Pèlerin de Paix
Sa vie et son oeuvre dans ses propres mots

Compilé par quelques-uns de ses amis.

Affectueusement dédié à tous les chercheurs spirituels.

Voici la version française du livre: Peace Pilgrim: Her Life and Work in Her Own Words . Il a été compilé par 5 amis de Pèlerin de Paix à Sante Fe, Nouveau Mexique, en 1982, l'année après sa glorieuse transition.   Il se compose principalement de ses propres paroles.  Les exceptions sont l'introduction, les reproductions d'articles de journaux et des commentaires de personnes qu'elle a connu dans ses 28 années de pèlerinage pour la paix.

Copyright © 1982, 2005 Friends of Peace Pilgrim

Ce livre ne se réserve les droits de reproduction que pour éviter un mauvais usage. Les gens qui travaillent pour la paix, le développement spirituel et la croissance de l'éveil humain à travers le monde ont la permission de reproduire du matériel de ce livre.

[Traduction: Rev 1.03, 2005, Montréal,Canada.]

TABLE DES MATIÈRES

Introduction
Chapitre 1: Les premiers apprentissages
Chapitre 2: La croissance spirituelle (Mes étapes vers la paix intérieure)
Chapitre 3: Le pèlerinage
Chapitre 4: Réflexions sur le pèlerinage
Chapitre 5: Simplifier sa vie
Chapitre 6: Résoudre les problèmes de la vie
Chapitre 7: Vivre spirituellement
Chapitre 8: La voie de la Paix
Chapitre 9: Extensions du pacifisme
Chapitre 10: Les enfants et la voie de la paix
Chapitre 11: Transformer notre société
Chapitre 12: La voie d'un pèlerin

ANNEXES

Pensées à méditer

Annexe I: Bref sommaire de la vie de Pèlerin de Paix
Annexe II: Le graphique de la croissance spirituelle de Pèlerin de Paix
Annexe III: Questions et réponses du courrier
Annexe IV: Poèmes, prières et chansons
Annexe V: Pèlerin de Paix dans les médias
Annexe VI: Lettres à Pèlerin de Paix
Annexe VII: Expériences avec Pèlerin de Paix

Bref résumé des étapes vers la Paix Intérieure


INTRODUCTION


PÈLERIN DE PAIX a eu un impact sur les gens, tout au long de sa joyeuse marche à travers le pays. Cet impact ne pourra jamais être pleinement exprimé. Elle a éveillé et inspiré plusieurs milliers de personnes durant ses vingt-huit ans de pèlerinage pour la paix. Ceux et celles qu'elle a touchés personnellement en gardent des souvenirs très spéciaux. Ils se souviennent des conversations, des rires, des promenades. Ils se rappellent l’avoir entendu raconter des anecdotes de son pèlerinage autour de la table ou lorsqu’ils la conduisaient à un rendez-vous où elle devait prendre la parole. Ils se remémorent les mains s’agitant en un dernier adieu lorsqu'elle les quittait rapidement pour sa prochaine destination.

De 1953 à 1981, cette femme aux cheveux argentés, obéissant avec joie à son appel intérieur, fut au service du monde. Dans chaque village ou grande ville où elle allait, elle apportait à tous ceux qu’elle rencontrait un message de paix exprimé simplement ainsi: quand nous serons suffisamment nombreux à avoir trouvé la paix intérieure, nos institutions deviendront plus pacifiques et il n'y aura plus d’occasions de faire la guerre.

Après sa mort en 1981, nous avons été un certain nombre, parmi ses amis dispersés à travers le pays, à nous réunir à Santa Fe, au Nouveau Mexique, afin de nous remémorer nos souvenirs et partager nos expériences vécues avec elle. Un petit groupe est resté pour travailler sur le projet du livre, une idée qui était en chacun de nos coeurs depuis quelque temps déjà. Nous avons tenté, dans ce livre, de présenter la vie extraordinaire de Pèlerin de Paix dans sa forme la plus pure: avec ses propres mots. Ils ont été assemblés à partir de son petit livret « Étapes vers la Paix Intérieure », de ses dix-neuf bulletins intitulés « Pilgrim's Progress », de conversations privées, d'extraits de sa correspondance ainsi que des exposés enregistrés par bien des personnes au cours des années. Parmi les autres sources, il y a eu les milliers d'articles de journaux et autres imprimés de la bibliothèque du « Swarthmore College Peace Collection ».

Même si les mots sont les siens, ce livre n'est pas une autobiographie écrite de sa main. Certains extraits ont été transcrits tels quels à partir de bandes magnétiques, ce qui donne à certains passages un aspect plutôt oral qu'écrit. Nous aurions aimé qu'elle rédige son propre livre. Les gens lui demandaient souvent si elle allait un jour écrire son histoire et, plus d'une fois, elle a répondu: « J'ai réellement écrit assez de matériel pour un livre. Ce n’est tout simplement pas sous la forme d'un livre. »

Le mettre sous la forme d’un livre a été notre travail.

Même si son message fondamental n'a jamais changé, une variété de détails et d'expériences ont coloré chacune de ses communications. Il se peut que vous trouviez que plusieurs de ses courts énoncés de principes ou d’aphorismes se répètent, mais c’est généralement dans un contexte différent.

* * *

Le simple et cependant profond message de la vie et des mots de Pèlerin de Paix répond à un besoin urgent de l'humanité dans sa recherche pour la paix. Elle nous a donné un espoir renouvelé dans l’avenir de ce monde, espoir que suffisamment de personnes atteignent la paix intérieure pour rendre possible la paix mondiale. Elle nous a donné l'exemple d'une personne vivant dans la paix intérieure et qui a été remplie d'une énergie débordante, augmentant avec l'âge au lieu de diminuer.

Robert Steele a écrit dans le journal indien « Gandhi Marg » : « Pèlerin de Paix parle avec une autorité et une confiance étonnante. Elle nous rappelle l'un de ces messagers de Dieu des temps bibliques. Cependant, ses déclarations ne ressemblent pas à celles d'une fanatique ou d'une dogmatique. Elles ressemblent plutôt à celles d'un être humain profondément sincère et dévoué, qui a été relié à une vision sage et ineffable. »

Connue d'un océan à l'autre simplement en tant que « Pèlerin de Paix », c’était son désir de mettre l'accent « sur le message et non sur le messager ». Elle ne racontait jamais de détails sur sa vie tels que son nom personnel, son âge ou son lieu de naissance, qu’elle considérait sans importance. Puisque ce livre concerne son pèlerinage dans ses propres mots, nous avons décidé de ne pas fournir ce genre de détails, que l’on peut trouver ailleurs.

« Je ne veux pas que les gens se rappellent de moi sauf en relation avec la paix », disait-elle. Pour ceux et celles d'entre nous qui l'avons bien connue et qui l'avons vue au cours de nombreuses années, elle demeurera toujours la sereine, chaleureuse Pèlerin de Paix, pleine d'humour, de vitalité et de joie de vivre.

Née dans une petite ferme de l'est des États-Unis au début du vingtième siècle, elle a grandi dans un milieu modeste et comme bien des gens, a acquis graduellement de l'argent et des possessions. Lorsqu'elle a réalisé que cette vie centrée sur soi-même était dénuée de sens et que les biens matériels étaient pour elle des fardeaux plutôt que des bénédictions, elle a marché toute une nuit dans la forêt jusqu'à ce qu'elle sente « une complète volonté, sans aucune réserve, de donner ma vie à Dieu et au service des autres. »

Elle a graduellement et méthodiquement adopté une vie de simplicité volontaire. Elle a commencé ce qui allait être une période de quinze années de préparation, sans même savoir pourquoi au juste elle se préparait. Elle a travaillé bénévolement pour des groupes pacifistes et s’est aussi occupée de personnes ayant des problèmes physiques, émotionnels et mentaux. Durant cette « période de préparation » et au milieu de plusieurs collines et vallées spirituelles, elle a trouvé la paix intérieure et sa vocation.

Son pèlerinage pour la paix a débuté le matin du premier janvier 1953. Elle a fait le voeu «de demeurer un pèlerin jusqu'à ce que l'humanité apprenne le chemin de la paix. » Pèlerin de Paix marchait seule et sans le sou, sans le support d'aucune organisation. Sa marche était « une prière » et une opportunité d'inspirer les autres à prier et à travailler pour la paix. Elle portait une chemise et un pantalon bleu marin ainsi qu’une tunique courte avec des poches tout autour, près de la bordure du bas, dans lesquelles elle transportait tous ses biens: un peigne, une brosse à dents pliante, un stylo à bille, des exemplaires de son message et son courrier récent.

Après avoir marché 25 000 milles[40 000 kilomètres], ce qui se produisit en 1964, elle arrêta de compter les milles. Parler devint alors sa première priorité, même si elle poursuivait ses marches quotidiennes. Son horaire d'exposés oraux, de plus en plus chargé, l'a toutefois obligée à accepter souvent de se faire conduire.

Pèlerin de Paix a dialogué avec des milliers de personnes durant l'ère McCarthy, la guerre de Corée, la guerre du Vietnam et après. Elle a rencontré des gens dans les rues des villes aussi bien que sur des routes poussiéreuses, dans des ghettos, des banlieues, des déserts et des haltes routières pour camionneurs. Elle a été interviewée par tous les réseaux de radio et de télévision nationaux, aussi bien que par des centaines de stations locales à travers le pays. Des journalistes d'innombrables villes, petites et grandes, ont écrit à son sujet. S'ils ne venaient pas à elle en premier, elle allait les rencontrer afin que les gens entendent son message. Elle a pris la parole dans des classes universitaires de psychologie, de science politique, de philosophie et de sociologie, dans des écoles secondaires [lycées], des clubs civiques et dans les chaires de plusieurs églises.

Au fil des ans, son enthousiasme contagieux, son esprit vif et sa sagesse simple ont augmenté son attrait auprès des auditeurs. Ceux-ci ont répondu de plus en plus fréquemment avec un rire chaleureux et spontané ainsi qu’avec des questions mûrement réfléchies.

Tout au long de ces années durant lesquelles beaucoup parmi nous craignions de plus en plus de nous aventurer dans certaines rues, elle marchait dans les secteurs « dangereux » des villes et dormait au bord des routes, sur les plages et dans les stations d'autobus, quand aucun lit ne lui était offert. Au cours des années, des étrangers sont devenus des amis, l'invitant dans leur maison et s'occupant de l'organisation de ses exposés oraux, souvent une année ou plus à l'avance.

Pèlerin de Paix croyait que nous étions entrés dans une période de crise et disait que l'humanité « marche sur la marge étroite entre une guerre nucléaire d'anéantissement et un âge d'or de paix. » Elle sentait que c'était sa mission de secouer les gens de leur apathie et de les inciter à penser et à travailler activement pour la paix. Elle encourageait toujours les gens à chercher les sources réelles de la paix intérieure et à utiliser les voies de la paix dans leurs relations avec les autres.

* * *

Au moment de son décès, Pèlerin de Paix traversait le pays pour la septième fois. Elle avait marché dans les cinquante états, visité les dix provinces du Canada et une partie du Mexique. En 1976, un homme l'emmena en avion en Alaska et à Hawaï pour rencontrer ses enfants, marcher, prendre la parole dans les églises et rencontrer les médias. En 1979 et 1980, elle est retournée dans ces états, s’adressant à de petits groupes de gens qui souhaitaient en apprendre davantage sur son mode de vie. Elle avait prévu retourner en Alaska et à Hawaï en 1984 et pensait inviter d'autres personnes à se joindre à elle dans des « tournées inspirantes » à travers plusieurs états, dans les années à venir.

Elle a effectué ce qu'elle aimait appeler « la glorieuse transition à une vie plus libre », le 7 juillet 1981, près de Knox, dans l’Indiana. Elle est morte instantanément dans une collision frontale alors qu'elle était conduite à un rendez-vous où elle devait prendre la parole. Ses nombreux amis à travers le pays furent stupéfiés. Nous n'imaginions pas que Pèlerin puisse quitter cette terre si tôt. Mais un ami a écrit: « Je suis certain que l'instantanéité de la transition, sans cessation de son activité jusqu'au dernier moment, a été comme elle l'aurait souhaitée. »

Dans sa dernière entrevue avec un journaliste de la presse écrite, elle parlait de sa santé radieuse. Elle planifiait l’itinéraire qu’elle suivrait après son pèlerinage en cours et elle avait des engagements jusqu'en 1984. Ted Hayes de la radio WKVI à Knox lui a dit, dans un entretien enregistré le 6 juillet: « Vous semblez une femme des plus heureuses. » Elle a répondu: « Je suis certainement une personne heureuse. Comment quelqu'un peut-il connaître Dieu et ne pas être joyeux? »

Des messages d'amis qui ont appris son décès continuent d'arriver au bureau de poste de la petite ville de Cologne, au New Jersey, d’où son courrier lui était toujours réexpédié. Les lettres sont touchantes: « Ma chère Pèlerin, je viens juste d'apprendre la mort de ton corps terrestre. Si ce n'est pas le cas, écris-moi s'il te plaît. » Un autre écrit: « Je sais que tu es avec Dieu... je te vois dans l'Univers... »

Un rédacteur qui l'a interviewé dans les années soixante et qui est devenu un bon ami, a écrit: «... des cycles de prière défilent en mon coeur, lui disant mon appréciation pour son enseignement, pour son impact et son influence dans ma vie et lui souhaitant le meilleur des voyages... »

Un ami du Massachusetts a écrit: « Cela a été un grand choc, c'est le moins qu'on puisse dire, et une grande perte pour notre petite planète! Mon coeur est triste en ce moment car, comme des milliers d'autres personnes, j'ai tant aimé Pèlerin! Mais en même temps, je sens que sa présence sera toujours parmi nous par le biais de ses magnifiques enseignements et de sa vie exemplaire... »

Plusieurs personnes ont écrit qu'ils espéraient qu'un livre soit produit pour aider à répandre son message spécial de paix et d'amour. D’autres ont dit avoir l'intention d'écrire des articles ou des oeuvres plus élaborées à son sujet. Nous espérons que ce livre constituera une ressource utile pour ceux-ci et pour les futurs écrivains, aussi bien qu'une inspiration et un encouragement pour les autres qui n'ont jamais eu la chance de la rencontrer.

Quelqu'un qui a saisi l'essence de sa mission a écrit: « Les semences de la paix ont été bien répandues. C'est le devoir de tous ceux qui ont été touchés par elle de commencer la récolte. »

Nous espérons que ses mots et son esprit puissent continuer à inspirer. Et nous nous joignons à vous dans un cercle d'amour, avec tous ceux qui l'ont connue et ont été touchés par elle...


Libérée de la terre, libre comme l'air,
Maintenant tu voyages en tout lieu.


-- Cinq des nombreux amis de Pèlerin de Paix
Santa Fe, Nouveau Mexique
31 mars 1982




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CHAPITRE 1: Les premiers apprentissages


J'AI EU UN DÉPART TRÈS FAVORABLE dans la vie, quoique plusieurs d'entre vous pourraient ne pas le penser. Je suis née pauvre dans une petite ferme à la périphérie d'une petite ville, et j’en suis reconnaissante. J'étais heureuse dans mon enfance. J'avais la forêt pour jouer, un ruisseau pour me baigner et de l'espace pour grandir. Je souhaiterais que chaque enfant ait de l'espace pour se développer parce que je crois que les enfants ressemblent un peu aux plantes. Si elles poussent trop près les unes des autres, elles deviennent minces et maladives, n'atteignant jamais leur taille maximale. Nous avons besoin d'espace pour grandir.

Nous commençons tôt à nous préparer au travail que nous aurons à faire, même si généralement nous n'avons aucune idée de ce qu’il sera. Ainsi, étant enfant, je n'avais aucune idée de ce à quoi je me préparais. Et pourtant, bien sûr, je me préparais à bien des égards. Je me préparais au pèlerinage quand j'ai adopté ma règle de vie « d’abord les choses importantes » et que j’ai commencé à établir les priorités de ma vie. Cela m'a mené à une vie très ordonnée et m'a appris l'auto-discipline, une leçon très importante sans laquelle je n'aurais jamais pu faire un pèlerinage. J’ai continué de l’appliquer dans ma vie adulte.

Je n'ai reçu aucune éducation religieuse formelle dans mon enfance (autant de choses en moins à désapprendre plus tard!). J’ai vu pour la première fois l'intérieur d'une église lorsque j'avais douze ans. La porte d'une église catholique était ouverte et j’ai vu les concierges nettoyer la cathédrale. À l'âge de seize ans, je suis entrée pour la première fois dans une église pour assister à un mariage.

À la fin de l'école secondaire [lycée], j'ai commencé ma recherche de Dieu, mais tous mes efforts étaient dirigés vers l'extérieur. Je questionnais autour de moi : « Qu'est-ce que Dieu? Qu'est-ce que Dieu? » J'étais très curieuse et je posais beaucoup de questions à bien des gens, mais je ne recevais jamais de réponses! Cependant, il n'était pas question que j'abandonne. Puisque intellectuellement je ne pouvais pas trouver Dieu à l'extérieur, j'ai donc essayé une autre approche. J'ai fait une longue promenade avec mon chien et j’ai réfléchi profondément à la question. Puis, je suis allée me coucher et j'ai dormi là-dessus. Le lendemain matin, j'avais ma réponse intérieure, quoique encore d’une petite voix.

Ma réponse de l’école secondaire était très simple : nous les humains, rassemblons tout ce qui, dans l'univers, est au-delà de toute notre capacité réunie, et à cet ensemble de choses, certains d'entre nous donnons le nom de Dieu. Cela a servi de point de départ à ma recherche. Puis, la première chose que j'ai faite a été de regarder un arbre en disant : en voici une. Même si nous travaillions tous ensemble, nous ne pourrions pas créer cet arbre. Même si cela ressemblait à un arbre, il ne grandirait pas. Il y a une force créatrice qui nous dépasse. La nuit, j'ai ensuite regardé mes étoiles bien-aimées : en voici une autre. Il y a un pouvoir qui maintient les planètes dans leur orbite.

J'ai observé tous les changements prenant place dans l'univers. À cette époque, des gens essayaient de préserver un phare inondé par la mer. Ils l’ont finalement déplacé vers l'intérieur des terres et ont déclaré l’avoir sauvé. Mais j'ai noté tous ces changements et je me suis dit : en voici une autre. Il y a quelque chose qui engendre les constants changements dans l'univers.

Quand j'ai reçu la confirmation de l'intérieur, j’ai su au-delà de tout doute que j'avais touché à ma lumière la plus élevée.

Intellectuellement, j'ai touché Dieu bien des fois en tant que vérité. Émotionnellement, j’ai touché Dieu en tant qu'amour. J'ai touché Dieu en tant que bonté. J'ai touché Dieu en tant que gentillesse. Pour moi, Dieu est la force créatrice, un pouvoir de motivation, une intelligence universelle, une omniprésence, l'esprit qui imprègne tout, qui unit toutes les choses ensemble dans l'univers et leur donne vie. Cela rapprochait Dieu. Je ne pouvais pas être là où Dieu n'est pas. Vous êtes à l'intérieur de Dieu et Dieu est à l'intérieur de vous.

* * *

Je travaillais dans un magasin d'articles à bon marché durant mes études secondaires. J'adorais ce travail, spécialement réorganiser les comptoirs pour les rendre plus attrayants. On me laissait même décorer les vitrines parce que j'aimais cela. Eh bien, vous vous en doutez, je coûtais moins cher qu'un décorateur de vitrines!

J'avais deux caisses enregistreuses à mon comptoir. Un jour, alors que je ne n'avais pas la monnaie requise dans une caisse, je suis naturellement allée à l'autre caisse. J'ai enfoncé et fait sonner la touche « aucune vente » et j’ai pris la monnaie. J'ai découvert alors que j'avais commis un péché mortel. J'ai entendu les autres chuchoter: « Elle a fait sonner « Aucune vente » ! ». Le superviseur du plancher est alors venu et m'a dit: « Suis-moi. » Il m'a emmenée à l’écart, près d’un comptoir qui avait besoin d’être placé. Il m'a laissée là, puis il est revenu et m'a dit: « Pourquoi as-tu fait cela? » J'ai répondu : « Je ne sais toujours pas ce que j'ai fait. J'ai simplement pris la monnaie d'une caisse. Je n'ai pas volé d'argent. » Il a répliqué: « On t'a montré à ne jamais appuyer sur « Aucune vente ». J'ai répondu: « On ne m'a rien montré du tout. »

Alors il est allé vers la responsable qui aurait dû me l'enseigner et m’a rétablie dans mes fonctions. Mais à cause de cet incident, elle s'est mise à me détester. Je savais que je devais faire quelque chose à ce sujet. Je suis alors passée devant son bureau et j'ai noté qu'il y avait quelques fleurs fanées. Le lendemain matin, j'ai apporté un magnifique bouquet de fleurs de mon jardin. Je lui ai dit: « J'ai remarqué ces fleurs fanées. Je sais que vous aimez les fleurs et je vous en ai apporté de mon jardin. » Elle n'a pas pu leur résister. À la fin de la semaine, nous sortions du magasin bras dessus, bras dessous !

Je suis certaine qu'on me préparait pour le pèlerinage quand j'ai lu la Règle d'Or en histoire: « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent ». C’était exprimé de plusieurs manières différentes indiquant que chaque culture possède la sienne. J'en ai eu la confirmation intérieure et cela a influencé ma vie entière. En fait, certaines variantes de la Règle d’Or se sont appliquées même dans le pèlerinage. Quand j'étais à l'école secondaire, j'avais une petite devise : Si tu veux te faire des amis, tu dois être amicale. Si vous l'analysez, c'est une variante de la Règle d'Or. C'est la reconnaissance du fait que les gens réagissent selon les influences qui les affectent. Je l’ai adoptée dans ma vie d'aujourd'hui, avec ma petite maxime : Si tu veux faire la paix, tu dois être en paix.

J'ai mis la Règle d'Or en pratique tout juste en finissant mes études. J'avais obtenu un travail qu'une de mes amies voulait et je fus élue à un poste d'un club communautaire qu'elle désirait aussi. J'ai pensé qu'elle me détestait. Elle disait toutes sortes de choses mesquines à mon sujet. Je savais que c'était une situation très malsaine. J'ai donc eu recours à la Règle d'Or. J'ai pensé et j’ai dit tout ce qui pouvait vraiment être dit de gentil à son sujet. J’ai essayé de lui rendre des services. Il semblait être dans mon destin de lui rendre un service important. Pour faire une histoire courte, quand elle s'est mariée l’année suivante, j'étais la dame d'honneur à son mariage. Voyez-vous comment un peu de pratique spirituelle peut nous mener loin?

Je sais qu'on me préparait pour le pèlerinage quand j'ai fait certains choix. Par exemple, j'étais à l’école primaire lorsqu’on m'a offert des cigarettes que j’ai refusées, mais que mes amis ont fumées. À l'école secondaire on m'offrait toutes sortes de boissons alcoolisées que je ne buvais pas, mais que mes amis buvaient. Puis juste après mes études, j'ai eu à passer une sorte de test parce que tous mes amis de cette époque consommaient de l'alcool et du tabac. On était tellement poussé vers la conformité dans ce temps-là (aujourd'hui, ils appellent cela la pression des pairs). Ils me regardaient de travers parce que je ne faisais pas ces choses. Un jour, alors que nous étions rassemblés dans un salon, je leur ai dit: «Écoutez, la vie est une série de choix et personne ne peut vous empêcher de faire vos choix. Mais j'ai aussi le droit de faire mes propres choix. Et j'ai choisi la liberté. »

* * *

J'ai aussi fait deux très importantes découvertes au fil du temps. En premier lieu, j'ai découvert que gagner de l'argent était facile. J'avais été amenée à croire que l'argent et les possessions m'assureraient une vie de bonheur et de tranquillité d'esprit. J'ai donc suivi ce chemin. En deuxième lieu, j'ai découvert que gagner de l'argent et le dépenser à tort et à travers, était complètement dénué de sens. Je savais que ce n'était pas pour cela que j'étais ici, mais à ce moment-là, je ne savais pas exactement pourquoi j'étais ici.

Ce fut réellement la prise de conscience que l'argent et les choses matérielles ne me rendraient pas heureuse qui m'a lancée dans la préparation de mon pèlerinage. Vous vous demandez peut-être ce qui a d’abord pu m’entraîner vers l'argent et les choses. Voyez-vous, on nous enseigne ces principes opposés qui apportent beaucoup de confusion.

J'ai été très favorisée d’avoir été confondue seulement par un de ces ensembles d'opposés. La plupart des gens le sont par les deux.

D'un côté, on m’a entraînée à croire que je devais être gentille, aimante et ne jamais blesser quelqu'un. Ce qui est bien. D’un autre côté, qu’il est en fait honorable de mutiler et de tuer des gens à la guerre si on nous l'ordonne. Même si on donne des médailles pour cela, je ne me suis pas laissée prendre. Je n'ai jamais cru qu'il y avait un moment ou des circonstances où il soit bien pour moi de blesser quelqu’un.

Par contre, l'autre ensemble de principes opposés m'a déroutée pendant un certain temps. On m’a entraînée à être généreuse et altruiste, mais en même temps à foncer et à prendre plus que ma part des biens de ce monde si je voulais avoir du succès. Ces philosophies contradictoires acquises au cours de mon enfance m'ont rendue confuse pendant quelque temps. Mais j'ai fini par déraciner ce faux enseignement.

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CHAPITRE 2: La croissance spirituelle

Mes étapes vers la paix intérieure

EN REGARDANT LE MONDE, dont une si grande partie est pauvre, je me suis sentie de plus en plus inconfortable de posséder autant de biens, tandis que mes frères et soeurs humains n’avaient pas de quoi manger. Il me fallait trouver une autre voie. Le tournant décisif arriva lorsque, désespérée et plongée dans une profonde recherche d’un mode de vie qui aurait du sens, j'ai marché toute une nuit dans les bois. Je suis arrivée à une clairière illuminée par le clair de lune et j'ai prié.

Je me suis sentie totalement consentante, sans la moindre réserve, à donner ma vie - à vouer ma vie - au service des autres. « Je t'en prie, utilise-moi! » ai-je demandé à Dieu. Et une grande paix est venue m'habiter.

Je vous assure que c'est un point de non-retour. Après cela, il n'est plus possible de retourner à une vie complètement centrée sur soi-même.

C’est ainsi que je suis entrée dans la seconde phase de ma vie. J'ai commencé à vivre pour donner ce que je pouvais, au lieu de prendre ce que je pouvais. Et un nouveau monde merveilleux s'est ouvert à moi. Ma vie a commencé à prendre un sens. J'ai obtenu la grande bénédiction d'une bonne santé. Depuis ce temps, je n'ai jamais eu de douleur, de rhume ou de mal de tête. (La plupart des maladies, vous savez, ont une origine psychologique). À ce moment, j'ai su que ma vie serait consacrée à la paix, qu’elle engloberait tous les aspects de la paix : paix entre les nations, paix entre les groupes, paix entre les individus et la très, très importante paix intérieure. Cependant, il y a une grande différence entre vouloir consacrer sa vie et réellement la donner. Pour moi, quinze années de préparation et de recherche de la paix intérieure se sont écoulées entre les deux.

* * *

Je n'étais pas très avancée sur le chemin spirituel quand j'ai pris connaissance de ce que les psychologues désignent comme l'ego et la conscience, que j'appelle le « moi moins élevé » et le « moi plus élevé », ou encore la « nature centrée sur soi » et la « nature centrée sur Dieu ». C'est comme si nous avions deux moi, deux natures ou deux volontés qui ont un point de vue opposé.

Votre moi le moins élevé voit les choses seulement du point de vue de votre bien-être physique. Votre moi le plus élevé considère votre bien-être psychologique ou spirituel. Votre moi moins élevé vous voit comme le centre de l'univers. Votre moi plus élevé vous voit comme une cellule dans le corps de l'humanité. Lorsque vous êtes gouverné par votre moi moins élevé, vous êtes égoïste et matérialiste. Mais dans la mesure où vous suivez les incitations de votre moi plus élevé, vous voyez les choses de manière réaliste et trouvez l'harmonie en vous et dans les autres.

