siècles. Je ne vois pas pourquoi nous voudrions que cette prophétie se réalise encore. Elle dit aussi : « Ils transformeront leurs épées en socs de charrue et leurs lances en faucilles. Une nation ne lèvera plus son épée contre une autre nation, et elles n’apprendront plus jamais la guerre. » Peut-être que le temps est venu pour la réalisation de cette prophétie. Je crois qu’il est arrivé.

Je crois, naturellement, que c’est ce que chacun de nous désire. Cependant, il y a tellement de pessimisme. Je parlais à une dame qui disait : « Je prie avec vous pour la paix mais, évidemment, je ne crois pas que cela soit possible. » Je lui ai demandé : « Ne croyez-vous pas que la paix soit en accord avec la volonté de Dieu? » « Oh oui! », dit-elle, « je sais qu’elle l’est. » Je lui ai répondu : « Alors, comment pouvez-vous me dire que ce qui est en accord avec la volonté de Dieu n’est pas possible? Non seulement c’est possible, c'est inévitable. Dans combien de temps? Cela dépend de nous. »

Je sais que tout bon effort porte de bons fruits. Aussi, je continue à faire tous les bons efforts que je peux. Je laisse les résultats entre les mains de Dieu. Ils peuvent ne pas se manifester au cours de ma vie, mais éventuellement, ils se manifesteront.

TH: Pèlerin, il n’est pas considéré correct, en général, de demander à une femme que vous venez juste de rencontrer : « quel âge avez-vous? » Mais, je vais tenter ma chance aujourd’hui. Je vais vous demander quel âge vous avez.

PP: Je peux simplement vous dire que je ne le sais pas, et c’est délibéré de ma part. Nous créons constamment par la pensée, incluant notre âge. J’avais créé suffisamment d’âge quand j’ai commencé le premier janvier 1953, et je me suis dit : « c’est assez ». Depuis ce temps, je me vois sans âge, avec une santé rayonnante. Et c’est le cas. Je n’ai pas rajeuni, mais je ne vois pas pourquoi je rajeunirais. Je me trouve très bien telle que je suis. Si vous avez appris les leçons de la vie à chacune des saisons, vous n’avez aucune raison de vouloir retourner à une saison précédente de la vie.

TH: Pèlerin de Paix a été mon invitée aujourd’hui. Dans sa documentation, elle dit : «Dans mon dos, il est écrit : Pèlerin de Paix, 25 000 milles à pied pour la paix. » Et elle les a complétés, mais elle continue de marcher, car son voeu est : « Je resterai un pèlerin jusqu’à ce que l’humanité ait appris la voie de la paix, marchant jusqu’à ce qu’on m’offre un abri et jeûnant jusqu’à ce qu’on me donne à manger. ». Elle paraît être une femme très heureuse.

PP: Je suis certainement une personne heureuse. Qui connaîtrait Dieu et ne serait pas joyeux? Je vous souhaite la paix à tous.

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