Le corps, le mental et les émotions sont des instruments qui peuvent être utilisés par la nature centrée sur soi ou par la nature centrée sur Dieu. La nature centrée sur soi utilise ces instruments, sans jamais pouvoir les maîtriser complètement. Cela entraîne une lutte constante. Ces instruments ne peuvent être contrôlés entièrement que par la nature centrée sur Dieu.

Quand la nature centrée sur Dieu prend le contrôle, vous avez trouvé la paix intérieure. En attendant ce moment, un contrôle partiel peut être obtenu par la discipline. Cette discipline peut être imposée de l'extérieur par un entraînement précoce, devenu une partie subconsciente de la nature centrée sur soi. Elle peut aussi être une discipline adoptée volontairement: l'auto-discipline. Par conséquent, si vous faites des choses que vous savez que vous ne devriez pas faire et ne voulez pas vraiment faire, vous manquez certainement de discipline. Je recommande la croissance spirituelle et, en attendant, l'auto-discipline.

Durant la période de croissance spirituelle, le conflit intérieur peut être plus ou moins orageux. Le mien était moyen. La nature centrée sur soi est un formidable ennemi et elle se bat avec acharnement pour conserver son identité. Elle se défend de manière très astucieuse et ne doit pas être prise à la légère. Elle connaît les points faibles de votre carapace et tente de vous assaillir au moment où vous vous y attendez le moins. Durant ces périodes d'assaut, maintenez une attitude humble et ne soyez intime avec nul autre que le murmure de votre moi le plus élevé qui vous guide.

Le moi le plus élevé a reçu bien des noms merveilleux de la part des leaders religieux. Certains le nomment la lumière intérieure ou le Christ en vous. Quand Jésus a dit : « Le Royaume de Dieu est en vous », il se référait évidemment à votre moi le plus élevé. Dans un autre passage, il est mentionné : le Christ en vous, votre espoir de gloire, le Christ qui vous habite. Jésus a été appelé le Christ parce que Sa vie a été conduite par ce pouvoir gouvernant plus élevé.

* * *

Quand je parle de mes étapes vers la paix intérieure, j'en parle dans un cadre général, mais le nombre d’étapes est flexible, pouvant être augmenté ou diminué. Ce n'est qu'une manière de présenter les choses. Mais ceci est important: les étapes vers la paix intérieure n'ont pas à être franchies dans un ordre particulier. La première étape pour l'un peut être la dernière pour l'autre. Aussi, franchissez les étapes qui vous paraissent les plus faciles, et au fur et à mesure que vous en franchirez, les autres vous paraîtront plus aisées. En ce domaine, nous pouvons vraiment partager nos expériences. Il se peut que personne parmi vous ne se sente appelé à entreprendre un pèlerinage, et je n'essaie pas de vous inspirer à le faire. Mais nous pouvons échanger au sujet de notre recherche d'harmonie dans nos vies personnelles. Et je soupçonne que lorsque vous m'entendrez mentionner certaines de ces étapes vers la paix intérieure, vous reconnaîtrez en avoir déjà franchi.

Préparations


Préparation 1 - Avoir une bonne attitude face à la vie

Je voudrais mentionner quelques préparations qui m’ont été nécessaires. La première préparation est d'avoir une bonne attitude face à la vie. Cela signifie : cessez de vous évader! Cessez de vivre superficiellement. Il y a des millions de gens qui restent à la surface des choses et qui ne trouvent jamais rien qui en vaille vraiment la peine. Soyez prêts à affronter la vie directement et regardez au-delà des apparences, là où les vérités et les réalités sont présentes. C'est ce que nous faisons ici maintenant.

Il y a toute la question d'avoir une attitude sensée face aux problèmes que la vie peut vous présenter. Si seulement vous pouviez avoir une vue d'ensemble, si vous connaissiez toute l'histoire, vous réaliseriez qu'aucun problème ne survient dans votre vie sans qu’il n'ait sa raison d'être et ne contribue à votre croissance intérieure. Lorsque vous percevrez cela, vous reconnaîtrez que les problèmes sont en réalité des opportunités déguisées. Si vous ne faisiez pas face à ces problèmes, vous dériveriez simplement dans la vie. C'est à travers la résolution de problèmes en accord avec notre lumière la plus élevée que la croissance intérieure s'effectue. Quant aux problèmes collectifs, ils doivent être résolus collectivement. Personne ne trouvera la paix intérieure s'il évite d'apporter sa contribution à la résolution des problèmes collectifs, comme le désarmement mondial et la paix dans le monde. Songeons donc toujours à ces problèmes ensemble, parlons-en ensemble et travaillons collectivement à leur solution.

* * *

Préparation 2 - Harmoniser sa vie avec les lois qui gouvernent cet univers

La seconde préparation consiste à harmoniser sa vie avec les lois qui gouvernent cet univers. La création ne comprend pas seulement les mondes et les êtres, mais également les lois qui les gouvernent. Ces lois qui dirigent la conduite humaine s’appliquent aussi bien au domaine physique qu'au domaine psychologique. Dans la mesure où nous les comprendrons et mettrons nos vies en accord avec elles, nous vivrons en harmonie. Mais si nous désobéissons à ces lois, nous nous créons nous-mêmes des difficultés. Nous sommes nos pires ennemis. Si nous ne sommes pas en harmonie par ignorance, nous souffrons. Mais lorsque c’est en pleine connaissance de cause, nous souffrons encore plus. La souffrance nous pousse à l'obéissance.

Je me suis rendu compte qu'il y a certaines lois bien connues, peu comprises et rarement mises en pratique, que nous devons respecter si nous désirons trouver la paix intérieure ou extérieure. Ces lois énoncent, par exemple, que le mal ne peut être vaincu que par le bien, que seulement de bons moyens peuvent donner un bon résultat et que ceux qui font des choses contraires à l'amour se blessent eux-mêmes spirituellement.

Ces lois sont les mêmes pour tous les êtres humains et doivent être respectées avant que l'harmonie puisse régner.

Je me suis donc consacrée à un projet très intéressant : celui de vivre en accord avec toutes les bonnes choses auxquelles je croyais. Je ne me suis pas éparpillée en les appliquant toutes à la fois. Plutôt, chaque fois que je faisais une chose que je savais que je ne devais pas faire, j'arrêtais de la faire. Je renonce toujours rapidement car c'est la manière facile. Diminuer graduellement est long et difficile. Si je ne faisais pas quelque chose que je savais que je devais faire, je travaillais pour y arriver. Cela a pris un long moment pour que ma manière de vivre rejoigne mes croyances, mais c’est évidemment possible. Maintenant, si je crois en quelque chose, je le vis. Autrement, cela n'aurait aucun sens. Au fur et à mesure que je vivais en accord avec ma lumière la plus élevée, je découvrais que davantage de lumière m'était donnée. Ainsi je m'ouvrais à recevoir plus de lumière en vivant en accord avec la lumière que j'avais.

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Préparation 3 - Trouver sa place unique dans le Plan de la Vie

La troisième préparation concerne quelque chose d’unique à chaque vie humaine parce que chacun de nous a une place spéciale dans le Plan de la Vie. Il n’y a pas deux personnes qui ont exactement le même rôle à jouer dans le Plan de Dieu. Un guide est présent à l'intérieur de nous et tous ceux et celles qui veulent bien l'écouter se sentiront incités à jouer un rôle précis dans l’agencement des choses.

Les lois de Dieu peuvent être connues de l'intérieur, mais elles peuvent également être apprises de l'extérieur, puisqu'elles ont été énoncées par tous les grands enseignants religieux. Le guide divin ne peut cependant être connu que de l'intérieur.

Nous devons rester ouverts au guide divin. Dieu ne nous guide jamais à enfreindre les lois divines. Alors, si un conseil négatif nous parvient, nous pouvons être sûrs qu'il ne vient pas de Dieu. Il revient à chacun de nous de garder notre vie résolument en accord avec les lois divines, qui sont les mêmes pour tous. Les bonnes choses surviennent dans nos vies seulement dans la mesure où nous demeurons en harmonie avec les lois divines.

Quand vous venez en ce monde, vos tâches dans le plan divin sont déjà déterminées. Elles ne demandent qu'à être réalisées et vécues. Si vous ne savez pas encore où est votre place, je suggère que vous la recherchiez dans un silence réceptif. J'avais l'habitude de marcher parmi les beautés de la nature, tout simplement silencieuse et réceptive. Alors, de merveilleuses inspirations me parvenaient.

Vous commencez à jouer votre rôle dans le Plan de la Vie en accomplissant toutes les bonnes choses pour lesquelles vous vous sentez motivé, même si ce ne sont que de petites choses au début. Donnez-leur la priorité dans votre vie sur toutes les choses superficielles qui encombrent généralement les vies humaines.

Tous les matins je pensais à Dieu et aux choses que je pourrais accomplir dans ma journée pour être au service des enfants de Dieu. Dans chaque situation que je rencontrais, je me demandais comment je pouvais rendre service. Chaque jour, j'accomplissais autant de bonnes choses que je pouvais, sans oublier l'importance d'un mot gentil ou d'un sourire jovial. Lorsque certaines choses me semblaient trop énormes à gérer, je priais. Et la prière appropriée mène aux actions appropriées.

J'étais débordante d'enthousiasme pour aider les autres. On pourrait dire qu'en réglant tant de problèmes pour les autres, je les privais de la croissance spirituelle que la résolution de problèmes amène. J'ai tôt réalisé que je devais laisser du travail à d'autres pour qu'ils puissent ainsi être bénis.

Au début, j'ai aidé les gens de façon très simple, en m'occupant des itinérants, par des projets de jardinage et des séances de lecture. J'ai passé du temps dans des maisons privées de personnes âgées et de convalescents, les aidant à surmonter leurs maladies. J'ai travaillé avec des adolescents en difficulté, des gens ayant des difficultés psychologiques ou souffrant de handicaps physiques et mentaux. Mes motifs étaient purs et une grande partie de mon travail a eu un résultat positif. J'ai utilisé ce que j'appelle la thérapie spirituelle: je trouvais toutes les bonnes choses que ceux avec qui je travaillais voulaient faire et je les aidais à les réaliser. Certains s’attachaient trop à moi et je devais travailler à briser l'attachement.

Mon manque de compétence était plus que compensé par l'amour que je prodiguais aux autres. Quand l'amour remplit votre vie, toutes les limitations disparaissent. L’amour est le remède dont ce monde malade a tant besoin.

J'ai aussi fait du bénévolat pour certaines organisations : « l'American Friends Service Committee * », la « Women's International League for Peace and Freedom ** », et le «Fellowship of Reconciliation *** » - sur une période d'au moins dix ans, de manière intermittente.
   * Comité d'entraide des Amis d'Amérique.
   ** Ligue féminine internationale pour la paix et la liberté.
   *** Fraternité de la Réconciliation.

Il y en a qui savent mais qui n'agissent pas. Cela est très triste. Dans cet âge matérialiste nous avons un critère tellement faux concernant la mesure du succès. Nous le mesurons en termes de dollars, de possessions matérielles. Mais le bonheur et la paix intérieure ne vont pas dans ce sens. En vérité, si vous savez mais n'agissez pas, vous êtes une personne très malheureuse.

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Préparation 4 - Simplifier sa vie

Il y a une quatrième préparation : c'est la simplification de la vie. Elle sert à harmoniser, dans notre vie, notre bien-être intérieur et extérieur ainsi que notre bien-être psychologique et physique. Cela a été très facile pour moi. Juste après avoir consacré ma vie à servir, j'ai senti que je ne pouvais plus accepter davantage que ce qu’il m’était nécessaire, alors que d'autres en ce monde ont moins que ce dont ils ont besoin. Cela m'a amené à ajuster ma vie au niveau des besoins essentiels. Je pensais que ce serait difficile. Je pensais que cela entraînerait de dures épreuves, mais je me trompais grandement. Au lieu d'épreuves, j'ai trouvé un merveilleux sentiment de paix et de joie ainsi qu’une conviction que les possessions inutiles ne sont que des fardeaux inutiles.

Durant cette période, j'étais capable de subvenir à mes besoins avec dix dollars par semaine, divisant mon budget en deux catégories. J'allouais $6.50 pour la nourriture et les frais divers et $3.50 pour le logement.

Je ne veux pas laisser entendre que les besoins de tous sont les mêmes. Vos besoins peuvent être bien supérieurs aux miens. Par exemple, si vous avez une famille, vous avez besoin de la stabilité d'un foyer pour vos enfants. Mais j'affirme cependant que tout ce que vous possédez en plus du nécessaire - quelquefois cela inclut aussi des choses au-delà des besoins physiques - tend à devenir un fardeau. Car si vous le possédez, vous devez en prendre soin!

Vivre simplement apporte une grande liberté. Après avoir commencé à éprouver ce sentiment, j'ai trouvé l'harmonie dans ma vie entre le bien-être intérieur et extérieur. Il y a beaucoup à dire à propos d'une telle harmonie, non seulement dans la vie individuelle, mais aussi dans la vie d’une société. Collectivement, nous nous sommes tellement éloignés de l’harmonie, tellement enfoncés dans le matérialisme, que lorsqu’une découverte comme l’énergie nucléaire est apparue, nous avons été capables de l’utiliser pour fabriquer une bombe et tuer des gens! Cela parce que notre bien-être intérieur est tellement décalé par rapport à notre bien-être extérieur. Afin d’équilibrer ces deux aspects nous devrions, à l’avenir, orienter notre recherche vers l’intérieur, vers le spirituel. Ainsi, nous saurons comment utiliser à bon escient le bien-être extérieur que nous possédons déjà.

Purifications

Purification 1 - Purifier son corps

Puis, j'ai découvert que quelques purifications m'étaient nécessaires. La première purification est une chose si simple: c'est la purification du corps. Cela concernait mes habitudes de vie physique. J'avais l'habitude de manger n’importe quels aliments. Je frémis aujourd'hui en pensant à tout ce que je jetais dans ce temple de l'esprit.

Je n'ai pas pris soin de mon temple corporel quand j'étais très jeune. C’est arrivé plus tard dans ma vie. Cinq ans se sont écoulés entre le moment où j'ai totalement accepté de donner ma vie et celui où j’ai commencé à vraiment prendre soin de mon temple corporel - cinq ans! Maintenant je mange principalement des fruits, des noix, des légumes, des grains entiers (préférablement de culture biologique) et peut-être un peu de lait et de fromage. C'est avec cela que je vis et que je marche.

Il fut un temps où j'avais l'habitude de boire du café. La première chose que je faisais en me levant le matin était de prendre mon café. Un matin, comme je finissais ma tasse de café, je l'ai regardée en me disant: « Tu dépends de cela pour te stimuler le matin! Je ne veux plus être une esclave de la caféine. Cela va cesser dès maintenant! » Et cela s'est passé ainsi. Je n'y ai plus jamais touché. Cela m'a manqué durant quelques jours, mais je suis plus forte que cette tasse de café!

J'ai commencé à réaliser que je désobéissais à ma règle de vie qui dit: Je ne demanderai à personne de faire des choses pour moi que je refuserais de faire moi-même. Et comme je ne tuerais aucune créature, pas même un poulet ou un poisson, j'ai donc cessé immédiatement de manger toute forme de chair.

Je n'ai mangé aucune chair depuis de nombreuses années, ni viande, ni poisson, ni volaille. J'ai appris depuis lors que c'est néfaste pour la santé. Mais à cette époque, j'étendais simplement mon amour, non seulement aux êtres humains, mais aussi à toutes les créatures qui sont mes compagnes. Ainsi, j'ai cessé de les blesser et de les manger.

Je ne savais pas à l'époque que manger de la chair était nuisible pour l'esprit. Je savais seulement que c'était quelque chose que je ne pouvais plus faire parce que c'était contraire à l'une de mes règles de vie. Un peu plus tard, j'ai appris d'un médecin que manger de la chair laisse des résidus toxiques dans le corps. Cela m'aurait également convertie au végétarisme. Je crois en la pratique de la prévention puisque le corps est le temple de l'esprit.

Puis, j'ai appris d'un professeur d’université qui a écrit un livre sur le sujet, qu’élever les animaux que nous mangeons prend beaucoup plus d’espace que cultiver des fruits, des légumes et des céréales. Puisque je désire que le plus grand nombre d’enfants de Dieu soient nourris, cela m'aurait également convertie au végétarisme.

La difficulté est que nous n'avons pas encore appris à cesser de nous entretuer. C'est notre apprentissage actuel : ne pas nous entretuer. Apprendre la leçon du partage et la leçon de ne pas nous tuer mutuellement. La leçon de ne pas tuer des créatures viendra un peu plus tard. Mais ceux d'entre nous qui savent doivent vivre selon leur lumière la plus élevée.

Quand j'ai réalisé que la farine blanche et le sucre blanc étaient nuisibles à la santé, j'ai cessé de les consommer. Quand j'ai réalisé que les produits hautement assaisonnés étaient nuisibles, je ne les ai plus mangés. Et quand j'ai réalisé que tous les aliments transformés contiennent des substances qui sont mauvaises pour le corps, j'ai arrêté de les consommer. Même l'eau du robinet est un cocktail chimique. Je suggérerais l'eau embouteillée ou distillée.

J'en sais assez sur les aliments pour nourrir mon corps adéquatement et j'ai une excellente santé. J'apprécie ma nourriture, mais je mange pour vivre. Je ne vis pas pour manger, comme certaines personnes le font. Et je sais quand m'arrêter de manger. Je ne suis pas esclave de la nourriture.

Les gens peuvent encore avoir faim après avoir mangé de grandes quantités de mauvais aliments. En fait, vous pouvez souffrir de malnutrition en mangeant régulièrement trop de mauvais aliments. Vous pouvez commencer une diète santé en ne consommant que des aliments sains disponibles. Mangez lentement et mastiquez bien votre nourriture, comme je le fais. Puis, faites de l'alimentation une partie accessoire de votre vie en vous occupant de tellement de choses importantes que vous n'aurez guère le temps de penser à la nourriture.

Dans mes habitudes de repas et de sommeil, j'ai un contact aussi près qu'il m'est possible avec la nature. Chaque jour je prends autant d'air frais, de soleil et de contact avec la nature que possible. Je veux vivre une grande partie de ma vie à l'extérieur et faire partie de l'environnement. Le repos et l'exercice sont importants. Je ne suis pas une personne qui peut se passer fréquemment de sommeil. Si possible, je me couche à la tombée de la nuit pour avoir huit heures de sommeil. Je fais mon exercice en marchant et en me balançant les bras pour en faire une forme d'exercice complet.

Vous pourriez penser que la purification du corps est la première chose à laquelle les gens accepteraient de travailler. Mais selon mon expérience pratique, c'est souvent la dernière parce que cela signifierait se débarrasser de quelques mauvaises habitudes. Et il n'y a rien auquel nous nous accrochons avec plus de ténacité.

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Purification 2 - Purifier sa pensée

Il y a une seconde purification : la purification de la pensée. Si vous réalisiez toute la puissance de vos pensées, vous n’auriez plus jamais une pensée négative. Elles ont une influence puissante en faveur du bien lorsqu'elles sont positives et elles peuvent vous rendre physiquement malade, si elles sont négatives. Et elles le font. Je ne mange pas de nourriture-poubelle et je n'entretiens pas de pensées-poubelle! Croyez-moi, les pensées-poubelle peuvent vous détruire plus rapidement que la nourriture-poubelle. Il faut se méfier des pensées-poubelle.

Laissez-moi vous raconter l'histoire d'un homme défavorablement affecté par des pensées négatives. Il avait soixante-cinq ans quand je l'ai connu et il manifestait des symptômes de ce qu'on appelle une maladie chronique physique. Quand je lui ai parlé, j'ai réalisé qu'il y avait de l'amertume dans sa vie. Cependant, je n’ai pu en identifier la cause immédiatement parce que je voyais qu'il s'entendait bien avec son épouse, ses enfants adultes et les gens de sa communauté. Mais l'amertume était bien là. J'ai trouvé qu'il nourrissait de l'amertume envers son père décédé depuis longtemps parce que son père avait payé des études à son frère, mais pas à lui. C’était une personne très intellectuelle et je lui ai parlé longuement. Quand lui, l'aîné, était à l'âge des études, son père n'avait pas assez d'argent pour le faire instruire. En fait, la famille était très pauvre à cette époque. Il avait plusieurs soeurs plus jeunes, et je pense que trois d'entre elles n'avaient pas fait d'études non plus. Son frère était le plus jeune. Et quand son tour est arrivé, son père était plus fortuné et a pu lui payer ses études. Il n'enviait pas son frère pour son éducation, mais il pensait seulement qu'il aurait dû l’obtenir aussi. Quand il a réalisé que son père avait fait du mieux qu'il avait pu pour ses deux fils, alors il a été capable de laisser aller cette amertume qu'il entretenait. La maladie supposée chronique commença à s'atténuer. Et bientôt sa santé s'améliora grandement, au point où la maladie disparut complètement.

Si vous entretenez la moindre pensée négative ou la moindre amertume envers quelqu'un, vous devez vous en débarrasser rapidement. Elles ne font de dommage qu’à vous-même. Ce n'est pas suffisant de faire et de dire les bonnes choses, vous devez aussi penser les bonnes choses pour que votre vie devienne harmonieuse.

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Durant la période de préparation je ne m'identifiais pas complètement avec mon vrai Moi. J'étais seulement en apprentissage. Pardonner aux autres avec facilité n’était pas un problème pour moi. Mais j'avais de la difficulté à me pardonner. Si je faisais une chose qui n'était pas la meilleure, je me disais: « Tu aurais pu faire mieux que cela! » Un jour, alors que je me peignais devant le miroir, je me suis regardée en me disant: « Toi, vaniteuse! Pourquoi penses-tu que tu peux faire mieux alors que tu pardonnes à tous les autres de ne pas faire mieux ? Tu n'es pas meilleure qu'eux. »

Vous devez apprendre à vous pardonner aussi aisément que vous pardonnez aux autres. Faites ensuite un pas de plus et utilisez cette énergie que vous preniez à vous condamner pour vous améliorer. Après cela, j'ai vraiment commencé à voir des résultats puisqu'il n’y a qu’une seule personne que nous puissions changer et c'est nous-même. Après que vous vous soyez changé, vous pouvez en inspirer d'autres à vouloir se changer.

Cela a pris un long moment avant que ma manière de vivre ne rejoigne mes croyances, mais finalement cela s'est produit. Quand c’est arrivé, j’ai commencé à progresser et cela n'a jamais cessé. Au fur et à mesure que je vivais selon ma lumière la plus élevée, une lumière de plus en plus grande me parvenait.

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Purification 3 - Purifier ses désirs

La troisième purification est la purification des désirs. Que désirez-vous? Des choses superficielles comme les plaisirs : de nouveaux vêtements à la mode, des meubles ou des automobiles? Puisque vous êtes ici pour vous harmoniser avec les lois qui gouvernent la conduite humaine et pour jouer votre rôle dans le plan des choses, vos désirs doivent converger dans cette direction. Il est très important que vos désirs soient centrés. Ainsi, vous désirerez seulement accomplir la volonté de Dieu pour vous. Vous pouvez parvenir à n’avoir qu’un désir unique : seulement connaître votre rôle dans le Plan de la Vie et le jouer. Quand on y songe, y a-t-il autre chose de réellement plus important à désirer?

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Purification 4 - Purifier ses motivations

Il y a une dernière purification : la purification des motivations.. Quelle est votre motivation dans toutes les choses que vous faites ? Si c'est simplement l'avidité, l'égoïsme ou le désir de glorification personnelle, je vous dirais : « ne faites pas cette chose ». Ne faites rien avec une telle motivation. Mais ce n'est pas facile car nous avons tendance à agir à partir de motifs entremêlés. Je n'ai jamais rencontré une personne qui ait des motifs complètement mauvais. Une telle personne existe peut-être, mais je ne l'ai jamais rencontrée. Par contre, je vois constamment des personnes aux motifs entremêlés : de bons et mauvais motifs mêlés ensemble. Par exemple, j'ai rencontré un homme d'affaires qui admettait que ses motifs n'étaient pas des plus élevés. Cependant, il avait aussi de bons motifs : supporter sa famille, faire le bien dans sa communauté. Des motifs entremêlés!

Je m’adresse à des groupes de personnes qui étudient les enseignements spirituels les plus avancés et, quelquefois, certains se demandent pourquoi rien ne se passe dans leur vie. Leur motif est l'atteinte de la paix intérieure pour eux-mêmes. Ce qui, évidemment, est un motif égoïste. Vous ne la trouverez pas avec ce motif. Si vous voulez trouver la paix intérieure, le motif doit être orienté vers l'extérieur. Le service - naturellement - le service. Donner, et non prendre. Votre motivation doit être bonne pour que vos actions produisent un bon résultat. Le secret de la vie est de servir.

J'ai connu un homme qui était un bon architecte. De toute évidence le travail lui convenait bien, mais il le faisait avec un mauvais motif. Sa motivation était de gagner beaucoup d'argent et d'être au-dessus des autres. C’est ainsi que le surmenage lui attira une maladie. Peu après, je le rencontrai. Je l'ai amené à faire de petites choses pour rendre service. Je lui ai parlé de la joie du service et je savais qu'après l'avoir expérimentée, il ne pourrait plus jamais retourner à une vie réellement centrée sur soi. Nous avons ensuite échangé quelques lettres. Quelques années plus tard je l'ai à peine reconnu lorsque je suis passée le voir. Il avait tellement changé! Mais il était encore architecte. Il dessinait un plan dont il me dit: «Tu vois, je suis en train de le faire de cette façon pour respecter leur budget. Puis, je l’adapterai à leur terrain de manière à ce que cela soit attrayant. » Sa motivation était d'être au service des personnes pour lesquelles il dessinait des plans. Il était si radieux et transformé. Sa femme me raconta que ses affaires avaient prospéré car les gens venaient maintenant à lui de très loin pour leurs plans de maison.

J'ai connu plusieurs personnes qui ont dû changer de travail pour transformer leur vie. Mais j'en ai rencontré beaucoup plus qui n’ont eu qu'à remplacer leur motivation par celle du service, afin de changer leurs vies.

Renoncements

Renoncement 1 - Renoncer à sa propre volonté

La dernière partie concerne les renoncements. Dès que vous avez fait votre premier renoncement, vous avez trouvé la paix intérieure, car il s'agit de l'abandon de sa propre volonté.

Vous pouvez travailler à subordonner le moi moins élevé en vous abstenant de faire les choses nuisibles pour lesquelles vous avez un penchant. Non pas en les supprimant, mais en les transformant pour que votre moi plus élevé puisse prendre le contrôle de votre vie. Si vous êtes porté à faire ou dire du mal, vous pouvez toujours penser à quelque chose de bien. Vous retournez délibérément cette même énergie pour faire ou dire une bonne chose à la place. Cela fonctionne!

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Renoncement 2 - Renoncer au sentiment de séparation

Le second renoncement est celui de l'abandon du sentiment de séparation. Au début, nous commençons par nous sentir très séparé et nous jugeons tout par rapport à nous-même, comme si nous étions le centre de l'univers. Même après avoir reconnu intellectuellement qu’il n’en est pas ainsi, nous continuons à juger les choses de cette manière. En réalité, bien sûr, nous sommes tous des cellules du corps de l'humanité. Nous ne sommes pas séparés de nos frères humains. C'est un Tout, un ensemble unifié. C'est seulement de ce point de vue plus élevé que vous pouvez savoir ce qu'est aimer votre prochain comme vous-même. De ce point de vue plus élevé, il n'y a qu'une façon réaliste de fonctionner : pour le bien de l’ensemble. Aussi longtemps que vous ne travaillez que pour votre petit moi égoïste, vous n'êtes qu'une cellule s’opposant à toutes les autres cellules. Vous êtes alors bien loin de l’harmonie. Mais aussitôt que vous commencez à travailler pour le bien de l’ensemble, vous vous retrouvez en harmonie avec tous vos frères et soeurs humains. Voyez-vous, c'est la manière facile et harmonieuse de vivre.

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Renoncement 3 - Renoncer à tous les attachements

Puis, il y a le troisième renoncement : l’abandon de tous les attachements. Personne n’est vraiment libre s'il est encore attaché aux biens matériels, aux endroits ou aux gens. Les choses matérielles doivent être considérées pour ce qu’elles sont. Elles sont là pour être utilisées. C’est bien de les utiliser puisque c’est leur raison d’être. Mais lorsqu'elles ne vous sont plus utiles, soyez prêts à les abandonner ou peut-être à les céder à quelqu'un qui en a besoin. Tout ce que vous ne pouvez pas abandonner lorsqu’il ne vous sert plus, vous possède. Et dans cette ère matérialiste, un grand nombre d'entre nous sommes possédés par nos possessions. Nous ne sommes pas libres.

Je me suis considérée libérée bien avant que cela ne devienne la mode. D'abord, je me suis libérée des habitudes débilitantes, puis des pensées combatives et agressives. J'ai aussi écarté toute possession inutile. Voilà, il me semble, la vraie libération.

Il y a une autre sorte de possessivité. Vous ne possédez aucun autre être humain, même si vous êtes intimement liés. Nul mari ne possède sa femme et nulle femme ne possède son mari. Aucun parent ne possède ses enfants. Quand nous pensons que nous possédons les gens, nous avons tendance à diriger leur vie à leur place. Cela génère des situations très inharmonieuses. C'est seulement lorsque nous réalisons que nous ne les possédons pas et qu'ils doivent vivre selon leurs propres motivations intérieures, que nous cessons de tenter de mener leur vie à leur place. Alors, nous découvrons que nous pouvons vivre en harmonie avec eux. Tout ce que vous essayez de tenir captif vous tiendra captif. Si vous désirez la liberté, vous devez donner la liberté.

Les associations formées au cours de cette vie terrestre ne durent pas nécessairement toute la vie. La séparation se produit constamment. Tant qu’elle se fait amicalement, non seulement elle ne génère aucun dommage spirituel, mais elle peut même aider au progrès spirituel.

Nous devons être capables d'apprécier et de profiter des endroits où nous demeurons et, en même temps, aller de l'avant sans angoisse lorsque nous sommes appelés ailleurs. Au cours de notre développement spirituel, nous avons souvent à nous déraciner et à fermer bien des chapitres de nos vies, jusqu'à ce que nous ne soyons plus attachés à aucune chose matérielle et que nous puissions aimer toutes les personnes sans leur être attachées.

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Renoncement 4 - Renoncer à toutes les émotions négatives

Enfin, le dernier renoncement est celui de l’abandon de toutes les émotions négatives. Je ne veux mentionner qu'une seule émotion négative que les personnes les plus sympathiques du monde expérimentent encore. Cette émotion négative, c'est l'inquiétude. L'inquiétude, ce n'est pas la même chose que l'intérêt qui vous motive à faire tout ce qui est en votre pouvoir dans une situation. L'inquiétude est une rumination inutile des choses que nous ne pouvons pas changer.

Un dernier commentaire sur les émotions négatives qui m’a été d’une aide précieuse à un moment donné et qui l’a été pour d'autres aussi, est qu’aucune chose externe (rien, ni personne de l'extérieur) ne peut me blesser à l'intérieur, psychologiquement. Je me suis rendu compte que je ne pouvais être blessée psychologiquement que par mes propres mauvaises actions, sur lesquelles j'ai le contrôle; par mes propres mauvaises réactions (elles sont imprévisibles, mais j'en ai le contrôle également); ou par ma propre inaction dans certaines situations, comme l'actuelle situation mondiale qui nécessite une action de ma part. Quand j'ai réalisé cela, je me suis sentie tellement libre! Et j'ai cessé de me blesser moi-même. Aujourd'hui, quelqu'un pourrait m'infliger le pire des tourments et je ne ressentirais qu’une profonde compassion pour cette personne qui n’est pas en harmonie, cette personne malade, capable de faire de telles choses. Je ne me blesserais certainement pas moi-même avec une réaction d'amertume ou de colère. Vous avez le plein contrôle sur le fait d’être psychologiquement blessé ou non. Vous pouvez cesser de vous blesser vous-même aussitôt que vous le désirez.

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Ce sont mes étapes vers la paix intérieure que je voulais partager avec vous. Il n'y a là rien de nouveau. C'est la vérité universelle. J'en ai simplement parlé dans des mots de tous les jours, à partir de mon expérience personnelle. Les lois qui gouvernent cet univers nous font du bien aussitôt que nous leur obéissons. Tout ce qui leur est contraire ne dure pas longtemps car il contient les germes de sa propre destruction. Le bon en chaque vie humaine nous permet toujours d’obéir à ces lois. Nous avons le libre choix au sujet de tout ceci. Par conséquent, dès que nous obéissons, nous trouvons l'harmonie, à la fois à l’intérieur de nous et à l’intérieur de notre monde. Cela dépend de nous.

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Durant cette période de croissance spirituelle, j'ai voulu connaître et accomplir la volonté de Dieu pour moi. La croissance spirituelle n'est pas facile à atteindre, mais elle mérite de faire l'effort. Elle prend du temps, comme toute croissance prend aussi du temps. On doit se réjouir des petits pas qui ont été faits et ne pas être impatient, car l'impatience ralentit la croissance.

Le chemin du renoncement graduel aux choses qui entravent le progrès spirituel est un chemin difficile, car la récompense ne vient réellement que lorsque l'abandon est complet. Le chemin du renoncement rapide est une voie facile, car il donne des bénédictions immédiates. Et quand Dieu remplit votre vie, Ses cadeaux débordent au point de bénir tout ce que vous touchez.

Pour moi, ce fut une libération de l'artifice de l'illusion pour une entrée dans la richesse de la réalité. Aux yeux du monde, il peut sembler que j'ai laissé tomber beaucoup de choses. J'ai laissé tomber des possessions qui étaient des fardeaux, perdant mon temps futilement, faisant des choses que je savais que je ne devais pas faire et ne faisant pas des choses que je savais que je devais faire. Mais à mes yeux, j'y ai beaucoup gagné, incluant les trésors inestimables de la santé et du bonheur.

L'atteinte de la Paix Intérieure

Il y a eu des collines et des vallées, beaucoup de collines et de vallées, dans cette période de croissance spirituelle. Puis, au milieu de cette lutte, est survenue une magnifique expérience de sommet de montagne. Le premier aperçu de ce qu'était une vie de paix intérieure.

C’est arrivé alors que je marchais au petit matin. Subitement, je me suis sentie soulevée très haut, plus que je ne l'avais jamais été. Je me souviens avoir fait alors l'expérience d'être hors du temps, hors de l'espace et hors de la gravité. Je ne semblais plus marcher sur terre. Il n'y avait aucune personne ou animal autour, mais chaque fleur, chaque buisson, chaque arbre semblait porter un halo. Il y avait une émanation de lumière autour de toute chose et de la poussière d'or semblait tomber de manière inclinée comme la pluie dans l'air ambiant. Cette expérience est parfois appelée la période d'illumination.

Le plus important ne fut pas le phénomène. L’important fut la prise de conscience de l’unité de toute la création, non seulement des êtres humains. Auparavant, je savais que tous les êtres humains ne faisaient qu’un, mais à ce moment, j’ai su qu’il y avait aussi l’unité avec le reste de la création : avec les créatures qui marchent sur la terre et les plantes qui y croissent, avec l'air, l'eau et la terre elle-même. Le plus merveilleux de tout fut le sentiment d'unité avec ce qui imprègne tout, unit tout ensemble et donne vie à tout. Une unité avec ce que plusieurs appelleraient Dieu.

Je ne me suis jamais sentie séparée depuis. Je peux retourner encore et encore à ce merveilleux sommet. Je peux aussi y demeurer de plus en plus longtemps et n'en revenir que pour de courtes périodes.

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L'inspiration du pèlerinage m’est venue durant cette période. J'étais assise en haut d'une colline surplombant un paysage rural de la Nouvelle Angleterre. La veille, j'avais glissé hors de l'harmonie et j'avais dit intérieurement à Dieu : « Il me semble que si je pouvais toujours demeurer en harmonie, je serais d'une plus grande utilité, car chaque fois que j'en sors, mon utilité diminue. »

Quand je me suis réveillée à l'aube, j'étais de nouveau sur le sommet de la montagne spirituelle avec une sensation merveilleuse. Je savais que je n’aurais plus jamais besoin de descendre dans la vallée. Je savais que pour moi, le combat était terminé, que j'avais finalement réussi à faire don de ma vie ou à trouver la paix intérieure. Encore une fois, c'est un point de non-retour. Vous ne pouvez plus jamais retourner dans le combat. Le combat est maintenant terminé parce que vous ferez la bonne chose sans y être contraint.

J'ai continué un certain temps à cheminer seule avec Dieu. Puis, une idée m'a traversé l'esprit: j'ai senti une forte motivation intérieure pour le pèlerinage, pour cette manière spéciale de témoigner pour la paix.

Je me suis vue, intérieurement, marchant et portant la tunique de ma mission. J'ai vu une carte des États-Unis sur laquelle les grandes villes étaient soulignées. Comme si quelqu'un avait tracé avec un crayon de couleur une ligne zigzaguant d'un océan à l'autre, de Los Angeles à New York. Je savais ce que je ferais. C'était la vision de la route de ma première année de pèlerinage en 1953!

Je suis entrée dans un monde nouveau et merveilleux. Ma vie a été bénie par un objectif plein de sens.

* * *

Cependant, le progrès n'était pas terminé. Beaucoup de progrès s’est réalisé dans cette troisième phase de ma vie. C’est comme si le centre du puzzle de ma vie était complet, clair et immuable alors qu’autour, sur les bords, d'autres pièces continuaient à se placer. Le bord est toujours en croissance, mais le progrès est harmonieux. C’est un sentiment de toujours être entourée par toutes les bonnes choses comme l'amour, la paix et la joie. C'est comme une enveloppe protectrice, une assurance intérieure inébranlable qui permet de traverser toute situation qui se présente.

Le monde peut vous regarder et croire que vous faites face à de grands problèmes, mais il y a toujours les ressources intérieures pour facilement en venir à bout. Rien ne paraît difficile. Il y a un calme, une sérénité et une absence de précipitation (plus aucun effort pénible ou tension à propos de quoi que ce soit). Voilà une chose très importante que j'ai apprise. Si votre vie est en harmonie avec votre rôle dans le Plan de la Vie et, si vous êtes obéissant aux lois qui gouvernent cet univers, alors la vie est remplie et bonne, mais jamais surchargée. Si elle est surchargée, alors vous faites plus que ce que vous devriez faire, plus que votre part dans le Plan total des choses.

En somme, la vie est plutôt faite pour donner que pour prendre. Lorsque vous vous concentrez à donner, vous découvrez que tout comme vous ne pouvez recevoir sans donner, vous ne pouvez non plus donner sans recevoir, même les choses les plus merveilleuses comme la santé, le bonheur et la paix intérieure. Donner apporte un sentiment d'énergie infinie, inépuisable, qui semble aussi illimitée que l'air. Vous vous sentez branché à la source de l'énergie universelle.

Vous maîtrisez alors votre vie. Votre nature la plus élevée, contrôlée par Dieu, contrôle le corps, le mental et les émotions. L'ego n'est jamais vraiment en contrôle. L'ego est contrôlé par des désirs de confort et de commodité de la part du corps, par des exigences du mental et par des explosions d’émotions.

Je peux dire à mon corps : « Couche-toi là sur le plancher de ciment et dors » et il obéit. Je peux dire à mon mental : « Interromps toutes tes autres activités et concentre-toi sur la tâche à accomplir » et il est obéissant. Je peux dire à mes émotions: « Restez tranquilles, même dans cette situation terrible » et elles restent tranquilles. Un grand philosophe a dit : celui qui semble hors cadence suit peut-être un autre joueur de tambour. Et vous suivez alors un joueur de tambour différent : la nature plus élevée au lieu de la nature moins élevée.

Lorsque vous avez accompli la croissance spirituelle, vous réalisez que chaque être humain est d'égale importance, a un rôle à jouer dans ce monde et possède un potentiel égal. Nous sommes à différentes étapes de la croissance. Cela est vrai parce que nous avons le libre arbitre. Vous avez la liberté de décider si vous voulez terminer la croissance du mental et des émotions. Beaucoup choisissent de ne pas le faire. Vous êtes libre de décider de commencer la croissance spirituelle. Son début correspond au moment où vous vous sentez complètement consentant, sans aucune réserve, à abandonner la vie centrée sur soi. La plupart des gens ne le choisissent pas. Mais ce qui m’a préparée au pèlerinage que je fais aujourd’hui, c’est d’avoir fait cette croissance et d’avoir trouvé la paix intérieure.

* * *

En regardant à travers les yeux de la nature divine, vous voyez l'essence à l'intérieur de la manifestation, le créateur à l’intérieur de la création. C'est un monde magnifique, magnifique!

* * *

Je me suis rendue compte en 1952 que c'était le bon moment pour démarrer un pèlerinage. La guerre de Corée battait son plein et l'ère McCarthy était à son plus fort. Il fut un temps où les comités du Congrès considéraient les gens coupables jusqu'à ce qu'ils prouvent leur innocence. Il y avait un climat de grande peur à cette époque et il était plus sûr d’être apathique. Oui, c'était certainement un temps propice à l'arrivée d'un pèlerin, car le rôle d'un pèlerin est de secouer les gens de leur apathie et de les amener à réfléchir.

Avec les derniers sous qui me restaient, j'ai acheté non seulement du papier et des stencils pour mes premiers messages, mais aussi du tissu pour ma première tunique. Même si je l'avais dessinée, la confection fut réalisée par une dame de Californie et le lettrage, par un dessinateur d'enseignes. La première fois que je l'ai enfilée, ma réaction a été une magnifique sensation de « c'est exactement cela ». Je l'ai immédiatement acceptée.

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CHAPITRE 3: Le pèlerinage



UN PÈLERIN EST UN VAGABOND QUI A UN BUT. On peut aller en pèlerinage à un endroit précis. C'est le type le plus connu. Mais on peut aussi faire un pèlerinage pour obtenir quelque chose. Le mien est pour la paix. C'est pourquoi je suis un Pèlerin de la paix [ « Peace Pilgrim »].

Mon pèlerinage couvre tous les aspects de la paix: paix entre les nations, paix entre les groupes, paix dans notre environnement, paix entre les individus et la très, très importante paix intérieure, de laquelle je parle le plus souvent parce que c'est là où la paix commence.

La situation dans le monde qui nous entoure est simplement le reflet de la situation collective. En dernière analyse, nous ne vivrons dans un monde plus pacifique que lorsque nous deviendrons nous-mêmes plus pacifiques.

Au Moyen Âge, les pèlerins allaient dans le monde comme les disciples étaient envoyés: sans argent, sans nourriture, sans vêtements adéquats. Je pratique cette tradition. Je n'ai aucun argent. Je n'accepte pas d'argent dans mon pèlerinage. Je ne suis rattachée à aucune organisation et il n’y a pas d’organisation qui me supporte. Je possède seulement ce que je porte sur moi. Il n'y a rien qui m'attache. Je suis aussi libre qu'un oiseau planant dans le ciel.

Je marche jusqu'à ce qu’on me donne un abri. Je jeûne jusqu'à ce qu'on me donne à manger. Je ne le demande pas. On me le donne sans que je le demande. Comme les gens sont bons! Il y a une étincelle de bonté en chacun, même si elle est enfouie profondément. Elle attend de diriger votre vie glorieusement. Je l'appelle la nature centrée sur Dieu ou la nature divine. Jésus l'a appelée le Royaume de Dieu à l'intérieur de nous.

Un pèlerin marche en priant. Il marche aussi pour saisir l'opportunité d'entrer en contact avec plusieurs personnes et peut-être les inspirer à faire quelque chose pour la paix à leur manière. C'est dans ce but que je porte ma courte tunique où il est écrit PÈLERIN DE PAIX sur le devant et 25 000 milles à pied pour la Paix dans le dos. Cela me permet d’avoir des contacts de la manière la plus aimable. Et j'aime être aimable.

Vous êtes dans une bien meilleure position pour parler avec les gens lorsqu'ils vous approchent eux-mêmes, que lorsque vous les approchez. Les personnes attirées vers moi sont réellement intéressées par un certain aspect de la paix ou ont simplement une bonne et vive curiosité. Les deux types sont de très bonnes personnes. Alors, j'ai le temps de partager avec les gens mon message de paix qui se résume en une phrase:

Voici la voie de la paix : surmontez le mal par le bien,
le mensonge par la vérité et la haine par l'amour.

La Règle d'Or ferait tout aussi bien l'affaire. Il n'y a là rien de nouveau, sauf son application pratique. Comme je considère que c’est l'enseignement approprié à notre époque, il devient le message de mon pèlerinage de paix. S’il vous plaît, ne dites pas à la légère que ce ne sont que des concepts religieux qui ne sont pas pratiques. Ce sont des lois qui régissent la conduite humaine et qui s’appliquent avec autant de rigueur que la loi de la gravité. Quand nous ne tenons pas compte de ces lois dans tous les aspects de la vie, le chaos en résulte. Par le respect de ces lois, ce monde qui est le nôtre entrera dans une période de paix et de prospérité au-delà de nos rêves les plus chers.

Le mot-clé pour notre époque est pratiquer. Nous avons toute la lumière nécessaire. Nous n’avons qu’à la mettre en pratique.

* * *

Ce qui me permet de marcher n'est pas l’énergie de la jeunesse, mais une meilleure énergie. Je marche grâce à l’énergie illimitée de la paix intérieure qui ne s'épuise jamais! Quand vous devenez un canal à travers lequel oeuvre Dieu, il n'y a plus de limitations parce que Dieu accomplit son oeuvre à travers vous. Vous êtes simplement l'instrument. Et ce que Dieu peut accomplir est illimité. Quand vous travaillez pour Dieu, vous ne sentez plus l'effort et la tension. Vous devenez calme, serein et sans aucune précipitation.

Mon pèlerinage n'est pas une croisade qui évoque la violence. Il n'y a aucune tentative d’imposer quoi que ce soit aux gens. Un pèlerinage est un paisible voyage de prière et d'exemple. Ma marche est avant tout une prière pour la paix. Si vous faites de votre vie une prière, vous intensifiez la prière au-delà de toute mesure.

En entreprenant ce pèlerinage, je ne me vois pas moi-même comme un individu mais plutôt comme la personnification du coeur du monde implorant la paix. L'humanité, avec des pas apeurés et chancelants, marche sur la marge étroite entre un chaos effroyable et une nouvelle renaissance. Des forces puissantes poussent vers le chaos. Pourtant il y a de l'espoir. Je vois l'espoir à travers le travail infatigable de quelques âmes dévouées. Je vois l'espoir dans le réel désir de paix au coeur de l'humanité, même si la famille humaine avance vers la paix en tâtonnant à l’aveuglette, sans savoir où elle va.

Mon pèlerinage me donne l’opportunité de parler avec mes frères et soeurs humains de la voie de la paix. C'est aussi pour assumer ma part de responsabilité, par action ou omission, dans la situation tragique dans laquelle se trouve le monde d'aujourd'hui. C'est une prière pour que notre monde fatigué de la guerre puisse, d’une manière ou d’une autre, trouver le chemin de la paix avant que l'holocauste ne survienne.

Ma mission est d'aider à promouvoir la paix en aidant les autres à trouver la paix intérieure. Si je peux la trouver, vous le pouvez aussi. La paix est une idée pour laquelle le temps est venu.

* * *

J'ai commencé mon pèlerinage le premier janvier 1953. C'est en quelque sorte mon anniversaire spirituel. Ce fut une période pendant laquelle j'ai expérimenté la fusion avec le Tout. Fini le temps où je n'étais qu'une graine enfouie dans le sol. Je me suis sentie comme une fleur s'élevant vers le soleil sans effort. Ce jour-là je suis devenue un vagabond dépendant de la bonté des autres. Ce serait un pèlerinage à la manière traditionnelle: à pied et avec foi. J'ai laissé derrière moi toute revendication de nom, d'histoire personnelle, de possessions et d'affiliations.

Ce serait un voyage merveilleux.

Le lieu de naissance de mon pèlerinage a été le défilé du Tournoi des Roses à Pasadena, en Californie. Je marchais à la tête du défilé, parlant aux gens et leur donnant des messages de paix. L'ambiance de congé ne semblait pas diminuer l'intérêt sincère pour la paix. À mi-parcours, un policier posa sa main sur mon épaule et j'ai pensé qu'il allait me demander de sortir du défilé. Au lieu de cela, il a dit: « Il en faudrait des milliers comme vous. »

Ce qui m'est arrivé au début, dans la région de Los Angeles, était presque miraculeux. Tous les canaux de communication s'ouvraient à moi et à mon petit message de paix. J'ai passé des heures à être interviewée et photographiée par les journalistes. L'histoire de ce pèlerinage et même ma photographie furent transmises par tous les services de presse. En plus de participer à deux émissions de télévision en direct, j'ai passé bien des heures d'enregistrement pour les actualités radiophoniques et télévisées.

Tout au long de mon parcours entre Los Angeles et San Diego, les journaux se sont montrés intéressés. À San Diego, j'ai fait une émission de télévision et quatre émissions de radio. La direction du Conseil des Eglises de San Diego approuva mon message et mes trois pétitions. Elles furent largement diffusées dans les églises.

* * *

Quand je n'étais pas sur la route, je parlais et je rassemblais des signatures pour les trois pétitions sur la paix que je transportais. La première était un bref appel à l'établissement immédiat de la paix en Corée. Elle disait: Arrêtons la guerre meurtrière en Corée! Puis gérons cette situation conflictuelle en accord avec les seuls principes qui peuvent la résoudre : surmonter le mal par le bien, le mensonge par la vérité et la haine par l'amour. »

La deuxième pétition était adressée au Président et aux députés, demandant la création d'un ministère de la Paix. Elle disait: « Voici la voie de la paix: surmontez le mal par le bien, le mensonge par la vérité et la haine par l'amour. Nous demandons la création d'un ministère de la paix, avec un ministre de la paix qui acceptera ces principes. Tous les conflits intérieurs et extérieurs seraient référés à ce ministère. »

La troisième pétition était un appel adressé aux Nations Unies et aux dirigeants du monde, pour le désarmement et la reconstruction. « Si vous voulez trouver le chemin de la paix, vous devez surmonter le mal par le bien, le mensonge par la vérité et la haine par l'amour. Nous vous supplions de nous libérer tous de l'écrasant fardeau des armes, de nous libérer de la haine et de la peur, afin qu’ainsi nous puissions nourrir nos affamés, reconstruire nos villes détruites et expérimenter la richesse de la vie qui ne peut survenir que dans un monde désarmé et nourri. »

Au cours de mon pèlerinage, j’accumulais des signatures de personnes, de groupes pour la paix, d'églises et d'organisations. Je les entreposais dans un sac que je transportais pour cela. Au terme de ma première marche à travers le pays, je les ai présentées à des représentants de la Maison Blanche et des Nations Unies. Je suis reconnaissante du fait qu’avant la fin de la première année, on ait répondu, au moins en partie, à ma première pétition « Arrêtons la guerre meurtrière en Corée. »

* * *

A Tijuana, au Mexique, juste de l’autre côté de la frontière au sud de San Diego, j’ai été reçue par le maire et il m’a donné un message à remettre au maire de New York. J’ai aussi transporté un message des amérindiens de Californie aux amérindiens d’Arizona.

En passant à San Diego cette première année, j’ai parlé pour la première fois en public. Une enseignante d’école secondaire s’est approchée de moi sur la rue et m’a demandé si je voulais parler à ses élèves. Je lui ai dit en toute franchise, qu’en tant que Pèlerin de Paix je n’avais encore jamais parlé à un groupe. Elle m’a assuré que tout irait bien et m’a seulement demandé si je voulais répondre aux questions des étudiants. J’ai accepté. Si vous avez quelque chose de valable à dire, vous pouvez le dire. Autrement, pourquoi donc voudriez-vous parler?

Pour moi, ce n’est pas un problème de parler devant un groupe. Quand vous vous êtes complètement abandonné à la volonté de Dieu, le chemin semble facile et joyeux. Ce n’est qu’avant de s’abandonner complètement que le chemin semble difficile. Quand je parle, l’énergie s’écoule à travers moi comme l’électricité dans un fil.

Au début, mes engagements à parler en public s’organisaient souvent sous l’impulsion du moment. Un jour, comme je passais devant une école, le directeur est sorti et m’a dit : «Mes étudiants vous regardent par la fenêtre. Si vous voulez venir leur parler, nous les réunirons dans le gymnase. » Et il en fut ainsi.

Puis vers midi, un homme d’un club civique s’est approché de moi et a dit : « Mon orateur nous a laissé tomber. Viendrez-vous parler à notre déjeuner ? » Et naturellement je l’ai fait.

Le même après-midi, un professeur d’université qui s’en allait donner son cours, m’a arrêtée: « Est-ce que je peux vous amener auprès de mes étudiants ? » Et ainsi j’ai parlé devant sa classe.

Le soir, un pasteur et son épouse qui se rendaient à un souper paroissial m’ont arrêtée et m’ont dit: « Voulez-vous venir manger avec nous et nous parler ? » Et j’ai accepté. Ils m’ont aussi donné un lit pour la nuit. Et tout cela s’est produit en une journée, pendant que je marchais, et sans aucun engagement préalable.

À présent je suis très occupée : je parle en faveur de la paix dans les universités, les écoles secondaires, les églises, etc.. Mais je suis toujours heureuse d’être ainsi occupée. Ma devise « Les choses importantes en premier » m’a permis de respecter mes engagements à donner des conférences, de maintenir ma correspondance à jour et aussi de marcher.

Une fois, à Cincinnati, j’ai prononcé sept sermons dans sept lieux de culte différents au cours de la même journée. Ce dimanche particulier, j’ai donné congé aux pasteurs locaux !

Aucune quête n’est permise aux rencontres qui ont lieu pour moi. Je n’accepte jamais un sou pour le travail que je fais. Tout l’argent qui m’est envoyé par la poste est utilisé pour publier ma documentation, envoyée gratuitement à quiconque la demande.

La vérité est une perle sans prix. On ne peut pas obtenir la vérité en l’achetant. Tout ce que vous pouvez faire c’est de rechercher la vérité spirituelle et lorsque vous serez prêt, elle vous sera donnée gratuitement. La vérité spirituelle ne devrait pas être vendue non plus, car le vendeur pourrait être blessé spirituellement. Vous perdez le contact spirituel à partir du moment où vous le commercialisez. Ceux qui possèdent la vérité ne l’emballerait pas, ni ne la vendrait. Donc, quiconque la vend ne la possède pas vraiment.

* * *

Quand j’ai débuté, je pensais que le pèlerinage entraînerait quelques épreuves. Mais j’étais déterminée à vivre au niveau de mes besoins essentiels, c’est-à-dire que je ne désirais pas plus que ce dont j’avais besoin, alors que d’autres ont moins que ce dont ils ont besoin. La pénitence du pèlerin est la volonté de passer par des épreuves pour l’accomplissement d’un bon objectif. J’étais consentante. Quand les épreuves sont arrivées, je me suis retrouvée soulevée au-dessus d’elles. Au lieu des épreuves, j’ai trouvé un merveilleux sentiment de paix et de joie ainsi que la conviction que je suivais la volonté de Dieu. Plutôt que des épreuves, des bénédictions pleuvent sur moi.

Je me souviens que ma première leçon du pèlerinage fut d’apprendre à recevoir. J’avais été du côté donnant pendant plusieurs années. J’avais besoin d’apprendre à accepter avec autant de grâce que j’avais été capable de donner, pour permettre à l’autre d’expérimenter la joie et la bénédiction du don. C’est si beau quand vous vivez pour donner. Pour moi, c’est la seule façon de vivre parce qu’en donnant, vous recevez des bénédictions spirituelles.

J’ai eu des tests difficiles au début de mon pèlerinage. La vie est une série de tests. Si vous les réussissez, vous les considérez après-coup comme de bonnes expériences. Je suis contente d’avoir vécu ces expériences.

Si vous avez une attitude aimante et positive envers vos frères et soeurs humains, vous ne les craindrez pas. « L’amour parfait chasse toute peur ».

Une nuit, une épreuve m’attendait au milieu du désert californien. La circulation automobile s’était tout simplement arrêtée et il n’y avait aucune maison à plusieurs kilomètres aux alentours. J’ai vu une voiture stationnée sur le côté de la route. Le conducteur m’a appelée en me disant : « Viens à l’intérieur et réchauffe-toi. » J’ai dit : « Je ne voyage pas en automobile. » Il a dit : « Je ne vais nulle part, je suis juste stationné ici. » Je suis montée dans la voiture et j’ai regardé l’homme. C’était un homme costaud et corpulent. La plupart des gens auraient dit que c’était un individu d’allure plutôt rude. Après avoir conversé un certain temps, il a dit : « Hé, tu n’aimerais pas faire un petit somme? » Et j’ai dit : « Oh, oui, j’en ferais certainement un! » Et je me suis recroquevillée puis endormie. Quand je me suis réveillée, j’ai vu que l’homme était très perplexe à propos de quelque chose. Après que nous ayons parlé assez longuement, il a admis que lorsqu’il m’avait demandé d’entrer dans la voiture, il ne me voulait certainement pas du bien, ajoutant : « Quand tu t’es recroquevillée si confiante et que tu t’es endormie, je ne pouvais tout simplement pas te toucher! »

Je l’ai remercié pour l’abri et j’ai commencé à m’éloigner en marchant. Puis, j’ai regardé derrière moi et je l’ai vu fixer le ciel. J’ai espéré qu’il avait trouvé Dieu cette nuit-là.

Personne ne marche en aussi grande sécurité que celui qui marche humblement et de manière inoffensive, avec un grand amour et une grande foi. Car une telle personne atteint directement ce qu’il y a de bon chez les autres (et il y a du bon en chacun). Par conséquent, elle ne peut pas être blessée. Cela fonctionne entre les individus. Cela fonctionne entre les groupes. Cela fonctionnerait aussi entre les nations si elles avaient le courage d’essayer.

* * *

Une fois, j’ai été frappée par un adolescent perturbé que j’avais amené marcher. Il voulait faire une randonnée difficile. Mais il craignait d’y aller seul, au cas où il se casserait une jambe et se retrouverait seul là-bas, gisant par terre. Tout le monde avait peur de l’accompagner. C’était un grand garçon costaud qui ressemblait à un joueur de football [rugby américain]. Il était aussi reconnu pour être parfois violent. Une fois, il avait battu sa mère si gravement qu’elle avait dû passer plusieurs semaines à l’hôpital. Comme tous avaient peur de lui, je lui ai offert de l’accompagner.

Quand nous avons atteint le sommet de la première colline, tout allait bien. Puis il y eut un orage. Il était terrifié parce que l’orage était tout près. Soudainement, il a perdu les pédales et s’est précipité sur moi, en me frappant. Je ne me suis pas enfuie même si j’imagine que j’aurais pu, car il portait un sac très lourd sur son dos. Mais même pendant qu’il me frappait, je ne pouvais ressentir que la plus profonde compassion envers lui. Comme c’est terrible d’être si psychologiquement malade que vous puissiez frapper une dame âgée sans défense! J’ai baigné sa haine dans l’amour même pendant qu’il me frappait. Et comme résultat, les coups cessèrent.

Il dit : « Vous n’avez pas riposté! Ma mère me retourne toujours mes coups ». À cause de son trouble, l’absence de réaction avait atteint le bon en lui. Oh! le bon est là, peu importe à quelle profondeur il est enfoui. Il a expérimenté le remords et un complet repentir.

Que sont quelques bleus sur mon corps comparés à la transformation d’une vie humaine? Pour faire une histoire courte, il n’a plus jamais été violent. Aujourd’hui, il est une personne utile en ce monde.

* * *

À une autre occasion, j’ai eu à défendre une frêle fillette de huit ans contre un homme costaud qui allait la battre. La fillette était terrifiée. Ce fut mon test le plus difficile. J’étais dans un ranch et les membres de la famille étaient allés en ville. La petite fille ne voulait pas les accompagner. Comme j’étais là, ils me demandèrent si je voulais veiller sur l’enfant. Tandis que j’écrivais une lettre près de la fenêtre, j’ai vu une voiture arriver. Un homme est sorti de l’automobile. Quand la fillette l’aperçut, elle se mit à courir. Il la pourchassa jusque dans une grange. Je me suis alors précipitée immédiatement vers la grange. Terrifiée, la fillette était recroquevillée dans un coin, tandis qu’il avançait lentement vers elle d’un pas déterminé.

Vous connaissez le pouvoir de la pensée. Vous créez constamment par la pensée et vous attirez à vous ce que vous craignez. Je savais donc qu’elle était en danger à cause de sa peur. Je n’ai peur de rien et j’attends le bien. Donc le bien arrive!

Je me suis immédiatement placée entre l’homme et la fillette. Je me suis juste tenue droite et j’ai regardé ce pauvre homme, psychologiquement malade, avec une compassion aimante. Il s’est approché et s’est arrêté! Il m’a regardé pendant un long moment. Puis il s’est retourné et s’est éloigné. La fillette était alors en sécurité. Il n’y a pas eu un mot d’échangé.

Maintenant, imaginez quelle était l’alternative? Supposez que j’aie été assez idiote pour oublier la loi de l’amour en le frappant et en me basant sur la loi de la jungle ? J’aurais certainement été battue, peut-être même à mort, et possiblement la petite fille aussi! Ne sous-estimez jamais le pouvoir de l’amour de Dieu, car il transforme! Il atteint l’étincelle de bonté dans l’autre personne et la personne est désarmée.

Quand j’ai commencé mon pèlerinage, je marchais avec deux buts. L’un était d’entrer en contact avec les gens, ce que je fais encore aujourd’hui. L’autre était celui d’une discipline de prière, afin de rester concentrée sur ma prière pour la paix. Après quelques années, j’ai découvert que je n’avais plus besoin de la discipline de prière. Maintenant, je prie sans interruption. Ma prière personnelle est : « Fais de moi un instrument à travers lequel seule la vérité peut être dite. »

* * *

Au cours de mon pèlerinage à travers l’Arizona, j’ai été arrêtée par un policier en civil pendant que je postais des lettres au bureau de poste local de Benson. Après une courte randonnée dans une voiture de patrouille, j’ai été incarcérée pour vagabondage. Quand vous marchez avec la foi et sans argent, vous êtes techniquement coupable de vagabondage. Oui, j’ai été emprisonnée plusieurs fois parce que je n’avais pas d’argent, mais ils m’ont toujours relachée lorsqu’ils comprenaient.

Il y a une grande différence entre un pénitencier et une prison. Un pénitencier est un gros établissement qui maintient un certain niveau de standards. Une prison est un petit établissement qui maintient peu de standards. Et c’était une prison!

Ils m’ont mise dans une grande pièce intérieure entourée de petites cellules dans lesquelles ils mettaient sous clé les femmes, quatre par cellule, pour la nuit. En entrant, je me suis dit: « Pèlerin de Paix, tu as dédié ta vie au service. Regarde ton nouveau et merveilleux endroit pour servir! »

Quand je suis entrée, une des filles a dit : « Ça alors, tu es une drôle. Tu es la seule qui est entrée en souriant. La plupart arrivent en pleurant ou en jurant. »

Je leur ai dit : « Supposez que vous ayez une journée libre à la maison, ne feriez-vous pas quelque chose de valable durant cette journée? » Elles ont répondu : « Oui, qu’allons-nous faire? » Ainsi, je les ai amenées à chanter des chansons qui élèvent l’esprit. Je leur ai donné un exercice simple qui amène à ressentir une sorte de frissonnement dans tout le corps. Alors, je leur ai parlé des étapes menant à la paix intérieure. Je leur ai dit qu’elles vivaient dans une communauté et que ce qui pouvait être fait dans une communauté à l’extérieur pouvait aussi être fait dans leur communauté. Elles étaient intéressées et m’ont posé plusieurs questions. Oh, ce fut une journée merveilleuse.

À la fin de la journée ils ont changé de gardiennes. Les filles n’aimaient pas la femme qui venait d’arriver. Elles disaient qu’elle était une personne horrible et qu’il ne fallait surtout pas lui parler. Mais je sais qu’il y a du bon en chacun et bien sûr je lui ai parlé. J’ai appris que cette femme faisait vivre ses enfants grâce à ce travail. Elle se sentait obligée de travailler et ne se sentait pas toujours bien. C’est la raison pour laquelle elle pouvait être parfois de mauvaise humeur. Il y a une raison à tout.

J’ai demandé à la gardienne de visualiser seulement le bon dans les détenues. Et j’ai demandé aux filles de visualiser seulement le bon dans la malheureuse gardienne.

Plus tard j’ai dit à la gardienne : « Je vois qu’il y a vraiment beaucoup de monde ici. Je peux dormir confortablement sur ce banc de bois. » Au lieu de cela, elle m’a fait apporter un lit de camp avec des draps propres. J’ai pris une douche chaude avec une serviette propre et tout le confort d’une maison.

Au matin, j’ai dit adieu à mes amies. J’ai été escortée par un représentant de l’ordre jusqu’au tribunal, situé à quelques coins de rues de là. Je n’ai pas été menottée, ni même tenue par le bras. Mais il avait un gros revolver à sa ceinture. Je l’ai regardé et j’ai dit : « Si je m’échappais, me tiriez-vous dessus? » « Oh non », dit-il en souriant : « Je ne tire jamais sur ce que je peux attraper! »

Ce matin-là, j’ai plaidé non coupable au tribunal, et mon cas fut immédiatement clos. Dans mes effets personnels, qui avaient été pris cette nuit-là, se trouvait une lettre qui a eu un grand poids dans ma remise en liberté. Elle disait : « La porteuse de cette note s’est identifiée comme étant Pèlerin de Paix, marchant d’un océan à l’autre pour attirer l’attention de nos concitoyens sur son désir de paix dans le monde. Nous ne la connaissons pas personnellement car elle ne fait que traverser notre état, mais comme ce sera certainement un long et dur voyage pour elle, nous lui souhaitons un passage sécuritaire. » C’était écrit sur du papier officiel et signé par le gouverneur de l’état, Howard Pyle.

Lorsque je fus remise en liberté, un officier de la cour a remarqué : « Vous ne semblez pas être affectée le moins du monde par votre journée en prison. » J’ai dit : « Vous pouvez emprisonner mon corps, mais pas l’esprit. » Seulement le corps peut être mis derrière les barreaux d’une prison. Je ne me suis jamais sentie en prison et vous non plus ne vous sentirez jamais en prison - à moins de vous emprisonner vous-même.

Ils m’ont ramenée à l’endroit où ils m’avaient arrêtée la veille. Ce fut une très belle expérience.

Chaque expérience sert un but et est ce que vous en faites. Elle peut vous inspirer, vous éduquer ou vous donner une chance de servir d’une manière quelconque.

* * *

La plupart de mes exposés oraux sont maintenant planifiés longtemps à l’avance. Mais il m’arrive encore de parler en public suite à des invitations très inattendues. A Minneapolis j’ai été interviewée par un journaliste, lors d’une rencontre des membres d’un club civique qui attendaient un discours du gouverneur du Minnesota. Il ne pouvait pas venir et on m’a invitée à parler à sa place. Naturellement j’ai accepté!

Parlant de gouverneurs, je suis entrée un jour par la grande porte du parlement d’un état et un homme gentil et amical m’accueillit. Il me serra la main et me demanda s’il pouvait m’aider. Je lui dis que je cherchais le bureau du gouverneur et il m’y conduisit immédiatement. « Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous aider? » me demanda-t-il. « Je pensais que j’aurais peut-être le privilège de serrer la main du gouverneur », ai-je dit. « Vous avez serré la main du gouverneur », dit l’aimable monsieur, le gouverneur lui-même.

* * *

C’était la première année de mon pèlerinage et j’étais quelque part sur la grande route entre El Paso et Dallas lorsque je fus arrêtée pour vagabondage. Je n’ai jamais entendu dire que le FBI enquêtait sur des gens pour motif de vagabondage. Mais ce fut mon cas. Un homme dans une voiture noire s’est arrêté et m’a montré son insigne. Il n’a même pas exigé que je le suive. Il m’a juste dit : « Voulez-vous venir avec moi?»

J’ai dit : « Mais oui. Il me ferait plaisir de parler avec vous. »

Je suis montée dans son auto, après avoir inscrit un grand « X » sur la route, à l’endroit où j’avais été arrêtée. A l’époque où je comptais les kilomètres, je traçais un grand « X » sur la route quand je la quittais. Puis, je retournais à cet endroit pour reprendre ma marche.

Il m’a conduite à une prison et a dit : « Enfermez-la pour vagabondage. » Je suis alors passée par la procédure habituelle. Ils vous amènent d’abord pour la prise des empreintes. J’étais fascinée parce qu’on n’avait jamais pris mes empreintes auparavant (ni depuis). L’employé a alors pris un produit chimique et, d’un seul coup, il a enlevé toute l’encre noire de mes doigts. Je me demandais justement combien de temps cela prendrait pour les laver et c’était déjà fini.

Je lui ai parlé comme je parlerais à n’importe qui que je rencontrerais et quelque chose d’intéressant s’est produit. Apparemment, il était habitué à être traité d’une manière très peu coopérative. Comme je l’ai traité en être humain, il m’a donné un cours sur la prise des empreintes et il m’a montré les diagrammes. C’était très intéressant. Je n’avais jamais eu l’occasion auparavant d’apprendre autant sur la prise d’empreintes. Des gens faisaient la queue, mais je ne l’ai su qu’en sortant de la pièce, en voyant la longue file d’attente.

Puis, ils m’ont amenée me faire photographier en suspendant un numéro à mon cou avec une chaîne. Quand ils m’ont photographiée de face et de côté, je me suis rappelé toutes ces images de personnes recherchées que vous voyez au bureau de poste. Je me suis souvenu qu’ils avaient l’air si furieux. Je me suis dit : « Soyons différente. » Et j’ai souri aussi gentiment que je pouvais. Il y a une figure souriante quelque part dans le recueil de photographies de criminels!

Ils m’ont ensuite amenée pour m’interroger. Ils m’ont en fait assise sous une forte lumière. Il paraît que cela produit un effet psychologique sur vous. Comme j’étais déjà allée sur un plateau de télévision à ce moment-là, je me suis dit : « Est-ce qu’ils pensent vraiment que c’est une lumière forte? Ils devraient voir les projecteurs d’un studio de télévision! » A ce moment, les projecteurs de télévision n’étaient pas seulement brillants, mais très chauds.

Ils m’ont d’abord demandé si je répondrais à n’importe quelle question. J’ai dit: «Certainement, je répondrai à vos questions, non pas parce que vous êtes des représentants de l’ordre, mais parce que vous êtes mes frères humains. Et je réponds aux questions de tous mes frères humains. Quelles que soient vos fonctions officielles, vous êtes d’abord et avant tout des êtres humains. Et si nous nous entendons d’être humain à être humain, nous en finirons bien plus vite. »

Et cela s’est déroulé ainsi!

Ils ont commencé avec la technique de la confusion. Le premier me lançait une question. Avant que j’aie le temps de répondre, l’autre me lançait une autre question. J’avais à répéter constamment : « Si vous voulez m’excuser pour un moment pendant que je réponds à la question de l’autre monsieur. » Alors ils sont passés à des questions importantes comme celles que les étudiants d’université me posent. Comme je me suis enthousiasmée à ce sujet!

Alors, ils définirent la violence physique comme étant l’intention de blesser. Ils m’ont demandé : « Sanctionneriez-vous ou utiliseriez-vous, dans une quelconque circonstance, la violence physique? » J’ai répondu : « Non, c’est contraire aux lois de Dieu. J’aimerais mieux avoir Dieu de mon côté plutôt que n’importe quelle puissance sur terre. » Je leur ai raconté l’histoire de l’adolescent perturbé qui m’avait frappée durant notre randonnée.

Alors ils ont dit : « Supposez qu’il soit nécessaire pour vous de défendre quelqu’un que vous aimez? » J’ai dit : « Oh non, je ne crois pas que je puisse défendre un être aimé en désobéissant à la Loi Divine. » Je leur ai parlé de la fillette de huit ans qui avait été laissée à mes soins et de l’expérience que nous avons eue avec l’homme psychologiquement malade qui a essayé de lui faire du mal.

Alors, ils sont passés à des choses très philosophiques et ils ont dit : « Si vous aviez à choisir entre tuer et être tuée, que choisiriez-vous? » J’ai répondu : « Je ne crois pas que j’aurais besoin de faire un tel choix, pas tant que ma vie demeure en harmonie avec la volonté de Dieu. À moins, naturellement, que ce soit ma mission d’être un martyr. Mais c’est une mission très élevée et très rare. Je ne crois pas que ce soit la mienne. Mais le monde apprend à grandir à travers ses martyrs. Si j’avais à faire un choix, je choisirais d’être tuée plutôt que de tuer. »

Ils ont dit : « Pouvez-vous donner une explication logique à une telle attitude? » Eh voilà, j’en étais à tenter d’expliquer l’attitude de la nature centrée sur soi et l’attitude de la nature centrée sur Dieu, afin qu’ils puissent les comprendre! Je leur ai dit que dans mon cadre de référence, je n’étais pas mon corps. Je portais seulement mon corps. Je suis ce qui anime mon corps. Telle est la réalité. Si je suis tuée, cela détruit simplement le vêtement d’argile, le corps. Mais si je tue, je blesse la réalité, l’âme!

Et ils ont noté que mon pèlerinage avait une base religieuse. Mais supposez que j’aie dit : «Après tout, vous avez entendu parler de légitime défense. Même la loi reconnaît la légitime défense. » Cela aurait pu être considéré légal, mais pas religieux.

* * *

Il y a eu une occasion où j’ai senti que je luttais vraiment contre les éléments. Ce fut l’expérience où j’ai marché dans une tempête de sable soufflant quelquefois avec tant de force que je pouvais difficilement lui résister. Quelquefois les nuages de poussière étaient si denses que je ne pouvais rien voir. Je ne pouvais me guider que par la bordure de la route. Un policier s’est arrêté à côté de moi. Il a ouvert sa portière et a crié : « Montez, madame, avant que vous ne vous fassiez tuer. » Je lui ai dit que je faisais un pèlerinage à pied et que je n’acceptais pas de me faire conduire (en ce temps-là). Je lui ai dit aussi que Dieu était mon bouclier et qu’il n’y avait rien à craindre. A cet instant les vents se sont calmés, la poussière est retombée et le soleil est sorti d’entre les nuages. J’ai continué à marcher. Mais la chose merveilleuse était que je me sentais spirituellement élevée au-dessus des épreuves.

* * *

Dans chaque nouvelle situation à laquelle nous faisons face, se trouve cachée une leçon spirituelle à être apprise et une bénédiction pour nous, si nous apprenons la leçon. Il est bon d’être testé. Nous grandissons et apprenons en passant des tests. Je considère tous mes tests comme de bonnes expériences. Avant d’être testée, je croyais que je pouvais agir d’une manière aimante et sans peur. Après avoir passé le test, je le savais! Chaque test s’est révélé une expérience qui m’a élevée spirituellement. Et il n’est pas important que le résultat soit en accord avec nos souhaits.

Je me rappelle une expérience lorsque dans le journal local on mentionna que je devais prendre la parole lors d’un service religieux. On y montrait ma photo, de devant et de derrière, portant ma tunique lettrée. Un paroissien de cette église fut tout simplement scandalisé de découvrir que cette créature portant une tunique lettrée parlerait dans son église. Il téléphona à son pasteur et à ses amis à ce sujet. Quelqu’un me dit qui il était. Je me suis sentie si désolée d’avoir d’une quelconque manière offensé un homme que je ne connaissais même pas. Je lui ai donc téléphoné!

« C’est Pèlerin de Paix à l’appareil », ai-je dit. Je pouvais l’entendre soupirer. Plus tard, il me confia qu’il avait pensé que je l’appelais pour le critiquer sévèrement. J’ai dit : « Je vous appelle pour m’excuser. Car de toute évidence, je dois avoir fait quelque chose pour vous offenser, puisque même en ne me connaissant pas, vous avez craint que je parle dans votre église. Par conséquent, je sens que je vous dois des excuses et j’appelle pour m’excuser! »

Savez-vous que cet homme était en pleurs avant que la conversation ne se termine? Et maintenant nous sommes amis. Il a ensuite correspondu avec moi. Oui, la loi de l’amour fonctionne!

* * *

Un autre homme m’a dit une fois : « Je suis surpris du type de personne que vous êtes. Après avoir lu votre message très sérieux sur la voie de la paix, je m’attendais à ce que vous soyez une personne très solennelle. Au lieu de cela, je trouve une personne débordante de joie. » Je lui ai dit : « Qui pourrait connaître Dieu et ne pas être joyeux? »

Si vous avez une face longue et en avez gros sur le coeur, si vous n’êtes pas rayonnant de joie et d’amitié, si vous n’êtes pas rempli d’un amour débordant et d’une bonne volonté envers tous les êtres, toutes les créatures et toute la création, une chose est sûre : vous ne connaissez pas Dieu!

La vie est comme un miroir. Souriez-lui et elle vous sourira en retour. Je mets simplement un grand sourire sur mon visage et tout le monde me sourit en retour.

Si vous aimez les gens suffisamment, ils vous répondront avec amour. Si j’offense les gens, je me blâme moi-même. Car je sais que si ma conduite avait été correcte, ils n’auraient pas été offensés, même s’ils n’étaient pas d’accord avec moi. Avant que la langue ne puisse parler, elle doit avoir perdu le pouvoir de blesser.

Laissez-moi vous parler d’une fois où mon amour a dû être non verbal. J’essayais d’aider une dame qui avait été si gravement malade qu’elle ne pouvait plus conduire son auto. Elle voulait se rendre chez sa soeur aînée pour quelques semaines de repos au lit. Je lui ai donc offert de l’y conduire. J’avais encore mon permis de conduire à cette époque. En chemin, elle dit : « Pèlerin, j’aimerais que tu restes avec moi quelque temps. Ma soeur aînée est tellement dominatrice. Je crains d’être seule avec elle. » J’ai dit : « D’accord, j’ai quelques jours de libre. Je resterai avec toi quelque temps. »

Quand nous sommes entrées dans la cour de la maison de sa soeur, la dame me dit : «Pèlerin, je ne sais vraiment pas quel accueil ma soeur te réservera. »

Elle avait entièrement raison au sujet de sa soeur aînée. Quand sa soeur jeta un coup d’oeil sur moi avec ma tunique lettrée, elle m’ordonna de quitter la maison. Mais il était tard le soir et elle avait si peur de la noirceur qu’elle dit : « Cette nuit, vous pouvez dormir sur le divan. Mais vous devrez partir demain matin à la première heure! »

Alors elle se dépêcha de mettre au lit sa soeur cadette quelque part à l’étage au-dessus. Eh bien, c’était pire que je l’avais cru. Je ne voulais certainement pas laisser mon amie dans cette situation. Mais que pouvais-je faire? J’ai alors regardé autour de moi pour trouver quelque chose qui me permettrait de communiquer avec la soeur aînée. J’ai regardé dans la cuisine et il y avait une montagne de vaisselle sale et aucun lave-vaisselle. J’ai donc lavé toute la vaisselle. J’ai nettoyé ensuite la cuisine. Puis, je me suis allongée et j’ai dormi quelques heures.

Au matin, la soeur aînée était en larmes et me demanda de rester. Elle dit : «Naturellement, vous comprenez que j’étais si fatiguée hier soir que je ne savais pas ce que je disais. » Et nous avons passé des moments merveilleux ensemble avant que je ne les quitte. Vous voyez, cela m’a juste donné la chance de mettre en pratique mon petit message. La pratique est bien. La pratique rend parfait, dit-on.

* * *

Une fois, au cours de mes voyages, un tenancier de bar m’appela dans son établissement pour m’offrir un repas. Pendant que je mangeais, il demanda : « Comment vous sentez-vous dans un endroit comme ici? »

« Je sais que tous les êtres humains sont les enfants de Dieu », ai-je répondu. « Même quand ils n’agissent pas de cette manière, j’ai confiance qu’ils le peuvent. Et je les aime pour ce qu’ils pourraient être. »

En me levant pour partir, j’ai remarqué un homme avec un verre à la main qui était aussi debout. Quand il me regarda, il sourit un peu. Je lui souris. « Vous m’avez souri », dit-il avec surprise. « J’aurais pensé que vous ne me parleriez même pas. Mais vous m’avez souri. » J’ai souri de nouveau. « Je ne suis pas ici pour juger mes frères humains », lui ai-je dit. « Je suis ici pour aimer et servir. » Soudainement, il s’agenouilla à mes pieds, en disant: « Tous les autres m’ont jugé, je me suis donc défendu. Vous ne m’avez pas jugé et maintenant je me juge. Je suis un pécheur bon à rien! J’ai gaspillé tout mon argent à boire. J’ai maltraité ma famille. Je suis tombé de plus en plus bas! » J’ai alors posé ma main sur son épaule. « Vous êtes l’enfant de Dieu », ai-je dit, « et vous pourriez agir comme tel. »

Il a regardé avec dégoût le verre de boisson qu’il tenait à la main. Il le lança avec violence contre le comptoir, faisant éclater le verre en morceaux. Ses yeux rencontrèrent les miens. « Je vous jure que je ne toucherai plus jamais à cette boisson », s’exclama-t-il. « Jamais! » Et il y avait une nouvelle lumière dans ses yeux tandis qu’il franchissait la porte d’un pas assuré.

Je connais même la fin heureuse de cette histoire. Je l’ai entendu d’une femme, dans cette ville, environ un an et demi plus tard. Elle disait que selon ceux qui le connaissaient, l’homme respectait sa promesse. Il n’a plus jamais touché à la boisson. Il a maintenant un bon emploi. Il s’entend bien avec sa famille et est devenu membre d’une église.

Quand vous approchez les autres en jugeant, ils sont sur la défensive. Quand vous pouvez les approcher d’une manière aimante, avec bonté et sans jugement, ils ont tendance à se juger eux-mêmes et à en être transformés.

* * *

Durant mon pèlerinage, beaucoup d’autos s’arrêtaient et les gens m’offraient de me conduire. Certains croyaient que marcher voulait dire faire de l’auto-stop. Je leur disais que je ne trichais pas avec Dieu. Dans un pèlerinage, vous ne trichez pas en comptant les kilomètres.

Je me souviens d’un jour où je marchais le long d’une grand-route. Une très belle automobile s’est arrêtée et l’homme à l’intérieur me dit : « Qu’il est merveilleux que vous suiviez votre mission! » J’ai répondu : « Je pense certainement que chacun devrait faire ce qu’il ou elle croit être la bonne chose à faire. »

Il a alors commencé à me parler de ce qui le motivait. C’était une bonne chose qui avait besoin d’être faite et qui m’a rendue très enthousiaste. Comme j’ai pris pour acquis qu’il la faisait, j’ai dit: « C’est merveilleux! Où en êtes-vous rendu avec cela? » Et il a répondu : «Oh, je ne le fais pas. Cette sorte de travail ne paie pas du tout. »

Je n’oublierai jamais à quel point cet homme était désespérément malheureux. À notre époque matérialiste, nous utilisons des critères tellement faux pour mesurer le succès. Nous le mesurons en termes de dollars et de choses matérielles. Mais le bonheur et la paix intérieure ne vont pas dans ce sens. Si vous savez et n’agissez pas, vous êtes vraiment une personne très malheureuse.

J’ai vécu une autre expérience sur le bord de la route lorsqu’une belle voiture s’est arrêtée. Un couple élégant était à l’intérieur. Ils ont entamé la conversation et j’ai commencé à leur expliquer ce que je faisais. Soudainement, à ma stupéfaction, l’homme a fondu en larmes et il a dit : « Je n’ai rien fait pour la paix et vous avez tant à faire! »

Il y a eu aussi cette fois où un autre homme arrêta sa voiture pour me parler. Il me regarda, non pas avec antipathie, mais avec une curiosité et une surprise extrême, comme s’il venait d’entrevoir un dinosaure vivant. « Aujourd’hui, à notre époque », s’exclama-t-il, « avec toutes les merveilleuses opportunités que le monde a à offrir, qu’est-ce qui a bien pu vous faire sortir pour entreprendre un pèlerinage à pied pour la paix? »

« Aujourd’hui, à notre époque », ai-je répondu, « quand l’humanité chancelle au bord de son anéantissement par une guerre nucléaire, ce n’est pas surprenant qu’une vie soit consacrée à la cause de la paix. Au contraire, c’est plutôt surprenant que plusieurs vies n’y soient pas consacrées. »

* * *

Lorsque j’ai terminé ma première marche à travers le pays, j’étais si reconnaissante de n’avoir pas échoué dans ce que j’avais été appelée à faire. Je me suis dit: « N’est-ce pas merveilleux que Dieu puisse faire quelque chose à travers moi! »

J’ai ensuite dormi dans la grande gare centrale de New York.

Au moment où j’étais entre le sommeil et l’état de veille, j’ai eu l’impression qu’une voix d’une beauté indescriptible disait des mots d’encouragement. « Tu es ma fille bien-aimée en qui je suis comblé. » Quand je fus complètement réveillée, il m’a semblé que c’était comme si un orchestre céleste venait juste de finir de jouer dans la gare, et que l’écho persistait encore. Je suis sortie à l’extérieur dans le froid du petit matin, mais je me sentais au chaud. Je marchais sur le trottoir de ciment, mais j’avais l’impression de marcher sur des nuages. Le sentiment de vivre en harmonie avec le but divin ne m’a jamais quitté.

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CHAPITRE 4: Réflexions sur le pèlerinage



AU DÉBUT, ma tunique portait l’inscription « PÈLERIN DE PAIX » sur le devant et «Marchant d’un océan à l’autre pour la Paix » dans le dos. Au fil des ans, le message dans le dos est passé de « Marchant 10 000 milles pour le désarmement mondial » à « Marchant 25 000 milles pour la Paix », pour finir par « 25 000 milles à pied pour la Paix ». Cette marche m’a conduite à plusieurs reprises dans les quarante-huit états ainsi qu’au Mexique et dans les dix provinces du Canada.

C’est à Washington, à l’automne 1964, que j’ai cessé de compter les kilomètres parcourus. Je me suis dit : « Compter jusqu’à 25000 milles, c’est suffisant. » Cela m’obligeait à rester sur les grandes routes principales parce que le millage figurait sur les cartes routières. Ce sont seulement de bons endroits pour compter les kilomètres, non pour rencontrer les gens. Maintenant je suis libre de marcher où sont les gens. D’ailleurs, le millage n’est pas indiqué non plus aux endroits où je préfère marcher : les plages, les sentiers en forêt et les pistes de montagne.

* * *

Certaines choses comme marcher sans manger ne me semblent pas tellement difficiles. Je saute rarement plus de trois ou quatre repas d’affilée et je ne pense même pas à la nourriture avant qu’elle ne me soit offerte. Ma plus longue période de marche sans nourriture a été de trois jours. Et alors, Mère Nature m’a fourni ma nourriture : des pommes tombées d’un arbre. Une fois, j’ai jeûné quarante-cinq jours, comme discipline de prière. Je sais donc combien de temps on peut passer sans nourriture! Mon problème n’est pas d’avoir suffisamment à manger, c’est d’éviter délicatement d’en avoir trop. Chacun veut me suralimenter!

Continuer à marcher sans dormir me serait plus difficile, même si passer une nuit sans sommeil ne me dérange pas. Il m’est arrivé de sauter une nuit de sommeil de temps à autre, mais pas depuis un certain temps. La dernière fois a été en septembre 1977 quand j’étais dans une halte routière pour camionneurs. J’avais l’intention de dormir un peu mais c’était un endroit si achalandé que j’ai passé la nuit entière à parler avec des camionneurs. Dès l’instant où je suis entrée, un camionneur qui m’avait vue à la télévision a voulu m’offrir à manger. Je me suis assise à une cabine dans un coin. Alors les routiers ont commencé à arriver. Ce fut tout simplement une vague de camionneurs après l’autre qui déferlait devant moi. Comme ils me posaient des questions, j’ai parlé avec eux toute la nuit et je n’ai pas dormi. Après un certain temps, quelqu’un m’a offert le petit déjeuner. J’ai mangé et je suis partie.

Une autre fois, un camionneur a stationné son véhicule sur le bord de la route et m’a dit : «Je vous ai entendue dire à la télévision quelque chose à propos de l’énergie inépuisable et je voulais juste vous dire que cela m’est arrivé une fois. J’étais isolé dans une ville à cause d’une inondation. Je m’ennuyais tellement que j’ai finalement offert mon aide pour faire évacuer les gens. J’ai travaillé sans manger, sans dormir, et je n’étais pas fatigué. Mais cela ne s’est plus jamais produit depuis. » J’ai dit : « Bien, pour quelle raison travaillez-vous maintenant ? » « Pour l’argent », a-t-il répondu. J’ai dit : « Ce devrait être très accessoire. Vous avez l’énergie inépuisable seulement quand vous travaillez pour le bien de l’ensemble. Vous devez cesser de travailler pour vos petits intérêts égoïstes. »

C’est cela le secret. Dans ce monde, on vous donne lorsque vous donnez !

* * *

Je marche en moyenne 40 kilomètres par jour, dépendant du nombre de personnes qui s’arrêtent pour me parler le long du chemin. J’ai fait jusqu’à 80 kilomètres en une journée pour être à un rendez-vous ou parce qu’il n’y avait pas d’abri disponible.

Dans les nuits très froides, je marche toute la nuit pour me garder au chaud. Quand les journées sont très chaudes, je marche beaucoup la nuit pour éviter la chaleur. J’ai marché quand les nuits étaient remplies de l’odeur de chèvrefeuille, du vol des lucioles et du cri des engoulevents.

Une fois, un homme de 1 mètre 80, confiant qu’il pourrait me surpasser à la marche, a marché 53 kilomètres avec moi. Quand il a abandonné, ses pieds avaient des ampoules et ses muscles lui faisaient mal. Il marchait en utilisant sa propre force. Pas moi ! Je marchais en utilisant cette énergie inépuisable qui vient de la paix intérieure.

Une autre fois, une femme m’a demandé si elle pouvait m’accompagner dans mon pèlerinage. Elle m’a dit qu’elle voulait s’éloigner de « ce mari » qu’elle avait. Peut-être avait-elle un appel intérieur, mais son motif n’était pas le plus élevé. Une autre dame voulut m’accompagner durant une journée, mais une fois l’après-midi arrivé, elle ne pouvait marcher qu’avec difficulté. Aussi, je l’ai retournée chez elle en autobus !

* * *

Je n’ai jamais vécu de situation dangereuse au cours de mes marches. Une fois, des gens ivres m’ont suivie en voiture. Mais quand j’ai quitté la route, ils sont partis. Seulement une fois quelqu’un m’a lancé quelque chose : un homme dans un camion passant à grande vitesse m’a jeté une poignée de dollars froissés. Je les ai simplement donnés à la première église où j’ai pris la parole.

Une fois, un étudiant d’université m’a demandé si j’avais déjà été agressée. « Agressée ? », ai-je répondu. « Vous seriez insensé de m’agresser. Je n’ai pas un sou à moi ! »

Une fois, alors que je sortais de la ville au coucher du soleil, un couple fortuné vivant dans une grande maison m’a appelée. Ils avaient lu au sujet de mon pèlerinage et sentaient que c’était leur devoir chrétien de m’avertir que plus loin sur le chemin il y avait un endroit mal famé appelé « South of the Border » [Au Sud de la Frontière]. Ils voulaient juste m’avertir de ne pas m’approcher de cet endroit. Cependant, ils ne m’ont offert ni nourriture, ni abri. J’ai donc marché durant plusieurs heures.

C’était une nuit très noire avec un épais couvert nuageux et tout à coup il s’est mis à pleuvoir. De grosses gouttes tombaient et je transportais beaucoup de courrier auquel je n’avais pas encore répondu. J’ai cherché un endroit où il pouvait y avoir un abri. Pas loin, j’ai aperçu un ensemble de constructions comprenant une station-service, un restaurant et un motel. Je me suis abritée sous l’auvent au-dessus des pompes à essence et j’ai commencé à mettre mon courrier dans la poche de devant de ma tunique pour qu’il ne soit pas trempé. L’homme de la station-service est venu en courant et m’a dit : « Ne restez pas là sous la pluie. Venez dans le restaurant. » L’homme dans le restaurant m’a dit : « Oh ! nous avons tout lu à votre sujet et nous aimerions vous offrir le souper ou quoi que ce soit que vous désirez. » A ce moment j’ai réalisé où j’étais. J’étais à « South of the Border ».

L’homme du motel était assis à la table de biais avec moi et il m’a donné une chambre pour la nuit. Ils m’ont aussi donné un petit déjeuner le lendemain matin. Ils étaient peut-être en train de jouer dans la pièce arrière car quelque chose se passait là. Mais ils m’ont traitée d’une manière bien plus chrétienne que ceux qui m’avaient prévenue contre eux. Cela démontre simplement mon point qu’il y a du bon en chacun.

J’ai reçu l’hospitalité dans les endroits les plus inhabituels. Cela inclut une table de conférence à Florence, en Arizona, une mairie et le siège d’un camion de pompiers à Tombstone, en Arizona. Une fois, je fus enfermée à clef par erreur dans la toilette glaciale d’une station-service durant treize heures. Mon logement était tranquille et privé, mais plutôt froid !

* * *

Je dors aussi bien dans un lit moelleux que sur l’herbe au bord de la route. Si on me donne de la nourriture et un abri, c’est parfait. Sinon, je suis tout aussi heureuse. Souvent de parfaits étrangers m’offrent le gîte. Quand l’hospitalité n’est pas disponible, il y a toujours les stations d’autobus, les gares et toutes les haltes nocturnes pour camionneurs.

Je me rappelle qu’un soir on m’a offert un lit de grande dimension dans un motel de luxe. Le lendemain, j’ai dormi sur le plancher de ciment d’une station-service ouverte vingt-quatre heures par jour. J’ai aussi bien dormi sur l’un que sur l’autre. À plusieurs occasions, un shérif amical m’a ouvert la porte d’une cellule de prison inoccupée.

Quand aucun abri n’est disponible, je dors dans les champs ou à côté de la route avec Dieu comme gardien.

* * *

Les ponts ont toujours offert une protection contre les éléments, aussi bien que les granges délabrées et les sous-sols de maisons abandonnées. Des ponceaux et de gros tuyaux m’ont souvent servi de logement. Mais une de mes places préférées pour dormir est une grande meule de foin dans un champ accessible par une nuit claire. Les étoiles sont ma couverture.

Les cimetières sont aussi des endroits magnifiques pour dormir la nuit. Ils sont tranquilles, l’herbe est toujours bien coupée et personne ne vient jamais vous y déranger. Non, il n’y a pas d’intrusion d’esprits qui ont quitté ce monde. Je leur souhaite la paix et ils comprennent. Mais une table de pique-nique à une halte routière, un tas d’aiguilles de pin dans des broussailles à proximité ou le coussin d’un champ de blé en fleurs, font tout aussi bien l’affaire.

Un matin, alors que je dormais dans un champ de blé du Kansas, je fus réveillée par un bruit très fort. J’ai regardé au-dessus et j’ai vu juste à temps une énorme moissonneuse qui se dirigeait vers moi. J’ai immédiatement roulé sur moi-même plusieurs fois pour m’écarter du chemin de ses lames tournoyantes.

Je me sens complètement protégée dans mon pèlerinage. Dieu est mon bouclier. Il n’y a pas d’accidents dans le Plan Divin et Dieu ne nous laisse pas sans surveillance. Personne ne marche en si grande sécurité que celui qui marche humblement et de manière inoffensive, avec un grand amour et une grande foi.

Je me souviens d’une fois, à une période de l’année où les nuits étaient devenues très froides, descendant en dessous du point de congélation. Comme ça se réchauffait un peu durant le jour, les journées étaient assez agréables. C’était l’automne et il y avait des feuilles mortes sur le sol. J’étais au milieu des bois et il n’y avait pas de ville à des kilomètres à la ronde. C’était un dimanche au coucher du soleil. Quelqu’un avait lu un épais journal du jour et l’avait jeté sur le bord de la route (ils le font, même s’ils ne devraient pas). Je l’ai ramassé et j’ai quitté la route. J’ai trouvé un gros conifère. Au pied de cet arbre, il y avait une petite dépression où quelques feuilles avaient été soufflées. J’ai mis un tas de feuilles dans le creux. Puis j’ai mis quelques feuilles de papier par terre et j’ai placé le reste du journal sur moi. Quand je me suis réveillée le lendemain matin, il y avait une épaisse couche de givre sur tout. Mais le conifère m’avait protégée. J’étais confortable et au chaud dans mon nid de feuilles et de papier journal. Voilà un truc au cas où vous seriez surpris par la nuit à l’extérieur.

* * *

La plupart des gens intéressés aux vacances sont ceux qui font des choses pour lesquelles ils ne sont pas appelés, dont ils veulent s’éloigner pour un temps. Je ne peux pas m’imaginer ressentir un besoin de vacance de mon pèlerinage. Comme c’est agréable de voyager vers le sud à l’automne! J’expérimente la beauté tranquille du temps de la récolte, mais je précède le gel. J’expérimente la beauté éclatante des feuilles d’automne, mais je voyage avant qu’elles ne tombent des arbres. Comme c’est agréable de voyager vers le nord au printemps et d’apprécier les fleurs printanières durant plusieurs mois au lieu de quelques semaines! J’ai vécu ces deux merveilleuses expériences au centre du pays.

Au cours d’une marche de 1 600 kilomètres à travers la Nouvelle-Angleterre (commencée à Greenwich, au Connecticut et terminée à Burlington, au Vermont), j’ai beaucoup zigzagué pour marcher non seulement à travers les villes importantes mais aussi dans les villes plus petites où j’avais été invitée. Au début, j’ai marché parmi les fleurs de pommiers quand leurs bourgeons étaient encore roses puis, quand leurs pétales tombants étaient aussi blancs que la neige. J’ai terminé parmi les pommes mûres, qui m’ont fourni de délicieux repas. Entre les deux, je me suis régalée de fraises sauvages, de mûres et de bleuets.

J’ai vu beaucoup de constructions d’autoroutes à travers le pays. J’ai noté que ces autoroutes ont tendance à passer dans les vallées, en tunnel dans les montagnes et quelquefois sous les rivières. Je suis contente d’avoir habituellement suivi, au cours de mon pèlerinage, les anciennes routes qui grimpent dans les montagnes. Quelles vues magnifiques récompensaient ceux qui atteignaient le sommet : quelquefois des vues de villes ou de routes où j’avais marché ou marcherais, quelquefois des panoramas de vallées couvertes de champs et de vergers! Je sais que c’est une ère d’efficacité et que les autoroutes sont beaucoup plus efficaces. Mais j’espère qu’il y aura toujours quelques routes pittoresques, aussi. Quelques routes qui grimpent les montagnes.

* * *

Des gens me demandent parfois comment je passe les congés, spécialement Noël. J’en ai passé plusieurs en marchant. Plusieurs personnes vont faire un tour en voiture un jour de congé. C’est aussi un bon moment pour entrer en contact avec les gens. Je me souviens d’une veille de Noël quand j’ai dormi sous les étoiles. Une planète était si brillante que juste un peu d’imagination pouvait la transformer en l’étoile de Bethléem. Le lendemain, à une température de 80 degrés fahrenheit [26 celsius], j’ai marché dans la ville de Nouvelle-Orléans. J’y ai trouvé des poinsettias fleurissant abondamment pour Noël ainsi que de nouveaux et bons amis.

J’ai passé un Noël à Fort Worth, au Texas, où les tours et les grands édifices étaient dessinés avec des lumières colorées, présentant une image inoubliable au moment où je suis entrée dans la ville. Ce jour-là je reçus en cadeau le temps nécessaire pour répondre à tout mon courrier.

Les gens me demandent parfois si je ne me sens pas seule les jours de congé. Comment puis-je me sentir seule quand je vis dans la conscience permanente de la présence de Dieu? J’aime et j’apprécie être avec les gens. Mais quand je suis seule, j’apprécie être seule avec Dieu.

* * *

La plupart du temps dans les premières années, la nourriture et l’hospitalité m’étaient offertes par des gens que je ne connaissais pas. J’accepte tout comme une offrande envoyée par la main de Dieu. Je suis aussi reconnaissante pour le pain rassis que je reçois à la maison d’un travailleur immigrant que pour le somptueux repas qui m’a été présenté par une amie dans la salle à manger principale du Waldorf Astoria Hotel.

Vous savez, une fois que vous avez entièrement abandonné votre vie à la volonté de Dieu (si c’est votre appel de vivre à l’extérieur par la foi), vous découvrez que même la nourriture et l’abri dont vous avez besoin vous sont fournis très facilement. Tout vous est donné, même les choses matérielles. Certaines choses étonnantes qui sont données me surprennent encore.

Je suis allée pour la première fois en Alaska et à Hawaï grâce à un magnifique cadeau d’un merveilleux ami. À ce moment-là, quelques-uns de mes amis m’avaient demandé de guider des voyages là-bas. J’ai été guide en Alaska à l’été 1979 et à Hawaï à l’été 1980. J’ai organisé les voyages pour qu’ils soient une expérience éducative et inspirante pour tous ceux qui y participaient. Nous vivions simplement et voyagions avec très peu de bagages.

Je n’ai pas chômé quand j’étais dans nos deux plus récents états. En plus de guider mes amis aux alentours, j’ai donné beaucoup de conférences à des groupes et sur les ondes. Quelques-uns de ces amis voulaient avoir une idée de ce à quoi ma vie de pèlerinage ressemblait et je crois qu’ils l’ont eue. Ce fut une joie de partager avec eux ces lieux inspirants.

Je vais vous raconter une autre chose qui est arrivée. En planifiant mon itinéraire pour le nord et le sud du Dakota, je savais que pendant que je serais au Dakota du nord, je devrais interrompre mon itinéraire pour aller guider un voyage à Hawaï. Je savais que je serais alors à Bismarck et que cela me prendrait environ une semaine pour aller à Los Angeles en auto-stop et une semaine pour revenir. J’ai pensé : « Oh, une semaine de moins pour le programme du Dakota du nord et une de moins pour celui du Dakota du sud. Je préférerais utiliser ces deux semaines dans ces deux endroits. » A peu près au moment où je pensais à cela, j’ai reçu une lettre dans laquelle on m’offrait un billet d’avion aller-retour à Bismarck. C’était presque un miracle. Naturellement, c’était quelque chose dont j’avais besoin car je ne prends rien dont je n’ai pas besoin. Mais j’avais besoin de temps pour le Dakota du nord et du sud. Ce fut un merveilleux cadeau, que j’ai accepté, et pour lequel je serai éternellement reconnaissante. Ainsi, même les choses matérielles sont fournies.

Une fois, j’ai expliqué à un journaliste que je ne fais que parler aux gens et après un certain temps ils me demandent si je veux manger. Il m’a fait remarquer qu’il parlait aux gens depuis des mois, même des années, et qu’ils ne lui avaient jamais offert un seul sandwich. Je lui ai dit : « Mais vous n’êtes pas un pèlerin de paix! »

Une fois, un jeune mexicain de seize ans, qui m’avait entendue à la radio, est accouru lorsque je suis passée devant son domicile. Tout excité, il m’a invitée à rester pour la soirée. Sa famille vivait dans une pauvre cabane de métayer itinérant. Mais je me rappelle avoir été traitée comme une invitée d’honneur. Après un repas de tortillas et de haricots, la famille a roulé son unique tapis et l’a placé comme une couverture sur leur unique lit. Au matin, avant de partir, ils m’ont donné avec amour un autre repas de tortillas et de haricots.

En traversant Memphis, je me suis abritée sous le porche de bois d’une maison d’une pièce pour échapper à un violent orage. Une famille de race noire m’a gentiment offert l’hospitalité pour la soirée. Leur chaleur n’avait d’égale que le poêle à bois qui chauffait leur humble demeure. Ils ont partagé leur maigre nourriture de pain de maïs et d’eau pour le repas du soir et le petit déjeuner. Nous avons tous dormi directement sur le plancher bien nettoyé. Je n’oublierai jamais la sincérité de leur hospitalité.

Par un matin glacial, un étudiant d’université de l’Oklahoma m’a donné les gants qu’il portait et a jeté son écharpe autour de mon cou. Cette nuit-là la température a descendu sous zéro et un couple indien m’a offert un abri.

Une fois, je fus avertie de ne pas aller en Géorgie, spécialement à Albany, où quatorze marcheurs pour la paix étaient en prison. Mais je ne peux pas dire que j’ai rencontré quelqu’un qui soit réellement inamical. En fait, l’hospitalité y était supérieure à la moyenne.

Les gens des groupes minoritaires que j’ai rencontrés prenaient pour acquis que je ne ferais pas de discrimination. Quand ils lisaient Pèlerin de Paix sur ma tunique, ils semblaient me faire confiance. Ils n’hésitaient pas à s’arrêter et à venir me parler. J’ai pris la parole dans bon nombre d’églises de minorités et plusieurs de leurs pasteurs ont lu mon message à leur assemblée de fidèles.

* * *

Naturellement, j’aime tous ceux que je rencontre. Comment ne le pourrais-je pas? L’étincelle de Dieu est en chacun. Pour moi, le milieu racial ou ethnique ou la couleur de la peau de quelqu’un n’ont pas d’importance. Tous les gens m’apparaissent comme des lumières étincelantes! Je vois le reflet de Dieu dans toutes les créatures. Tous les gens sont mes semblables. Pour moi, les gens sont très beaux!

Nous, les habitants du monde, avons besoin de trouver des façons de nous connaître les uns les autres. Car nous reconnaîtrons alors que nos similitudes sont tellement plus grandes que nos différences, aussi grandes que nos différences puissent paraître. Chaque cellule, chaque être humain, est d’égale importance et a un travail à accomplir en ce monde.

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CHAPITRE 5: Simplifier sa vie


SIMPLIFIER SA VIE est l’une des étapes menant à la paix intérieure. Une simplification constante créera un état de bien-être intérieur et extérieur qui amènera l’harmonie dans notre vie. Pour moi, cela a débuté avec la découverte du non-sens des possessions au-delà de mes besoins actuels et immédiats. Dès que je me suis résolue à vivre au niveau du minimum vital, j’ai commencé à ressentir une merveilleuse harmonie dans ma vie, entre le bien-être intérieur et extérieur, entre le bien-être spirituel et matériel.

Certaines personnes semblent croire que ma vie consacrée à la simplicité et au service est austère et sans joie, mais ils ne connaissent pas la liberté de la simplicité. À chaque moment de ma vie, je suis reconnaissante envers Dieu pour les grandes richesses qui ont été déversées sur moi. Ma vie est remplie et bonne, mais jamais surchargée. Si votre vie est surchargée, alors vous faites plus que ce qui vous est demandé.

Ma vie s’était enlisée. Je me sentais avide avant de faire le voeu de simplicité: Je n’accepterai pas plus que ce dont j’ai besoin, alors que d’autres dans le monde ont moins que ce dont ils ont besoin.

Vous vous êtes peut-être aussi dégagé d’une vie où vous aviez trop de choses. Lorsque vous aurez simplifié votre vie, je suis sûre que vous vous sentirez aussi libre que je me sens. Si votre motif est celui de donner, alors il vous sera donné tout ce dont vous avez besoin.

Dans ma vie, ce que je veux et ce dont j’ai besoin sont exactement la même chose. Tout ce qui excède mes besoins est un fardeau pour moi. Vous ne pourriez pas me donner quelque chose dont je n’ai pas besoin. Je suis sans le sou, mais j’ai de la difficulté à le rester. Plusieurs de mes amis bien intentionnés m’ont offert de grosses sommes d’argent, que j’ai évidemment refusées.

J’ai parlé à une personne qui me croyait privée de plusieurs des « plaisirs » de la vie. Aucune des choses que je n’utilise pas ou que je ne fais pas ne m’a été enlevée. Je ne les ai simplement pas incluses quand j’ai choisi une vie harmonieuse. Je n’avais tout bonnement aucun intérêt pour elles.

Je ne suis pas une esclave du confort et de la commodité. Je ne serais pas un pèlerin si je l’étais. Il se peut que nous laissions de fausses croyances gouverner nos vies et faire de nous leurs esclaves. La plupart des gens ne veulent pas être libres. Ils préfèrent se plaindre et s’énerver en pensant à l’impossibilité de laisser tomber leurs multiples esclavages aux possessions, à la nourriture, à la boisson, à la cigarette, etc. Ce n’est pas qu’ils ne peuvent pas les laisser tomber. Ils ne le veulent pas vraiment.

* * *

Nos besoins physiques dépendent du climat dans lequel nous vivons, de l’état de notre santé, etc. En général, nous avons besoin d’un abri pour nous protéger des éléments, d’un feu, d’une couverture, de quelques vêtements pour nous garder au chaud, de l’air pur, de l’eau et de la nourriture en quantité suffisante pour nous maintenir en vie. Il y a, naturellement, des besoins au-delà du physique. Souvent, ils n’impliquent que peu ou pas d’argent, mais ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, il y a des gens pour qui la vie est incomplète s’ils ne peuvent écouter de la belle musique ou jouer d’un instrument. Bien que des suggestions puissent être faites sur la pratique de la vie simple, la simplification de nos vies est un problème qui est personnel à chacun de nous.

Il y a environ quarante ans, j’ai appris que l’argent et les choses ne rendaient pas les gens heureux. Cela a été souvent confirmé. J’ai rencontré plusieurs millionnaires. Ils avaient une chose en commun. Aucun n’était heureux. Regardez Howard Hughes avec ses deux milliards et demi de dollars. On dit qu’il était rempli de peurs et que c’était l’être le plus misérable qu’on puisse imaginer! Et j’ai connu une femme qui avait hérité de quatre millions et demi de dollars. Cela a ruiné sa vie. Comme elle avait toujours été une personne généreuse, elle a voulu utiliser l’argent d’une manière judicieuse. Mais elle a découvert que c’était un tel fardeau pour elle, qu’elle se serait mieux portée si elle ne l’avait pas eu.

J’ai réalisé que si vous ne possédez pas assez, vous n’êtes pas heureux. Mais vous n’êtes pas heureux non plus si vous possédez trop. Ce sont ceux qui possèdent assez mais pas trop qui sont le plus heureux.

* * *

Je me rappelle une brave dame âgée. Elle travaillait très fort et se plaignait constamment. Je lui ai finalement dit : « Pourquoi donc avez-vous besoin de travailler si fort alors que vous n’avez que vous-même à supporter? » Et elle répondit : « Oh, je dois payer le loyer d’une maison de cinq pièces. » « Une maison de cinq pièces! » ai-je répondu. « Mais vous êtes seule au monde. Ne pourriez-vous pas vivre heureuse dans une seule pièce? » « Oh oui» dit-elle tristement, « mais j’ai des meubles pour une maison de cinq pièces. » Elle travaillait d’arrache-pied pour fournir une maison appropriée à ses meubles! Et cela arrive tout le temps. Tout ce que je peux dire, c’est : ne laissez pas cela vous arriver.

À cause de nos préoccupations matérielles, nous passons souvent à côté des meilleures choses de la vie, qui sont gratuites.

Les possessions inutiles sont des fardeaux inutiles.
Si vous les possédez, vous devez en prendre soin.

Je vais vous parler d’une autre femme. Elle était libérée, quoique pas de la meilleure façon. Je ne la voyais qu’occasionnellement. Elle et son mari vivaient seuls dans leur très grande maison depuis que leurs enfants adultes étaient partis. Je l’ai rencontrée près d’un mois après que leur maison ait été incendiée pendant qu’ils étaient sortis. Ils ont tout perdu, sauf les vêtements qu’ils portaient. Me rappelant combien elle avait été attachée à cette vaste maison, en dépit du fait que c’était un tel fardeau de l’entretenir, j’ai commencé à exprimer quelques mots de sympathie. Mais elle a dit : « Ne me plaignez pas! Vous auriez pu le faire le lendemain de l’incendie, mais plus maintenant. Pensez seulement que je n’aurai plus à nettoyer ce grenier. Je n’aurai plus jamais à faire le ménage des garde-robes. Je n’aurai plus jamais à nettoyer le sous-sol! C’est pourquoi je ne me suis jamais sentie aussi libre. Je me sens comme si je prenais un nouveau départ dans la vie! »

Elle et son mari vivaient dans un appartement assez grand et, effectivement, je suis certaine qu’ils ressentaient un merveilleux sentiment de liberté. Mais cela n’aurait-il pas été mieux s’ils avaient appris à donner et s’ils avaient offert leurs surplus à ceux qui en avaient besoin? Ils auraient été bénis par leur don et d’autres auraient été bénis de le recevoir. En tout cas, ce fut une situation libératrice.

* * *

Si vous êtes libre, je recommande une excursion dans un sentier pédestre en pleine nature sauvage. Comme c’est inspirant de marcher toute la journée au soleil et de dormir toute la nuit sous les étoiles! Quelle merveilleuse expérience d’une vie simple et naturelle! Quand vous transportez votre nourriture, votre équipement pour dormir, etc., sur votre dos, vous apprenez vite que toutes les possessions inutiles sont des fardeaux inutiles. Vous réalisez vite quelles sont les choses essentielles à la vie, comme la chaleur lorsque vous avez froid, un endroit sec par une journée pluvieuse, la nourriture la plus simple quand vous avez faim, de l’eau froide et pure quand vous avez soif. Vous mettez rapidement les choses matérielles à leur juste place, réalisant qu’elles existent pour être utilisées, mais les abandonnant quand elles ne sont plus utiles. Vous expérimentez et apprenez vite à apprécier la grande liberté de la simplicité.

* * *

De mai à octobre 1952, avant mon pèlerinage, j’ai marché les 3200 kilomètres de la piste des Appalaches, qui va de la Géorgie au Maine, plus 800 kilomètres pour aller admirer certains endroits d’une beauté particulière.

J’ai vécu complètement à l’extérieur, avec seulement un pantalon, un short, une blouse, un chandail, une couverture légère, et deux feuilles de plastique double, que je remplissais parfois de feuilles. Je n’étais pas toujours complètement au sec et au chaud, mais j’ai beaucoup apprécié l’expérience. Mon menu, matin et soir, consistait en deux tasses de flocons d’avoine secs trempés dans l’eau et assaisonnés de sucre brun. Le midi, je prenais deux tasses de lait en poudre avec des baies, des noix ou de la verdure trouvée dans les bois.

Ce rude entraînement m’a très bien préparée à mon pèlerinage. Comparée à cela, une marche le long de la grand-route paraissait facile.

* * *

Comme il est bon de manger des fruits savoureux et mûrs des arbres ainsi que des légumes frais et croquants des champs! Comme il serait bon pour l’agriculture du futur de ne plus utiliser de substances toxiques dans les champs, pour que la nourriture puisse passer directement de la ferme à la table!

Un matin, j’ai mangé des bleuets couverts par la rosée comme petit déjeuner. Je les cueillais des buissons pendant que je traversais les montagnes de la Nouvelle Angleterre. Je pensais à mes semblables mangeant divers types de nourritures transformées et assaisonnées. J’ai réalisé que si je pouvais choisir mon petit déjeuner parmi tout ce qui existe au monde, je ne pourrais faire un meilleur choix que des bleuets couverts par la rosée.

Au printemps et en été quand les jours sont longs, qu’il est bon de se lever et de se coucher avec le soleil! En automne et en hiver quand les jours sont plus courts, on peut veiller une partie de la nuit. Je suis tentée de croire qu’il y a une substance dans l’air, engendrée par le soleil, se raréfiant au coucher du soleil et ne pouvant être absorbée que pendant le sommeil. Dormir de neuf heures du soir à cinq heures du matin me convient très bien.

* * *

Qu’il est bon de travailler à l’air frais vivifiant, sous le soleil qui donne la vie et parmi les beautés inspirantes de la nature. Plusieurs personnes le reconnaissent, comme ce jeune homme que j’ai rencontré dont la vie avait été interrompue par la conscription militaire en temps de paix. Pendant son absence, son père malade fut incapable de garder la ferme et dut la vendre. Le jeune homme a alors passé plusieurs années à faire du travail déplaisant pour pouvoir acheter une autre ferme. Comme il est bon de gagner sa vie en aidant les plantes à grandir pour fournir de la nourriture aux gens! En d’autres termes, comme il est bon de gagner sa vie en contribuant constructivement à la société dans laquelle on vit! Chacun le devrait, naturellement, et dans une société saine tout le monde le ferait.

* * *

Mes vêtements sont très confortables tout en étant très pratiques. Je porte des pantalons bleu marine et une chemise à manches longues sur laquelle je mets ma tunique lettrée. Le long du rebord de ma tunique, en avant et en arrière, se trouvent des compartiments cousus servant de poches. Ces poches contiennent toutes mes possessions qui consistent en un peigne, une brosse à dents pliante, un stylo, une carte routière, quelques exemplaires de mon message et mon courrier.

Vous voyez donc pourquoi je réponds à mon courrier plus vite que la plupart des gens. Cela allège mes poches. Ma devise est: Chaque gramme compte! Sous mes vêtements extérieurs je porte une paire de shorts de course et une chemise à manches courtes. Ainsi je suis toujours prête pour une natation vivifiante si je traverse une rivière ou un lac.

Un jour, comme je remettais mes vêtements après avoir nagé dans les eaux limpides d’un lac de montagne, j’ai pensé à ceux qui ont des garde-robes pleines de vêtements à entretenir et qui voyagent avec de lourds bagages. Je me demandais comment les gens pouvaient se surcharger autant, et je me suis sentie merveilleusement libre. Me voici avec toutes mes possessions. Imaginez à quel point je suis libre! Si je veux voyager, je n’ai qu’à me lever et à marcher. Rien ne me retient.

Un ensemble de vêtements est suffisant. C’est tout ce que j’ai possédé depuis que mon pèlerinage a commencé en 1953. Et je prends bien soin de mes affaires. Je peux toujours trouver un lavabo dans une toilette publique ou un ruisseau à proximité pour laver mes vêtements. Les sécher est encore plus simple. Je les porte sur moi et je laisse l’énergie du soleil évaporer l’humidité.

Je me lave avec de l’eau seulement. Le savon enlève les huiles naturelles. C’est la même chose pour les cosmétiques et les crèmes que la plupart des femmes utilisent.

Pour marcher, tout ce dont j’ai besoin est une paire de souliers de sport bleus, à bon marché. Ils ont un tissu de toile sur le dessus et des semelles flexibles en caoutchouc. Je les prends une pointure plus grande et ainsi je peux remuer mes orteils. Je me sens aussi libre que si je marchais pieds nus! Et je peux habituellement faire 2 500 kilomètres avec une paire. Je porte une paire de chaussettes bleu marine. Il y a une raison pour laquelle je choisis le bleu marine pour mes vêtements. C’est une couleur très pratique qui ne laisse pas paraître la poussière. De plus, elle représente la paix et la spiritualité.

Je ne jette aucun vêtement avant qu’il ne soit usé au point d’être inutilisable. Une fois, lorsque j’étais sur le point de quitter la ville, une hôtesse me dit : « Pèlerin, j’ai noté que vos chaussures ont besoin d’être réparées. J’aurais offert de les réparer, mais je connais assez la couture pour savoir qu’elles sont irréparables. » Je lui ai répondu: « C’est une bonne chose que je connaisse si peu la couture et que je ne sache pas qu’elles sont irréparables, car je viens juste de finir de les réparer. »

Les premières années, j’utilisais un foulard bleu et un chandail bleu dans les périodes de temps froid. Mais je m’en suis éventuellement débarrassée car ils n’étaient pas vraiment indispensables. Maintenant, je m’adapte si bien aux changements de température que je porte les mêmes vêtements, été comme hiver, à l’intérieur et à l’extérieur.

Comme les oiseaux, je migre vers le nord l’été et vers le sud l’hiver. Si vous voulez parler aux gens à l’extérieur, vous devez être dans un climat plaisant. Sinon les gens ne sortent pas.

Quand la température est très élevée et le soleil brûlant, il n’y a rien de plus apprécié que l’ombre. Il y a une fraîcheur spéciale à l’ombre d’un arbre. Mais à moins que ce soit un gros arbre, il faut se déplacer pour rester à l’ombre. Les nuages fournissent aussi de l’ombre quand ils passent devant le soleil. Un rocher fournit ce que j’appelle une ombre profonde, de même qu’un talus tôt le matin ou tard l’après-midi. Parfois, même l’ombre d’un arbuste est apprécié ou celui d’une meule de foin. Les constructions humaines fournissent aussi de l’ombre. Les édifices évidemment, et même les panneaux de signalisation qui défigurent le paysage, fournissent de l’ombre. Comme le font aussi les ponts qui, en plus, protègent de la pluie. Naturellement, on peut porter un chapeau ou transporter un parapluie. Je ne fais ni l’un ni l’autre. Une fois, lorsqu’un journaliste m’a demandé si je n’avais pas par hasard un parapluie rétractable dans mes poches, j’ai répondu : « Je ne vais pas fondre. Ma peau est étanche à l’eau. Je ne me soucie pas des petits inconforts. » Cependant, j’ai quelquefois utilisé un morceau de carton en guise de parasol.

L’eau est quelque chose à laquelle vous pensez par temps très chaud. Mais j’ai réalisé que je n’avais pas soif si je mangeais seulement des fruits tout au long de ma journée de marche. Nos besoins physiques sont si simples.

* * *

Je me rappelle qu’un jour, après un merveilleux séjour dans la nature sauvage, je marchais dans les rues d’une ville qui avait déjà été mon lieu de résidence durant un certain temps. Il était une heure de l’après-midi. Des centaines de gens bien habillés, aux visages pâles ou maquillés, se pressaient dans des files assez bien alignées, entrant ou sortant de leurs lieux de travail. Moi, avec ma chemise décolorée et mes pantalons usés, je marchais parmi eux. Les semelles de caoutchouc de mes souliers de toile se déplaçaient silencieusement à côté du claquement de belles chaussures à talons hauts. Dans la section plus pauvre j’étais tolérée. Dans la section plus riche, quelques regards paraissaient étonnés et certains étaient dédaigneux.

De chaque côté de la rue où on marchait, s’étalaient les choses que l’on peut acheter si l’on veut rester dans les files bien ordonnées, jour après jour, année après année. Quelques-unes de ces choses sont plus ou moins utiles, beaucoup ne sont bonnes que pour la poubelle. Quelques-unes présentent une certaine beauté, beaucoup sont d’une laideur criarde. Des milliers de choses sont étalées. Et pourtant, mes amis, les choses les plus importantes ne s’y trouvent pas. La liberté n’est pas montrée, ni la santé, ni le bonheur, ni la paix de l’esprit. Pour obtenir ces choses, mes amis, vous devez, vous aussi, vous échapper de ces files ordonnées et risquer d’être regardé de manière dédaigneuse.

Aux yeux du monde je peux paraître très pauvre, marchant sans le sou et transportant toutes mes possessions matérielles dans mes poches. Mais je suis réellement très riche en bénédictions qu’aucune somme d’argent ne peut acheter : la santé, le bonheur et la paix intérieure.

* * *

       La vie simple est une vie sanctifiée,
       Beaucoup plus calme, beaucoup moins conflictuelle.
       Oh, quelles vérités merveilleuses sont dévoilées.
       Des projets réussissent qui avaient précédemment échoué.
       Oh, comme la vie peut être belle,
       Belle simplicité.

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CHAPITRE 6: Résoudre les problèmes de la vie


LA RAISON D’ÊTRE DES PROBLÈMES est de nous amener à obéir aux lois de Dieu qui sont précises et immuables. Nous sommes libres de leur obéir ou non. L’obéissance amène l’harmonie, la désobéissance apporte plus de problèmes.

De même, lorsque les sociétés ne sont plus en harmonie, des problèmes collectifs y surgissent. Leur but est alors d’amener toute la société à l’harmonie. Les individus découvrent qu’ils peuvent apprendre et grandir, non seulement par la résolution de problèmes individuels, mais aussi par la résolution de problèmes collectifs. Je dis souvent que je n’ai plus de problèmes personnels, mais de temps à autre un petit obstacle se présente. Je ne le vois pas vraiment comme un problème parce qu’il me paraît si peu important. Maintenant, je veux faire tous mes apprentissages et ma croissance en aidant à résoudre des problèmes collectifs.

Il fut un temps où je pensais que c’était embêtant d’être confrontée à un problème. J’essayais de m’en débarrasser. J’essayais de trouver quelqu’un qui le règlerait pour moi. Mais c’était il y a très longtemps. Ce fut un grand jour dans ma vie lorsque j’ai découvert le merveilleux but des problèmes. Oui, ils ont un but merveilleux.

Certains souhaitent une vie sans problèmes. Je ne souhaiterais jamais une telle vie à un seul d’entre vous. Ce que je vous souhaite est la grande force intérieure de régler vos problèmes, d’une manière qui donne du sens à votre vie, et qui vous permette de progresser. Les problèmes sont des expériences d’apprentissage et de croissance. Une vie sans problèmes serait une vie vide de sens, sans occasion de croître spirituellement.

Une fois, j’ai rencontré une femme qui n’avait pratiquement pas de problèmes. Je participais à une émission radiophonique de fin de soirée, à New York. Cette femme a téléphoné à la station et m’a invitée chez elle. Comme j’avais l’intention de passer la nuit au terminus d’autobus, j’ai accepté. Elle m’a envoyé son chauffeur et je me suis retrouvée dans une maison de millionnaire, conversant avec une femme d’âge mûr qui ressemblait à une enfant. Elle était tellement immature! J’ai été étonnée de son immaturité, jusqu’à ce que je comprenne que cette femme avait été protégée de tous les problèmes par un groupe de serviteurs et d’avocats. Elle n’avait jamais été confrontée à la vie. Elle n’avait pas eu de problèmes qui lui permettent de progresser. Alors, elle n’avait pas progressé. Les problèmes sont des bénédictions déguisées!

* * *

Si je réglais les problèmes pour les autres, ils stagneraient. Ils ne progresseraient jamais. Ce serait une grande injustice envers eux. Mon approche est d’aider au niveau de la cause plutôt qu’à celui de l’effet. J’aide les autres en leur insufflant l’inspiration de travailler à régler leurs problèmes par eux-mêmes. Si vous donnez un repas à un homme, vous le nourrissez seulement pour une journée. Mais si vous lui enseignez à cultiver sa nourriture, vous le nourrissez pour la vie.

C’est en résolvant correctement des problèmes que nous progressons spirituellement. Un problème ne nous est jamais donné sans la capacité de le surmonter. Si un grand problème se présente à vous, cela indique seulement que vous avez la grande force intérieure de le résoudre. Il n’y a vraiment jamais rien qui justifie d’être découragé, car les difficultés sont des occasions de croissance intérieure. Plus grande est la difficulté, plus grande est l’occasion de grandir.

* * *

Les difficultés matérielles viennent souvent nous rappeler que nous devons plutôt nous concentrer sur les choses spirituelles. Quelquefois, les difficultés du corps viennent démontrer qu’il n’est qu’un vêtement temporaire et que la réalité est l’essence indestructible qui anime le corps. Quand nous pouvons dire: « Merci mon Dieu pour les problèmes qui nous sont envoyés pour notre croissance spirituelle », les problèmes n’en sont plus. Ils deviennent alors des opportunités.

Laissez-moi vous raconter l’histoire d’une femme qui avait un problème personnel. Elle vivait constamment avec une douleur dans le dos. Je peux encore la voir, arrangeant les oreillers derrière son dos pour atténuer sa grande douleur. Elle était très amère à ce sujet. Je lui ai parlé du merveilleux but des problèmes dans nos vies. J’ai essayé de l’inciter à penser à Dieu plutôt qu’à ses problèmes. J’ai dû réussir jusqu’à un certain point parce qu’une nuit, après s’être couchée, elle s’est mise à penser à Dieu.

« Dieu me considère, moi ce petit grain de poussière, comme étant si importante qu’Il m’envoie exactement les bons problèmes pour me faire grandir », commença-elle à penser. Et elle s’est tournée vers Dieu en disant: « Mon Dieu, merci pour cette douleur à travers laquelle je peux grandir et me rapprocher de Toi. » Alors, la douleur est disparue et n’est jamais revenue. Peut-être est-ce le sens de la phrase: « En toute chose soyez reconnaissant.» Peut-être devrions-nous plus souvent dire des prières de gratitude pour nos problèmes. La prière est une concentration de pensées positives.

* * *

Plusieurs problèmes courants sont causés par de mauvaises attitudes. Les gens se voient comme le centre de l’univers et jugent chaque chose comme si elle était reliée à eux. Naturellement, vous ne serez pas heureux de cette façon. Vous ne pouvez être heureux que lorsque vous voyez les choses dans la perspective appropriée. Tous les êtres humains sont d’importance égale aux yeux de Dieu et ont un travail à faire dans le plan divin.

Je vais vous donner l’exemple d’une femme qui avait de la difficulté à trouver son rôle dans le plan divin. C’était une célibataire au début de la quarantaine, obligée de gagner sa vie. Elle détestait tellement son travail qu’il la rendait malade. Elle commença par consulter un psychiatre qui lui promit de l’adapter à son travail. Après quelques séances elle est retournée au travail, mais elle le détestait encore. Elle est retombée malade et est venue me voir. Je lui ai demandé quelle était sa vocation et elle a répondu : « Je n’ai pas de vocation.»

Ce n’était pas vrai. En fait, elle voulait dire qu’elle ne connaissait pas sa vocation. Aussi lui ai-je demandé ce qu’elle aimait, car faire ce qui correspond à sa vocation demande peu d’effort et apporte beaucoup de joie, comme ce pèlerinage pour moi. J’ai appris qu’elle aimait faire trois choses. Elle aimait jouer du piano, mais n’était pas assez avancée pour en faire son gagne-pain. Elle aimait nager, mais n’était pas assez experte pour être professeur de natation. Et puis elle aimait travailler avec les fleurs.

Je lui ai trouvé un emploi chez un fleuriste pour qu’elle puisse gagner sa vie en travaillant avec les fleurs. Elle disait qu’elle adorait tellement ce travail, qu’elle le ferait gratuitement. Nous avons utilisé les autres choses aussi, car souvenez-vous, elle avait besoin de plus qu’un simple gagne-pain. La natation devint son exercice physique, ce qui cadre bien avec une vie saine. Quant au piano, il devint sa manière de servir. Elle jouait de vieilles chansons pour les résidants d’une maison de retraités et était très douée pour les amener à chanter. Ces trois choses lui ont permis de se construire une vie merveilleuse. Elle est devenue une femme séduisante et s’est mariée environ une année plus tard. Elle a conservé ce style de vie.

* * *

J’ai connu une autre femme qui était confinée à sa chambre depuis très longtemps. Je suis allée la voir et j’aurais pu dire immédiatement, d’après les traits de son visage et sa tension, que ce n’était pas physique du tout. Et je ne pense pas que je lui ai parlé plus de cinq minutes avant qu’elle ne me dise à quel point sa soeur avait été mesquine envers elle. À la façon dont elle racontait cela, je savais qu’elle avait répété bien des fois cette histoire et qu’elle ruminait constamment cette amertume envers sa soeur. Je lui ai expliqué que si elle pardonnait, demandait pardon et faisait la paix avec sa soeur, elle pourrait espérer une amélioration de sa santé. « Pff! », répondit-elle. « Je préférerais mourir. Vous n’avez aucune idée à quel point elle était mesquine. » La situation s’enlisa pendant quelque temps.

Un matin à l’aube, cette femme me montra une très belle lettre inspirée qu’elle venait d’écrire à sa soeur. Il y a quelque chose de merveilleux à dire au sujet de l’aube. Le crépuscule est aussi merveilleux, mais au coucher du soleil la plupart des gens sont éveillés, pressés et s’agitent en tous sens. À l’aube, ils sont au ralenti ou endormis. Ils sont beaucoup plus harmonieux quand ils sont endormis. C’est pourquoi l’aube est souvent propice aux choses spirituelles. Je suis immédiatement allée poster la lettre en ville avant qu’elle ne change d’idée. Quand je suis revenue, elle avait en effet changé d’idée. C’était une bonne chose que j’aie posté la lettre! Elle s’inquiétait un peu mais une lettre de sa soeur lui parvint par le retour du courrier. Sa soeur était si contente qu’elles puissent se réconcilier. Et vous savez, le jour même où la lettre arriva, la femme était debout et marchait hors du lit. La dernière fois que je l’ai vue, elle s’en allait joyeusement se réconcilier avec sa soeur.

Il semble bien que le vieux proverbe suivant soit vrai : « la haine fait du mal à celui qui hait, pas à celui qui est haï ».

* * *

Certaines personnes prennent moins de temps à choisir un conjoint qu’une auto. Elles se laissent simplement entraîner dans ces relations. Personne ne devrait fonder une famille, à moins de se sentir appelé à le faire, autant que je me suis sentie appelée à faire mon pèlerinage. Autrement, ce sera une tragédie. Je me souviens d’une femme qui ne s’entendait pas avec son mari. Je voyais bien qu’ils n’avaient rien en commun. Je lui ai finalement demandé: « Pourrais-tu bien me dire pourquoi tu as épousé cet homme? » Et elle a répondu: « Toutes mes amies se mariaient et je n’ai pas trouvé mieux à l’époque. » Cela arrive souvent. Cela vous étonne-t-il qu’il y ait autant de divorces? Les gens fondent des familles sans y être appelés.

L’attachement émotionnel peut être une chose terrible. Quand je travaillais auprès de gens en difficulté, j’ai constaté qu’ils avaient souvent un problème à se libérer d’un attachement émotionnel. Parmi ces cas, il y eut celui d’une jeune fille de seize ans. Maintenant elle est probablement mariée et heureuse avec quelqu’un d’autre. Je dis toujours que le temps guérit toutes les plaies, mais elle croyait que son coeur était brisé parce que son ami s’était marié avec quelqu’un d’autre. Malgré la difficulté qu’elle éprouvait à surmonter cette épreuve, il vint un temps où elle fut capable de l’envisager philosophiquement. Cela prend du temps. En fait, les gens se remettent quelquefois plus rapidement du décès que du départ d’un être cher.

L’habitude des soucis

Vivez l’aujourd’hui! Hier n’est qu’un rêve et demain n’est qu’une vision. Mais un aujourd’hui bien vécu fait de chaque hier un rêve de bonheur et de chaque demain une vision d’espoir. Ne vous tourmentez jamais au sujet du passé ou ne vous inquiétez pas de l’avenir. Vivez cette journée et vivez-la bien.

Se faire du souci est une habitude. C’est une chose sur laquelle on peut travailler. Je l’appelle l’abandon de l’habitude de se faire du souci. Il y a des techniques qui aident. Quand je parle avec certains croyants, de merveilleuses personnes pourtant, je découvre qu’ils continuent encore à se faire du souci. C’est une pure perte de temps et d’énergie. Si vous priez avec foi, laissez immédiatement tous vos soucis dans les mains de Dieu : les meilleures mains qui soient. C’est une excellente technique. Au début, vous aurez peut-être besoin de les amener à Dieu plusieurs fois avant de développer l’habitude (comme je l’ai fait) de toujours faire tout ce que vous pouvez dans une situation, puis de laisser le reste en toute sécurité dans les mains de Dieu.

Combien de fois vous faites-vous du souci au sujet du moment présent? Le présent est habituellement très bien. Si vous vous faites du souci, soit vous vous tourmentez sur le passé que vous auriez dû oublier il y a longtemps déjà, soit vous vous inquiétez pour l’avenir qui n’est même pas arrivé. Nous avons tendance à esquiver le moment présent qui est le seul moment que Dieu donne à chacun de nous pour vivre. Si vous ne vivez pas le moment présent, vous n’arrivez jamais à vivre. Et si vous vivez le moment présent, vous avez tendance à ne pas vous faire de souci. Pour moi, chaque moment est une nouvelle et merveilleuse opportunité de servir.

L’habitude de la colère

Je vais mentionner quelques autres habitudes. L’une d’elles est l’habitude de la colère. Une énergie considérable accompagne la colère. On l’appelle parfois l’énergie de la colère. Ne la refoulez pas, car elle vous blesserait intérieurement. Ne l’exprimez pas, car non seulement elle vous blesserait intérieurement, mais elle aurait des répercussions sur votre entourage. Vous devez la transformer. Utilisez cette très grande énergie d’une manière constructive en accomplissant une tâche à faire ou un exercice bénéfique.

La meilleure façon de vous en parler est de vous dire ce que plusieurs personnes ont fait. Une femme lavait toutes les fenêtres de la maison. Une autre passait l’aspirateur, que ce soit nécessaire ou non, tandis qu’une autre faisait cuire du pain, un bon pain de grains entiers. Et encore une autre se mettait à jouer du piano. Elle jouait des marches fougueuses au début. Puis, elle se calmait et jouait des pièces plus douces telles que des hymnes et des berceuses. Alors, je savais qu’elle était calmée.

Un homme, quant à lui, sortait sa tondeuse à gazon manuelle. Rappelez-vous, la tondeuse manuelle sans moteur. Vous n’en avez peut-être jamais vu! Et il tondait sa grande pelouse. J’habitais la maison voisine. Un jour, il est allé emprunter la tondeuse motorisée de son voisin. Comme je lui demandais pourquoi, il m’a dit: « Oh, sans l’énergie de la colère je ne pourrais jamais tondre cette grande pelouse avec une tondeuse manuelle. » Vous voyez, c’est vraiment une énergie colossale.

Puis, il y eut cet homme qui a sauvé son mariage. Il s’emportait si facilement que sa jeune femme était sur le point de le quitter et d’emmener leurs deux jeunes enfants avec elle. Il s’est dit: « Je vais faire quelque chose pour changer cela! » Et il l’a fait. Chaque fois qu’il sentait monter une crise de colère, il sortait et faisait du jogging au lieu de lancer des choses partout dans la maison, comme c’était son habitude. Il faisait le tour du pâté de maisons sans arrêt, jusqu’à ce qu’il manque de souffle et que l’énergie se soit complètement épuisée. Il a ainsi sauvé son mariage car cela a fonctionné. Je l’ai revu des années plus tard et je lui ai demandé: « Eh bien, faites-vous toujours du jogging? » « Oh, un peu à titre d’exercice », a-t-il dit, « mais je n’ai pas eu de crise de colère depuis des années. » Lorsque vous utilisez l’énergie de manière constructive, vous perdez l’habitude de la colère.

Ces techniques ont aussi fonctionné avec les enfants. Je me rappelle un garçon de dix ans. J’essayais d’aider sa mère parce qu’elle avait beaucoup de difficulté avec lui. Il piquait des crises de colère. Une fois, alors qu’il était calme, je lui ai demandé: « De toutes les choses que tu fais, laquelle te demande le plus d’énergie? » Il a répondu: « Je crois que c’est de monter en courant la colline derrière la maison. » Nous avons ainsi trouvé une merveilleuse solution. Chaque fois que sa mère voyait le début d’une crise de colère, elle l’envoyait dehors et lui disait: « Va courir sur la colline. » Cela a fonctionné si bien que lorsqu’une institutrice me confia avoir un problème similaire avec un garçon du même âge, je lui ai suggéré de le faire courir autour de l’école. Et cela a réussi.

Je vais maintenant vous raconter l’histoire d’un couple. Ils se disputaient et devenaient tous les deux furieux. Ils décidèrent, quand cela se produisait, de marcher autour du pâté de maisons. L’un marchait dans une direction et l’autre dans la direction opposée. Ils se croisaient donc à de fréquents intervalles. Quand ils pouvaient se rencontrer amicalement, ils retournaient à la maison ensemble. Ils discutaient des causes de leurs colères et de ce qu’ils pouvaient faire pour y remédier à l’avenir. C’était une attitude très sage. Vous ne devez jamais essayer de discuter avec quelqu’un qui est en colère parce que cette personne n’est pas rationnelle à ce moment-là.

Voici une autre histoire concernant une jeune mère. Elle avait trois enfants d’âge préscolaire et elle disait: « Quand je deviens furieuse, j’aimerais aller courir, mais je ne peux pas. Je ne peux pas laisser mes trois petits enfants. Et je finis habituellement par passer ma colère sur eux. » Je lui ai dit: « Avez-vous déjà essayé de courir sur place? » J’étais sûre que cela lui conviendrait.

Plus tard, elle m’écrivit: « Pèlerin, ça fonctionne à merveille. Non seulement ça épuise l’énergie de la colère, mais ça amuse les enfants! »

L’habitude de la peur

La peur est aussi une habitude. La peur peut être apprise et elle l’est constamment. La peur se perpétue. Maintenant je n’ai plus la moindre peur car Dieu est toujours avec moi.

J’avais une amie qui avait peur des gens appartenant à un certain groupe ethnique. Son mari avait été transféré dans une autre municipalité et elle s’est retrouvée parmi ce groupe qu’elle avait toujours craint. Je travaillais avec elle et je lui ai d’abord fait connaître la musique de ces gens, car elle était musicienne. Puis, j’ai trouvé une femme de ce groupe qui avait deux enfants à peu près du même âge que les siens, et nous sommes allées la voir. Les deux petits garçons sont partis ensemble en courant et les deux petites filles sont aussi parties ensemble. Nous avons alors fait connaissance. Naturellement, les deux mères sont devenues rapidement des amies. Je me souviens de l’époque où chacune fréquentait l’église de l’autre. C’était beau de les voir. Un dimanche elles allaient ensemble à une église et l’autre dimanche elles allaient ensemble à l’autre église. C’était très intéressant de voir qu’après avoir appris à se connaître, elles ont découvert que leurs similitudes étaient beaucoup plus grandes que leurs différences. Elles en sont arrivées à s’aimer mutuellement une fois qu’elles se sont connues.

J’ai connu une dame qui était professeur d’anglais à l’université. Chaque fois que le moindre grondement de tonnerre se faisait entendre à une certaine distance, elle devenait hystérique. Quand elle était une toute petite enfant, sa mère courait se réfugier sous le lit chaque fois qu’il y avait un orage. Naturellement, les enfants couraient se réfugier avec elle. C’est par l’exemple que sa mère lui avait communiqué la peur des orages. C’est comme cela que les enfants apprennent.

Presque toute peur est une peur de l’inconnu. Alors quel est le remède? C’est de vous familiariser avec les choses dont vous avez peur. Nous avons eu à apprendre toutes les règles de sécurité avant de nous familiariser avec les orages, mais nous avons réussi.

Je vais vous raconter une autre histoire sur la peur. J’ai entendu parler de femmes qui ont peur des souris. J’ai connu personnellement des hommes et des femmes qui avaient peur des chiens. Mais cette femme avait peur des chats. Je ne parle pas de chats sauvages, mais seulement de chats domestiques ordinaires.

Il y avait des chats dans son voisinage. Tous ses amis avaient des chats. Chaque fois qu’elle rencontrait un chat, elle criait, courait et devenait hystérique. Elle m’a dit qu’elle pensait que chaque chat rencontré lui sauterait à la gorge. Un psychologue dirait: « Quand elle était bébé, elle a été effrayée par un chat. Elle a oublié cela mais ça demeure dans son subconscient. » Ce qui pourrait être vrai. Mais cela importe peu. Je lui ai dit: « Si vous voulez perdre votre peur des chats, vous devez vous familiariser avec un chat. » « Oh non!» répondit-elle. Je lui ai demandé: « Mais avez-vous peur d’un chaton? » « Pas s’il est assez petit », a-t-elle répondu. Alors, j’ai emprunté un mignon petit chaton. On m’a dit que je pouvais l’emprunter ou le garder. Je le lui ai apporté et je lui ai dit: « Bon, avez-vous peur de ceci? » « Oh, pas de cette petite chose », a-t-elle dit. « D’accord », ai-je répondu, «maintenant vous devez apprendre à vous connaître. Vous devez le nourrir, jouer avec lui.» Et bien sûr vous connaissez la fin de l’histoire. Le chaton est devenu un chat et elle y était si attachée qu’elle ne pouvait plus s’en départir.

* * *

Certaines peurs peuvent venir d’expériences vécues dans des vies précédentes. En fait, la dernière anecdote que j’ai racontée avait peut-être une telle source. On doit y faire face de la même façon. Vous apprenez à vous familiariser avec les choses que vous craignez.

Dans certains cas, vous devez utiliser une approche un peu différente. Je vais vous parler d’un cas où nous avons utilisé l’approche graduelle. C’était une femme qui avait peur de dormir dans une petite chambre. Elle pouvait aller dans une petite pièce, mais pas y dormir. Cette peur venait d’une expérience vécue dans une vie antérieure. Elle est venue demander de l’aide à l’endroit où je travaillais. Nous avons placé pour elle un lit de camp dans le coin de la bibliothèque, une pièce très grande. Elle avait même peur de dormir là toute seule. La première nuit, j’ai installé un autre lit de camp et j’ai dormi près d’elle. Puis, quand elle eut appris à dormir seule dans la bibliothèque, nous avons placé un lit de camp dans la salle à manger, la deuxième pièce la plus grande. J’ai dormi près d’elle la première nuit, puis elle a graduellement appris à y dormir seule. Puis, nous avons essayé notre plus grande chambre à coucher et ainsi de suite jusqu’au moment où elle fut capable de dormir dans une petite chambre.

Vous n’avez pas nécessairement besoin d’utiliser cette méthode graduelle. Nous l’avons fait parce que certaines sortes de peur sont plus faciles à traiter ainsi. Une autre peur est celle des hauteurs. Elle peut aussi provenir d’une expérience antérieure. Laissez-moi vous dire qu’il y a des gens jeunes et vigoureux qui ont peur des hauteurs.

Ce que j’avais l’habitude de faire quand des gens avaient peur des hauteurs était de les emmener à une hauteur où ils se sentaient confortables sans vouloir aller plus haut. Je restais alors avec eux un certain temps. Puis, je les laissais là avec quelque chose à lire ou à faire pendant qu’ils demeuraient à cette hauteur un certain temps. Le lendemain, nous allions immédiatement à cette hauteur, puis nous grimpions un peu plus haut. Finalement, ils atteignaient le sommet. Habitués à la hauteur, ils n’en avaient plus peur.

* * *

On m’a demandé si une certaine dose de peur était saine. Je crois qu’aucune dose de peur n’est saine, à moins que vous ne parliez du fait que si vous avez peur de traverser la rue, vous regarderez à gauche et à droite avant de traverser. Mais voyez-vous, je crois que nous devons faire pour nous-mêmes tout ce qui nous est possible. C’est pourquoi je regarde toujours à droite et à gauche avant de traverser la rue. Mais je ne crois pas que ce soit de la peur. C’est une simple question de bon sens. Je ne relie cela d’aucune manière avec la peur. Par exemple, je sais que s’il y a de petits cailloux éparpillés sur un rocher lisse, je suis susceptible de glisser si je marche sur ces petits cailloux. Alors, je fais attention pour ne pas le faire. Je n’ai pas peur, c’est seulement la chose sensée à faire.

La Protection Divine

Récemment, alors que je guidais un groupe dans un voyage éducatif et inspirant des quatre îles hawaïennes, un policier nous a prévenus de ne pas dormir sur la plage. Un meurtre aurait été commis sur cette plage. Il me paraissait très regrettable que la peur se perpétue sur ces îles magnifiques. Je n’avais aucune peur. Un membre du groupe a essayé de me convaincre des dangers de la plage et je lui ai dit: « Nous sommes tous sous la protection de mon ange gardien. » Et nous n’avons pas eu le moindre incident sur aucune plage.

Une nuit, je crois que nous étions les seuls anglo-américains sur la plage. Les autres étaient si gentils. Plusieurs personnes se sont approchées et l’une d’elles m’a dit: « Je vous ai vue à la télévision il y a quelques années. » Cela devait remonter à cinq ans auparavant, lors de ma première visite aux îles. Ils m’ont même demandé des autographes! Aussi, je crois que nous ne devrions pas avoir de crainte. Je ne crois pas que la crainte puisse faire autre chose qu’attirer le danger. N’oubliez pas : « Il m’est arrivé ce dont j’ai eu peur! » J’ai senti que mon groupe et moi étions protégés et en parfaite sécurité sur la plage et nous l’avons été.

* * *

Je me sens totalement protégée. Il m’est arrivé deux fois de ressentir le besoin de sortir de la voiture dans laquelle je me trouvais et une fois j’ai su pourquoi. Mais je ne suis pas sortie de la voiture lorsque je descendais vers Los Angeles avec deux étudiants d’école secondaire. Ils voulaient voir jusqu’à quelle vitesse la vieille Chevrolet pouvait descendre la colline. J’étais assise sur le siège arrière et je me sentais parfaitement bien.

Mais une fois, j’étais avec un homme qui buvait du whisky et je lui ai offert de conduire à sa place. Je lui ai montré mon permis de conduire, mais il ne voulait pas me laisser prendre le volant. Je lui ai donc demandé de me laisser descendre à l’intersection. Puis, je suis montée à bord d’une camionnette. Nous n’avions pas encore fait huit kilomètres que nous apercevions l’automobile que je venais de quitter. Elle était tombée dans un cours d’eau et avait frappé un peuplier. Sur le côté où j’avais pris place, la vitre était cassée et le toit enfoncé. J’ai donc vu immédiatement pourquoi j’avais éprouvé le besoin de sortir. Le conducteur n’était pas blessé grièvement. Il avait seulement quelques égratignures.

Une autre fois je n’ai pas vu le résultat, mais j’ai senti que je devais sortir. L’homme conduisait très imprudemment. Il traversait la double ligne continue du centre et dépassait les voitures quand il ne pouvait rien voir. Je suis donc sortie. Je suis alors montée avec un homme qui tournait à l’est à l’intersection. Ainsi, je n’ai jamais vu ce qui est arrivé à l’autre automobile. Je ne sais pas. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé.

Il est bon d’avoir une certaine dose de bon sens, comme de regarder à gauche et à droite avant de traverser la rue, mais certainement pas d’entretenir les peurs insensées que beaucoup d’êtres humains ont. Voyez-vous, si vous commencez à avoir peur, disons de dormir sur la plage, vous devriez être terrifié chaque fois que vous dormez chez vous ou dans une chambre d’hôtel. Songez au nombre de personnes qui sont tuées dans leur propre maison ou dans une chambre d’hôtel. Cela peut mener à un comportement ridicule.

Je me sens réellement complètement protégée. Si j’avais ressenti quelque chose de semblable à ce que j’avais ressenti dans ces deux autos, j’aurais amené tout mon groupe à l’écart de la plage. Cependant, je sentais une protection absolue. Je n’avais pas la moindre crainte. Je savais que nous étions en parfaite sécurité quand nous sommes restés sur la plage.

* * *

Il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas parfaitement. Nous savons seulement qu’elles arrivent. Par exemple, j’ai été préservée de choses qui auraient pu me blesser. Un jour, je marchais sur ce que je savais être une petite route. Les arbres formaient une voûte au-dessus de ma tête. Je n’y voyais pas grand-chose, mais je connaissais cette route grâce à une expérience antérieure. Je pouvais voir la lumière au bout du tunnel. Je marchais très rapidement lorsque quelque chose, que je peux seulement appeler une force, m’a arrêtée. Je veux dire que c’était assez puissant pour m’arrêter. Alors, j’ai avancé avec une grande précaution pour voir ce qui avait bien pu se passer. Et là, devant, il y avait du fil de fer barbelé tendu en travers de la route. Je ne savais pas qu’au bout de la route, ils réparaient une clôture pour les animaux. Ils avaient tendu ce barbelé en travers pour contenir le bétail. Je me serais heurtée sur le barbelé si je n’avais pas été arrêtée. Nous avons beaucoup plus de protection que nous ne le réalisons.

L’incident le plus important de cette nature s’est produit lorsque je conduisais une voiture. Maintenant je n’ai plus mon permis de conduire, mais tout le temps où je conduisais, j’étais un bon conducteur stable. L’automobile était toujours sous mon contrôle. Cette fois-là, je conduisais la voiture de quelqu’un d’autre sur une route inachevée. Sur une pente descendante, il y avait un feu de circulation à la fin de la route où vous deviez tourner d’un côté ou de l’autre. Des autos tournaient dans les deux directions et arrivaient sur la route devant moi. J’ai naturellement mis le pied sur le frein quand j’ai vu la lumière passer au rouge, mais il n’y avait plus de freins! J’ai cherché le frein de secours, mais il n’y en avait pas. J’ai pensé que si je réussissais à mettre la voiture en marche arrière, elle s’arrêterait, quitte à tout casser. J’ai essayé de la mettre en marche arrière mais sans succès. J’ai vu devant moi une voiture familiale avec deux petits enfants regardant par la fenêtre arrière. Je devais arrêter l’auto! Je ne pouvais pas tourner à gauche car il y avait un mur de pierre. De plus, les autos arrivaient vite et étaient rapprochées. À droite, il y avait un mur de pierre et un fossé. Ma petite pensée limitée s’est dit: « Prends le fossé et effleure la muraille. Même si l’auto en sort grandement endommagée, elle va s’arrêter. » Je fus incapable de le faire. Ce fut le seul moment de ma vie où le contrôle d’une voiture m’a été retiré. L’automobile a tourné à gauche, est passée entre deux autos, puis s’est retrouvée sur un petit chemin de terre dans une pente montante. Ce qui, naturellement, l’a arrêtée. Je ne savais pas que le chemin de terre était là. Il m’était impossible de le voir.

Ainsi, vous voyez, il y a eu des choses bien étonnantes qui me sont arrivées. Vous pouvez comprendre pourquoi je sens une protection absolue. Cette protection s’étend à tout groupe avec lequel je me trouve.

Une méditation bénéfique

J’aimerais partager avec vous cette petite méditation. Premièrement, pouvons-nous reconnaître que la protection de Dieu nous entoure? Sachez que vous êtes les merveilleux enfants de Dieu, toujours dans les mains de Dieu. Acceptez Dieu... acceptez la protection de Dieu... il n’y a vraiment aucun problème à craindre. Sachez que vous n’êtes pas le vêtement d’argile. Sachez que vous n’êtes pas cette nature centrée sur soi qui gouverne votre vie inutilement. Sachez que vous êtes la nature centrée sur Dieu, le royaume de Dieu à l’intérieur, le Christ qui vous habite, éternel et indestructible. Identifiez-vous avec votre vrai moi.
         Paix... sois attentif... et sache... que Je suis Dieu.
         Paix... sois attentif... et sache... que Je suis.
         Paix... sois attentif... et Sache.
         Paix... sois attentif.
         Paix... sois.
         Paix...
                             Paix...
                                               Paix.

Et maintenant, en sachant que nous sommes les enfants parfaits de Dieu, éternels et indestructibles, allons chacun notre chemin dans l’amour, en demeurant toujours unis en esprit. Que Dieu vous bénisse et que la paix soit avec vous tous.

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CHAPITRE 7: Vivre spirituellement


AU DÉBUT, j’ai entrepris de marcher non seulement pour entrer en contact avec les gens, mais aussi comme discipline de prière, pour rester concentrée sur ma prière en faveur de la paix. Je n’avais pas encore appris à prier continuellement. J’ai aussi entrepris une période de quarante-cinq jours de prière et de jeûne comme discipline de prière.

Après les premières années, la discipline de prière devint complètement inutile parce que j’avais appris à prier continuellement. Mon contact est si profond que je peux inclure dans ma conscience de prière toute personne ou situation dans le monde qui me tient à coeur. Le reste se met en place automatiquement.

Occasionnellement, une condition est ramenée à ma pensée consciente parce que j’ai vraiment besoin de me concentrer sur elle. Si des personnes en grave difficulté reviennent à ma pensée consciente, j’utilise parfois la prière de visualisation, toujours très naturelle pour moi. Mais je suis consciente que cela n’est pas le cas pour tous. Je tends - c’est-à-dire que ma nature divine tend - à contacter leur nature divine. J’ai alors la sensation de les élever, les élever, les élever, pour finalement leur apporter la lumière de Dieu. J’essaie de les visualiser baignant dans la lumière de Dieu jusqu’au moment où je vois ces personnes debout, tendant les bras, immergées dans une lumière dorée. A ce point, je les laisse dans les mains de Dieu.

* * *

Même si certaines personnes peuvent être gouvernées par leur nature centrée sur soi et ne pas connaître du tout leur potentiel, je vois leur étincelle divine et c’est sur elle que je me concentre. Toutes les personnes sont très belles pour moi. Elles m’apparaissent comme des lumières éclatantes. Je me sens toujours reconnaissante pour ces gens merveilleux qui m’accompagnent sur la terre.

Aussi, je dirais qu’une partie de ma prière est un sentiment de reconnaissance et, naturellement, un sentiment d’amour véritable pour tous les enfants de Dieu ainsi que pour toute la création divine. La prière est une concentration de pensées positives. C’était un petit commentaire sur la prière.

LES VOIES DE LA PRIÈRE

Vous pouvez visualiser la lumière de Dieu chaque jour et l’envoyer à quelqu’un qui a besoin d’aide. Votre nature divine doit tenter de communiquer et toucher la nature divine de l’autre. La lumière du monde est en vous et elle doit être partagée avec le monde.

Visualisez une lumière dorée à l’intérieur de vous et étendez-la vers l’extérieur. D’abord à ceux qui vous entourent, à votre cercle d’amis et de parents, puis graduellement au monde. Continuez de visualiser la lumière dorée de Dieu entourant notre terre.

Si vous avez un problème, soumettez-le à Dieu en prière et visualisez-le dans les mains de Dieu. Puis laissez-le, sachant qu’il est dans les meilleures mains qui soient. Tournez ensuite votre attention vers d’autres choses.

Ce n’est pas la seule prière possible, mais j’ai découvert que cette prière de visualisation se révélait très utile à ceux qui étaient en très grande difficulté. On m’a parlé plus tard de certains résultats. Je la pratique donc occasionnellement.

Il y a aussi une prière constante de reconnaissance. Je suis constamment reconnaissante. Le monde est si beau, je suis reconnaissante. J’ai une énergie inépuisable, je suis reconnaissante. Je suis branchée à la source d’Alimentation Universelle, je suis reconnaissante. Je suis branchée à la source de Vérité Universelle, je suis reconnaissante. J’éprouve constamment ce sentiment de reconnaissance, qui est une prière.

* * *

Quand vous êtes en apprentissage, il est vrai qu’il peut être bénéfique de prendre des moments particuliers, même d’utiliser des formules spéciales. Je comprends cela.

Plusieurs personnes m’ont écrit en me disant: « Pèlerin, voudrais-tu prier avec moi à quatre heures de l’après-midi ou à neuf heures du soir, qui est une telle heure à l’heure avancée? » Je leur réponds : « Vous n’avez pas à penser à tout cela pour moi. Branchez-vous n’importe quand. Vous prierez avec moi et je prierai avec vous parce que je prie continuellement. »

* * *

Prier continuellement n’est pas un rituel. Il n’y a même pas de mots. C’est un état constant de conscience de l’unité avec Dieu. C’est une sincère recherche d’une bonne chose, une concentration sur la chose recherchée, avec la foi qu’elle peut être obtenue. Toute bonne prière a un effet bénéfique. Mais si vous donnez toute votre vie à la prière, vous multipliez son pouvoir. Personne ne connaît réellement toute la puissance de la prière. Naturellement, il y a une relation entre la prière et l’action. La prière réceptive résulte en une réception intérieure, qui incite à accomplir la bonne action.

* * *

Laissez-moi vous raconter une histoire au sujet d’une réponse à la prière. Tard le soir, alors que je marchais sur une grand-route déserte, je fus arrêtée par un jeune policier. Je crois qu’il pensait à une détention provisoire comme mesure de protection. Il m’a dit: « Personne dans cette ville ne marcherait sur cette grand-route à cette heure de la nuit. »

Je lui ai répondu: « Eh bien, voyez-vous, je marche sans la moindre peur. Alors je n’attire pas les mauvaises choses. Il est dit: Ce que j’ai craint m’est arrivé. Aussi, je ne crains rien et n’attends que le bien. »

Il m’a embarquée quand même et je me suis retrouvée dans une cellule. Le plancher était plein de journaux, de mégots de cigarettes et de toutes sortes de vieilles choses. Le mobilier consistait en un seul matelas sur le plancher et quatre vieilles couvertures déchirées. Il y avait deux femmes qui essayaient de dormir ensemble sur ce matelas de lit simple. Elles m’ont dit que la nuit précédente, elles étaient huit femmes dans la cellule avec cette installation. En général, les relations étaient plutôt bonnes entre les détenues. Elles m’ont dit: « Vous avez besoin de deux couvertures parce que vous allez dormir sur le plancher. » J’ai pris un journal et dégagé une place sur le sol. Puis j’ai déposé une couverture par terre et mis l’autre sur moi. J’ai dormi assez confortablement.

Ce n’était ni la première fois, ni la dernière, que je dormais sur un plancher de ciment. Si vous êtes détendu, vous pouvez dormir n’importe où. Le matin quand je me suis réveillée, j’ai vu un homme qui nous dévisageait à travers les barreaux. Je lui ai demandé: « À quelle heure faut-il se présenter au tribunal? » Il a répondu: « Je ne sais pas. » Je lui ai dit: « Mais n’êtes-vous pas un policier? » « Non », dit-il, « J’aime seulement regarder les filles. » C’était l’une des attractions de l’endroit. N’importe qui pouvait entrer directement de la rue et voir ce qu’ils avaient ce jour-là : «Allons voir les filles! »

Une des femmes, d’âge mûr, était détenue pour ivresse et indiscipline. C’était la septième fois, m’a-t-elle dit. Ce n’était donc pas trop dur pour elle. Mais l’autre était une jeune fille de dix-huit ans. Elle avait l’impression que toute sa vie était ruinée à cause de cette expérience. Je lui ai dit: « C’est ma deuxième fois et je ne pense certainement pas que ma vie est ruinée! » Je lui ai remonté le moral et nous avons parlé de ce qu’elle aimerait faire lorsqu’elle sortirait. Elle devait sortir ce jour-là ou le lendemain.

Ils ont alors changé de gardien. Je n’avais pas vu une seule gardienne de prison. Le nouveau gardien m’a regardé et m’a dit: « Que faites-vous ici? J’ai vu votre photo dans le journal. Je vous ai entendue à la radio. » Alors ils m’ont simplement laissée partir.

Mais avant de partir j’ai obtenu un balai du concierge et je l’ai donné aux filles pour qu’elles balaient leur cellule. Je leur ai aussi obtenu un peigne. Leurs cheveux étaient très emmêlés car elles étaient là depuis environ une semaine, sans peigne.

Ce que je voulais surtout vous dire est que la jeune fille de dix-huit ans était une personne profondément religieuse. Elle avait prié désespérément pour obtenir de l’aide. Je crois que j’ai été embarquée sur la route et mise derrière les barreaux en réponse à ses prières.

* * *

La partie la plus importante de la prière est ce que nous ressentons, et non ce que nous disons. Nous passons beaucoup de temps à dire à Dieu ce que nous pensons qui devrait être fait et pas assez de temps à attendre, dans la tranquillité, que Dieu nous dise quoi faire.

* * *

Parallèlement aux lois de Dieu qui sont les mêmes pour tous, il y a aussi le guide divin, unique à chaque âme humaine. Si vous ne savez pas ce qu’est le guide divin dans votre vie, vous pouvez le rechercher dans un silence réceptif. J’avais l’habitude de marcher, réceptive et silencieuse, au milieu des beautés de la nature. De merveilleuses intuitions survenaient, que je mettais alors en pratique dans ma vie.

Vous préférez peut-être écouter de la belle musique inspirante ou lire quelques belles phrases et les méditer. Pour moi, les beautés de la nature ont toujours été les plus inspirantes et cela devint mon temps passé seule avec Dieu. Cela ne durait pas plus d’une heure et m’était tellement bénéfique.

Maintenant, les jeunes d’aujourd’hui me parlent de choses comme les exercices de respiration et les techniques de méditation, qui sont clairement des exercices religieux dans certaines cultures. Mais voyez tout ce que j’ai obtenu grâce au temps passé seule avec Dieu. De la beauté autour de moi, j’ai retiré mon inspiration; du silence réceptif, ma méditation; de ma marche, non seulement mon exercice mais aussi ma respiration. Quatre choses à la fois! J’aime que mon temps soit très bien utilisé et on ne peut pas se tromper beaucoup en faisant quatre choses à la fois.

Des gens imprudents ont quelquefois utilisé des exercices de respiration très épuisants ou des techniques de méditation qui les ont démolis et poussés dans des états indésirables plutôt que dans un état spirituel. (Oui, c’était bien avant les drogues psychédéliques!) Je pense toujours au bourgeon d’une fleur. Si vous lui fournissez les conditions appropriées, il s’ouvrira en une fleur magnifique. Mais si vous êtes impatient et essayez de forcer l’ouverture des pétales, vous l’endommagez de façon permanente pour le reste de sa vie. La fleur peut être comparée à la vie humaine sur la terre. Fournissez-lui les conditions appropriées à sa croissance spirituelle et elle fleurira en toute beauté.

* * *

Quand vous ressentez le besoin de vous élever spirituellement, essayez de vous coucher tôt et de vous lever tôt pour profiter d’une période tranquille à l’aube. Puis, laissez ce sentiment serein d’harmonie vous imprégner toute la journée, quoi que vous fassiez.

* * *

Pour ceux parmi vous qui recherchent la vie spirituelle, je recommande ces quatre exercices quotidiens:
- Passez du temps seul dans un silence réceptif.

- Quand vous êtes en colère ou ressentez une émotion négative, prenez le temps d’être seul avec Dieu. Ne parlez pas avec des gens en colère. Ils sont irrationnels et ne peuvent pas être raisonnés. Si eux ou vous-même êtes en colère, il est préférable de quitter et de prier.

- Visualisez la lumière de Dieu chaque jour et envoyez-la à quelqu’un qui a besoin d’aide.

- Faites des exercices physiques car le corps est le temple de l’âme.

Le jeûne

On m’a questionné sur ma période de jeûne et de prière de quarante-cinq jours. Je l’ai entreprise comme discipline de prière, pour rester concentrée sur ma prière en faveur de la paix. C’était au cours de ma deuxième année de pèlerinage alors que je revenais lentement à travers le pays et que je marchais sans forcer l’allure.

Jeûner peut avoir une grande signification spirituelle et même si j’avais déjà trouvé la paix intérieure, il se peut que le jeûne m’ait aidée à apprendre à prier continuellement.

Quand j’ai jeûné, j’étais à la maison d’un chiropraticien qui utilisait le jeûne à des fins thérapeutiques. Il voulait voir comment une personne en santé réagirait au jeûne, ce qu’il n’avait jamais expérimenté. Je lui parlais en amie. Il m’a seulement observée, sans m’examiner.

J’ai beaucoup d’amis docteurs, dont certains sont médecins. Mais aucun ne m’a soignée, ni même examinée. Seul un ami dentiste répare parfois une vieille carie provenant de mes mauvaises habitudes alimentaires de jeunesse. Le dernier repas avant mon jeûne a été un pamplemousse et deux oranges, si bien que je n’avais pas soif. Les trois premiers jours, je n’ai pris ni nourriture ni eau. Après cela, j’ai bu de l’eau distillée à la température ambiante. Rien d’autre. Et quand j’ai cessé mon jeûne, ce ne fut pas d’une manière inhabituelle. Ce fut de la façon normale d’arrêter un jeûne. Le jus d’une orange fraîchement pressée à chaque heure, la première journée. Le jus de deux oranges fraîchement pressées, en alternance avec le jus d’un pamplemousse, à toutes les deux heures, la deuxième journée. Un pamplemousse et deux oranges trois fois la troisième journée et ensuite une augmentation graduelle de nourriture jusqu’à ce que je puisse manger des portions complètes à la fin de la semaine.

Ce n’était pas différent du modèle habituel de jeûne. J’ai suivi les lois du jeûne; je ne faisais pas d’effort extrême. Je ne marchais pas de longues distances, même si je marchais un peu. J’ai fait un peu de dactylographie pour le docteur. J’ai dactylographié jusqu’à ce qu’il m’enlève la machine, à peu près un mois après le début du jeûne. Il croyait que je ne devais plus le faire, mais j’ai continué à écrire à la main, ce qui était vraiment plus difficile que de taper à la machine. Je fais de mon mieux dans ces situations.

Je ne suis pas allée voir ses patients autant que je l’aurais voulu, pour leur parler, parce qu’il ne voulait pas que je me déplace trop. J’allais les voir occasionnellement pour les aider à garder le moral.

Je me rappelle qu’une fois, au cours de mon jeûne, alors que j’étais dans un état entre l’éveil et le sommeil, j’ai vu une croix lugubre au-dessus de moi. Elle était simplement suspendue là et je savais que quelqu’un devait en assumer le fardeau. Je l’ai accepté et j’ai immédiatement été soulevée au-dessus de la croix où tout était lumière et beauté. Tout ce qui était nécessaire était la volonté d’accepter le fardeau. C’est alors que j’ai été élevée au-dessus. Au lieu d’épreuves, j’ai trouvé un merveilleux sentiment de paix et de joie.

La guérison

On doit faire très attention quand on prie pour les autres, afin de prier pour l’élimination de la cause et non du symptôme. Voici une prière simple de guérison:

« Amenez cette vie en harmonie avec le But Divin... puisse cette vie s’harmoniser avec la Volonté Divine. Puissiez-vous vivre de telle façon que tous ceux qui vous rencontrent soient inspirés, que tous ceux qui vous bénissent soient bénis, que tous ceux qui vous servent reçoivent la plus grande satisfaction. Si certains essayaient de vous blesser, puissent-ils contacter votre pensée de Dieu et être guéris. »

Les guérisseurs psychiques, si empressés de guérir, sont ceux qui travaillent à l’élimination des symptômes et non de la cause. Quand vous désirez un phénomène, vous possédez un phénomène. Vous n’obtenez pas Dieu. Supposons que je sois un de vos voisins, guérisseur psychique, et que vous ayez choisi de venir en cette vie pour expérimenter un certain symptôme jusqu’à ce que vous en éliminiez la cause. J’enlève le symptôme quand il se manifeste. Il réapparaît et je l’enlève à nouveau. Je m’arrange pour toujours l’enlever.

Quand vous passerez du côté désincarné de la vie, pour une toute autre raison, au lieu de me remercier pour avoir enlevé le symptôme, vous direz: « De quoi s’est-elle mêlée ? J’étais venu pour résoudre ce problème. Mais comme elle a enlevé continuellement le symptôme du problème, je ne l’ai jamais résolu! »

C’est ce que je veux dire quand je parle de ceux qui se contentent d’enlever les symptômes. Quand quelqu’un se mêle de la vie d’un autre, non seulement le symptôme réapparaîtra, mais il reviendra dans une autre vie. La plupart des guérisseurs ne savent pas cela et continuent allègrement d’enlever les symptômes.

J’admets qu’il y a très longtemps, avant que je sache réellement ce que je faisais, je réconfortais des gens en difficulté en leur imposant les mains sur la nuque et sur le front. Je ne ferais certainement plus cela aujourd’hui. Je ne réalisais pas que je ne faisais rien d’autre que de réconforter. Maintenant je place tout problème dans ma conscience en prière. Je le dépose dans les meilleures mains qui soient : les mains de Dieu. Je porte ensuite mon attention sur d’autres choses.

* * *

Le pouvoir de la pensée

Êtes-vous l’esclave de votre nature centrée sur soi ou laissez-vous votre nature divine guider votre vie? Savez-vous qu’à chaque moment de votre vie vous créez par la pensée? Vous créez votre propre condition intérieure. Vous contribuez à créer les conditions autour de vous.

Les enseignements chrétiens nous disent : « L’homme est ce qu’il pense en son coeur ». Ce qui nous indique très clairement que nous créons les conditions autour de nous. Si nous pouvions voir un peu plus profondément dans la vie, nous verrions que les difficultés physiques sont des reflets des difficultés spirituelles et que les pensées et sentiments négatifs sont beaucoup plus nocifs que les microbes des maladies.

Si vous réalisiez à quel point vos pensées sont puissantes, vous n’auriez jamais de pensée défaitiste ou négative. Puisque nous créons par la pensée, nous devons nous concentrer fortement sur les pensées positives. Si vous pensez que vous ne pouvez pas faire quelque chose, vous ne pourrez pas. Mais si vous pensez que vous le pouvez, vous serez peut-être surpris de découvrir que vous le pouvez. Il est important de penser constamment à ce qui peut arriver de mieux dans une situation, aux bonnes choses que nous aimerions voir se produire.

J’ai rencontré des adeptes du « Nouvel Âge » qui avaient entendu des prédictions de catastrophes et qui se concentraient là-dessus. Quelle chose terrible à faire! Pourquoi? Mais parce que nous créons chaque moment de notre vie par la pensée. Et nous contribuons à créer les conditions autour de nous.

Quand vous entendez des prédictions de catastrophes, il y a une raison : c’est pour que vous puissiez utiliser tout le pouvoir de votre pensée positive dans la direction opposée.

Par exemple, quand il y a eu des douzaines de prédictions annonçant que la moitié de la Californie était pour glisser dans la mer à la suite d’un tremblement de terre, j’ai délibérément planifié d’être dans cette région de la Californie. Il n’y a pas eu un seul tremblement. Mais je n’ai pu rencontrer plusieurs de mes amis, qui étaient sur la côte est pour être en sécurité.

* * *

Vous rappelez-vous où il est écrit qu’il y aurait des prophéties et qu’elles s’avéreraient fausses? Pourquoi cela? Parce que tout ce que l’on peut prédire est la tendance des choses. On ne peut jamais prévoir le résultat parce que nous pouvons toujours faire dévier cette prédiction vers une issue positive, si nous unissons nos efforts dans ce but.

* * *

Chaque bonne chose que vous faites, chaque bonne parole que vous dites, chaque bonne pensée que vous avez vibre continuellement sans jamais cesser. Le mal demeure temporairement jusqu’à ce qu’il soit surmonté par le bien. Mais le bien demeure à jamais.

* * *

Concentrez-vous simplement à penser, vivre et agir en harmonie avec les lois de Dieu et à inspirer les autres à faire de même.

Chaque fois que vous rencontrez une personne, pensez à quelque chose d’encourageant à dire : un mot gentil, une suggestion utile, un compliment. Ne pensez jamais qu’un bon effort soit inutile. Tout bon effort porte fruit, que nous en voyions les résultats ou non.

* * *

Dans le grand orchestre, soyez une douce mélodie et non une note discordante. Le remède dont ce monde a besoin est l’amour. La haine doit être remplacée par l’amour, la peur par la foi que l’amour triomphera.

* * *

Une chanson dit: L’amour s’écoule comme une rivière, s’écoulant de vous et moi, se répandant dans le désert, libérant tous les captifs.

Oui, les captifs sont ceux qui ne savent pas qui ils sont, ceux qui ne savent pas qu’ils sont les enfants de Dieu.

* * *

Rappelez-vous ceci: Soyez attentif et sachez que Je suis Dieu. N’oubliez jamais qui vous êtes! Vous ne pouvez pas être où Dieu n’est pas.

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Le changement appelé mort


La vie est une série de tests. Une fois vos tests passés, vous les considérerez comme de bonnes expériences. Je vois toutes mes épreuves passées comme de bonnes expériences, incluant la nuit où j’ai affronté la mort dans une tempête de neige aveuglante. Cela s’est passé au cours de ma première année de pèlerinage et ce fut la plus belle expérience que je n’aijamais eue.

Je marchais dans une région très isolée des hautes montagnes de l’Arizona où il n’y avait aucune habitation à des kilomètres à la ronde. Cet après-midi-là, il y eut une surprenante tempête de neige hors saison. Je n’avais jamais vu une tempête comme celle-là. Si la neige avait été de la pluie vous auriez pu appeler cela un déluge. Jamais je n’avais vu une telle avalanche de neige!

Subitement, je me suis retrouvée à marcher dans une épaisse couche de neige, incapable de voir à travers ce qui tombait. Soudainement, j’ai réalisé que les automobiles avaient cessé de circuler. J’ai pensé qu’elles étaient immobilisées sur l’autoroute, incapables d’avancer. Puis c’est devenu sombre. Il devait y avoir un épais couvert nuageux. Je ne pouvais même pas voir ma main devant mon visage. La neige me cinglait le visage, m’obligeant à fermer les yeux. Il commençait à faire froid. Un froid qui vous pénètre jusqu’aux os.

Si jamais j’avais eu à perdre la foi et à ressentir de la peur, cela aurait été à ce moment-là, parce que je savais que je ne pouvais compter sur aucun secours humain. Au lieu de cela, toute l’expérience du froid, de la neige et de l’obscurité paraissait irréelle. Seulement Dieu paraissait réel... rien d’autre. Je me suis complètement identifiée non pas avec le corps, ce vêtement d’argile périssable, mais avec la réalité indestructible qui anime le corps.

Je me suis sentie tellement libre. J’étais convaincue que tout serait pour le mieux, quoi qu’il arrive : servir ici dans cette vie terrestre ou dans une vie plus libre de l’au-delà. Je me suis sentie guidée à continuer de marcher. C’est ce que j’ai fait, même si je ne pouvais pas dire si je marchais le long de la route ou dans un champ quelconque. Je ne pouvais rien voir. Mes pieds dans mes chaussures de toile étaient comme des morceaux de glace. Ils paraissaient si lourds alors que j’avançais péniblement. Mon corps commençait à être engourdi par le froid.

Après plus d’engourdissement que de douleur, il m’est venu ce que certains appelleraient une hallucination et d’autres une vision. C’était comme si je devenais consciente, non seulement de la vie incarnée où tout n’était qu’obscurité, froid intense et neige tourbillonnante, mais aussi du côté désincarné de la vie où tout n’était que lumière et chaleur. Il me semblait pouvoir y entrer directement, tellement cela paraissait proche. C’était d’une si grande beauté. Cela ressemblait à des couleurs familières, mais les transcendait. Cela ressemblait à de la musique familière, mais la transcendait.

Puis j’ai vu des êtres qui étaient très loin. L’une des personnes s’est approchée de moi très rapidement. Quand elle fut suffisamment proche, je l’ai reconnue. Elle paraissait beaucoup plus jeune que lorsqu’elle était décédée.

Je crois qu’au moment du début du changement dénommé mort, ceux qui vous sont les plus proches et les plus chers viennent vous accueillir. J’ai assisté des amis maintenant décédés, quand ils étaient mourants. Je me rappelle bien comment ils parlaient avec ceux qu’ils aimaient, des deux côtés, comme s’ils étaient ensemble dans la chambre.

J’ai donc pensé que mon heure était venue et j’ai salué cette amie. J’ai dit ou pensé: « Tu es venue pour moi? » Mais elle secoua la tête! Elle me fit signe de retourner! Et juste à ce moment j’ai heurté le parapet d’un pont et la vision est disparue.

Me sentant guidée, j’ai descendu à tâtons vers le bas de la pente enneigée et me suis réfugiée sous le pont. Là, j’ai trouvé une grande boîte de carton contenant du papier d’emballage. Même si j’étais engourdie, j’ai pu me glisser dans la boîte très lentement et maladroitement. Et sans trop savoir comment, j’ai réussi avec mes doigts engourdis à m’envelopper dans le papier d’emballage. Puis j’ai dormi sous ce pont durant la tempête. Même là, un abri m’avait été fourni, mais aussi cette expérience.

Si vous m’aviez vue au milieu de la tempête, vous auriez pu dire: « Quelle expérience terrible cette pauvre femme est en train de subir! » Mais en la revoyant, je peux seulement dire: Quelle expérience merveilleuse d’avoir rencontré la mort sans peur, mais plutôt avec la conscience constante de la présence de Dieu, ce que vous emportez avec vous dans l’au-delà!

Je crois que j’ai eu le grand privilège d’expérimenter le début du changement appelé la mort. Ainsi, je peux maintenant me réjouir avec ceux que j’aime, au moment de leur glorieuse transition vers une vie plus libre. Je peux espérer le changement dénommé mort comme étant la dernière belle et grande aventure de la vie.

* * *

On m’a demandé ce que je voulais dire lorsque j’ai dit que j’avais commencé le processus appelé mort. Naturellement, le changement que nous appelons mort est un processus. En premier lieu, vous commencez à percevoir non seulement ce côté-ci de la vie, mais aussi le côté désincarné de la vie. Alors, vous reconnaissez les personnes aimées désincarnées qui s’approchent de vous. Vous vous apercevez que vous pouvez communiquer avec les deux côtés. C’est le plus loin où je suis allée. Puis, vient la coupure de la « corde d’argent ». Alors, la communication avec ceux de ce côté-ci est rompue, même si vous pouvez encore les voir et les entendre. Vous vous trouvez dans le « lieu de rencontre commun » avec les êtres aimés désincarnés en vue d’une merveilleuse réunion. Plus tard, vous passez au niveau où vous allez apprendre et aussi servir, si vous êtes assez avancé.

Le côté désincarné de la vie est ici même, dans une autre dimension. Les deux mondes s’entremêlent. Nous sommes conscients de notre monde. Mais ils sont habituellement conscients des deux mondes. Une certaine communication est possible. Par exemple, nous pouvons prier pour eux et ils peuvent prier pour nous.

* * *

La mort est une très belle libération vers une vie plus libre. Le corps, vêtement d’argile limité, est mis de côté. La nature centrée sur soi vous accompagne pour apprendre et grandir dans le côté désincarné de la vie. Puis, elle revient dans un autre vêtement d’argile adéquat et dans des circonstances appropriées pour apprendre les leçons qu’elle a besoin d’apprendre. Si nous pouvions juste voir un peu plus profondément dans la vie, nous serions affligés à la naissance et réjouis au décès. Si nous savions à quel point la vie terrestre est courte comparée au tout, nous serions moins préoccupés par les difficultés terrestres que nous le sommes présentement par celles d’une seule journée.

* * *

Les services funéraires devraient être une joyeuse fête d’adieu, au cours de laquelle on se remémorerait le bien que la personne a fait, on lirait ses poèmes favoris et on chanterait ses chansons préférées. Si nous faisions cela, la personne libérée pourrait se réjouir avec nous.

* * *

Tout comme j’ai accepté sans regret le changement des cheveux dorés de mon enfance à ceux brun-roux de ma jeunesse, j’accepte aussi mes cheveux argentés. Et je suis prête à accepter le moment où mes cheveux, ainsi que le reste de mon vêtement d’argile, retourneront à la poussière d’où ils sont venus, pendant que mon esprit ira vers une vie plus libre. C’est la saison de mes cheveux argentés et chaque saison a ses leçons à nous enseigner. Chaque saison de la vie est magnifique si vous avez appris les leçons de la saison précédente. C’est seulement lorsque vous continuez sans avoir appris les leçons, que vous désirez retourner en arrière.

La religion

La religion n’est pas une fin en soi. Notre union avec Dieu est le but ultime. Il y a autant de religions parce que des gens immatures tendent à accentuer les différences superficielles plutôt que les ressemblances importantes. Les différences entre les religions reposent sur des croyances et des rituels plutôt que sur des principes religieux.

Comme les chemins peuvent paraître variés parfois! Mais ne mènent-ils pas tous au sommet de la même montagne? Ne cherchent-ils pas tous à atteindre la même chose?

Si vous êtes attiré par une religion, utilisez-la comme tremplin vers Dieu. Ne l’utilisez ni comme barrière entre vous et les autres enfants de Dieu, ni comme tour d’ivoire pour vous isoler des autres. Si vous n’êtes pas attiré par une religion (ou même si vous l’êtes), cherchez Dieu dans le silence. Cherchez à l’intérieur.

Quand nous essayons d’exclure quelqu’un, nous ne faisons que nous exclure nous-mêmes. Nous sommes tous les enfants de Dieu et il n’y pas de préférés. Dieu est révélé à tous ceux qui cherchent. Dieu parle à tous ceux qui écoutent. Soyez attentif, silencieux et découvrez Dieu.

* * *

Je suis une personne profondément religieuse, mais je n’appartiens à aucun groupe religieux. Je respecte l’esprit de la loi de Dieu et non la lettre de la loi. On peut devenir si attaché aux symboles extérieurs et à la structure de la religion qu’on en oublie l’intention originale : se rapprocher de Dieu. Nous ne pouvons accéder au Royaume de Dieu qu’en réalisant qu’Il réside à l’intérieur de nous, aussi bien que dans toute l’humanité. Sachez que nous sommes tous des cellules de l’océan de l’infini, contribuant chacune au bien-être des autres.

* * *

Juste après le début de mon pèlerinage, j’ai lu le Nouveau Testament en entier, dans la version du roi James, ainsi que des extraits de l’Ancien Testament. Ce sont des livres importants pour beaucoup de monde. C’est pourquoi j’ai éprouvé le besoin d’en connaître le contenu afin de faciliter ma communication avec les autres. Oui, la bible contient un grand nombre de vérités, mais souvent ces vérités ne sont pas vraiment comprises. Les gens remplacent l’esprit de la loi par la lettre de la loi. La vérité devient ainsi déformée en fausseté. Si vous désirez la confirmation d’une vérité, il est mieux de la chercher à l’intérieur de vous plutôt que sur une page imprimée.

Vous noterez que Jésus a dit: « Pourquoi dites-vous « Seigneur, Seigneur! » et ne faites point ce que je dis? » Il exprime cette pensée plus d’une fois. Alors, il me semble qu’un vrai chrétien devrait vivre d’après les lois divines que Jésus a enseignées. Jésus dit aussi: « Ne dites pas: « Il est ici » ou « Il est là », car le Royaume de Dieu est en vous. » Il a utilisé de nombreuses illustrations pour montrer aux gens ce dont ils sont capables. De vrais chrétiens laisseraient leur vie être dirigée par le Royaume de Dieu intérieur, par la nature centrée sur Dieu, parfois appelée « le Christ qui habite en nous. »

* * *

Plusieurs professent leur christianisme. Très peu le vivent - presque personne. Et quand vous le vivez, les gens peuvent penser que vous êtes fou. Il a été dit avec vérité que le monde est aussi choqué par quelqu’un qui répudie le christianisme que par quelqu’un qui le pratique.

Je crois que Jésus m’accepterait parce que je fais ce qu’il disait de faire. Cependant, cela ne veut pas dire que tous ceux qui se disent chrétiens m’accepteraient. Naturellement, j’aime et j’apprécie Jésus et je souhaite que les chrétiens apprennent à obéir à ses commandements. Ce serait un monde des plus merveilleux.

La voie de l’amour

Le mal ne peut pas être vaincu par plus de mal. Le mal ne peut être vaincu que par le bien. C’est la leçon de la voie de l’amour. Le débat dans le monde d’aujourd’hui se situe entre l’ancienne voie qui combat le mal avec le mal et la nouvelle voie qui surmonte le mal par le bien. Avec les armes modernes, l’ancienne voie mènerait au chaos total tandis que la nouvelle mènerait à une vie glorieuse et mature.

Nous n’avons pas à chercher la destruction du mal parce que rien de ce qui est contraire aux lois de Dieu ne peut durer éternellement. Toutes les choses qui ne sont pas bonnes en ce monde sont temporaires, contenant les germes de leur propre destruction. Nous pouvons les aider à s’effacer plus rapidement seulement dans la mesure où nous obéissons à la loi de Dieu qui dit que le mal doit être surmonté par le bien. Ceux qui créent quelque chose de mal pour contrer un autre mal ne font que doubler le mal.

Les lois de Dieu sont appliquées constamment, car toute chose inharmonieuse est en voie de disparition. Comment douter que Dieu finira par l’emporter? Nous ne pouvons décider que du temps que cela prendra et de combien de violence il y aura. Dans la mesure où nous le désirons, il y aura moins de violence. Dans la mesure où nous bâtirons le neuf à l’intérieur du vieux, il y aura moins de violence. Travaillons donc à cela. Aidons le phénix à renaître de ses cendres. Aidons à construire la fondation d’une nouvelle renaissance. Aidons à accélérer l’éveil spirituel jusqu’à ce qu’il nous transporte dans un nouvel âge d’or qui viendra!

Pour faciliter l’entrée dans le nouvel âge d’or, nous devons voir le bon dans les gens. Nous devons savoir qu’il est là, peu importe à quelle profondeur il se trouve. Oui, l’apathie et l’égoïsme sont là, mais le bien y est aussi. Ce n’est pas par le jugement que le bien peut être atteint, mais par l’amour et la foi.

L’amour pur est un désir de donner, sans la moindre pensée de recevoir quoique ce soit en retour. L’amour peut sauver le monde de la destruction nucléaire. Aimez Dieu: tournez-vous vers Dieu avec réceptivité et attention. Aimez vos frères et soeurs humains: approchez-les avec amitié et générosité. Rendez-vous digne d’être appelé un enfant de Dieu en vivant selon la voie de l’amour.

* * *

Connaissez-vous Dieu? Savez-vous qu’il y a une puissance plus grande que nous qui se manifeste elle-même à l’intérieur de nous aussi bien que partout dans l’univers? C’est cela que j’appelle Dieu. Savez-vous ce que c’est de connaître Dieu, d’être guidé continuellement par Dieu, d’avoir constamment conscience de la présence de Dieu? Connaître Dieu, c’est étendre l’amour à toutes les personnes et à toute la création. Connaître Dieu, c’est ressentir la paix à l’intérieur : un calme, une sérénité, une certitude qui permet de faire face à toute situation. Connaître Dieu, c’est être rempli d’une telle joie, qu’elle déborde à l’extérieur et bénit le monde. Je n’ai plus qu’un seul désir maintenant : faire la volonté de Dieu en ce qui me concerne. Il n’y a pas de conflit. Quand Dieu me conduit à faire un pèlerinage, je le fais avec plaisir.

Quand Dieu me conduit à faire d’autres choses, je les fais tout aussi joyeusement. Si ce que je fais m’apporte des critiques, je les prends la tête haute. Si ce que je fais m’attire des compliments, je les transmets immédiatement à Dieu. Car je ne suis que l’instrument à travers lequel Dieu accomplit son oeuvre. Quand Dieu me conduit à faire quelque chose, la force et les ressources me sont fournies. Le chemin m’est montré. Les mots à prononcer me sont donnés. Que le chemin soit facile ou difficile, je marche dans la Lumière de l’Amour de Dieu, de la Paix et de la Joie. Je me tourne vers Dieu avec des psaumes de reconnaissance et de louanges. C’est cela connaître Dieu. Et connaître Dieu n’est pas réservé aux grands de ce monde. C’est pour les gens ordinaires, comme vous et moi. Dieu vous cherche toujours, chacun d’entre vous.

Vous pouvez trouver Dieu seulement si vous le cherchez : en obéissant aux lois divines, en aimant les gens, en abandonnant votre propre volonté, vos attachements, vos pensées et sentiments négatifs. Et lorsque vous trouverez Dieu, ce sera dans le calme et le silence intérieur. Vous trouverez Dieu à l’intérieur.

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CHAPITRE 8: La voie de la paix

VOICI LA VOIE DE LA PAIX : Vaincre le mal par le bien, le mensonge par la vérité et la haine par l’amour.

Il est difficile pour les gens de comprendre que toute guerre est mauvaise et autodestructrice. Dans leur immaturité, les gens essaient de vaincre le mal par plus de mal, ce qui multiplie le mal. Seul le bien peut vaincre le mal.

Mon message de paix dit simplement que la voie de la paix est la voie de l’amour. L’amour est le plus grand pouvoir sur terre. Il conquiert tout. Quelqu’un en harmonie avec la loi divine de l’amour a plus de force qu’une armée. Car on n’a pas besoin de soumettre un adversaire. Il peut être transformé.

Un jour, alors que je marchais le long de l’autoroute, j’ai commencé à chanter des mots de paix sur une musique familière. Je crois qu’ils résument brièvement la situation actuelle :
       Le monde travaille activement à construire les instruments de la guerre
       Le monde prépare un type de destruction jamais vu auparavant
       J’entends beaucoup plus de disputes et d’ennemis se maudire
       Mais oh, le monde a envie de la paix et la désire ardemment
       Et prie pour la paix, pour la paix!

La bombe nucléaire nous dit : « Faites la paix ou périssez! » Nous admettons que nous ne pouvons plus désormais penser en termes de victoire militaire, car une guerre nucléaire signifierait un anéantissement mutuel. Plusieurs font face à cette situation avec apathie, quelques-uns avec frustration, mais très peu y font face de manière constructive.

Il y a un besoin tellement grand d’action constructive pour la paix! Nous vivons une période de crise dans les affaires humaines. Nous qui vivons aujourd’hui faisons face à une décision très importante : un choix entre un anéantissement par la guerre nucléaire et un âge d’or dans la paix. Tous ceux qui vivent aujourd’hui aideront à faire ce choix, car la tendance des affaires mondiales penche actuellement vers la guerre et la destruction. Alors, tous ceux qui ne font rien dans cette situation de crise choisissent de la laisser se dégrader. Ceux qui choisissent la paix doivent agir de façon significative pour la paix. Ils doivent participer au mouvement de transformation et de réveil déjà commencé, qui s’accélère, et aider à l’accélérer suffisamment pour inverser la tendance. Dans cette situation de crise, la paix est certainement l’affaire de tout le monde! Le temps de travailler pour la paix est arrivé.

La paix ultime commence à l’intérieur. Quand nous trouverons la paix à l’intérieur, il n’y aura plus de conflits, plus de raisons de faire la guerre. Si c’est la paix que vous cherchez:
- purifiez votre corps par des habitudes de vie saines;
- purifiez votre esprit en expulsant toutes les pensées négatives;
- purifiez vos motivations en rejetant toute avidité ou désir de gain personnel;
- cherchez plutôt à servir vos semblables;
- purifiez vos désirs en éliminant toute aspiration à des biens matériels ou à une glorification personnelle;
- cherchez à connaître Dieu et à faire sa volonté;
- inspirez les autres à faire de même.

Certains préféreront travailler pour une paix intérimaire, c’est-à-dire une mise en place de mécanismes pour résoudre les conflits dans un monde où ils existent encore. Ainsi, même s’il continue d’y avoir de la violence psychologique, il n’y aura plus de violence physique. Si c’est cette paix-là que vous cherchez, travaillez à une échelle internationale:
- pour le désarmement mondial ou la reconstruction;
- pour un gouvernement mondial incluant tous les peuples;
- pour un mode de pensée planétaire qui place le bien-être de la famille humaine au-dessus du bien-être de n’importe quelle nation.

Travaillez à une échelle nationale pour changer la nature du soi-disant Ministère de la Défense, de la fonction de destruction à celle de construction. Il y a tant de travail constructif à faire auprès des peuples plus défavorisés de ce monde et pour ajuster notre économie à une situation de temps de paix. Il y a beaucoup de problèmes à régler dans ce contexte. Incitez d’autres gens à travailler avec vous.

* * *

Nous pouvons travailler à la paix intérieure et à la paix dans le monde en même temps. D’une part, des gens ont trouvé la paix intérieure en s’oubliant eux-mêmes au profit d’une cause plus grande qu’eux, comme celle de la paix dans le monde. Car trouver la paix intérieure signifie partir de la vie centrée sur soi pour aller vers la vie centrée sur le bien commun. D’autre part, une des façons d’oeuvrer pour la paix dans le monde est de travailler à augmenter la paix intérieure. Car la paix mondiale ne sera stabilisée que lorsqu’un nombre suffisant d’entre nous aurons trouvé la paix intérieure.

* * *

Ma paix intérieure demeure quoi qu’il arrive à l’extérieur. Je peux influencer d’autres personnes à se diriger vers l’harmonie seulement si je demeure moi-même en harmonie. Tant d’harmonie est nécessaire avant que le monde ne puisse trouver la paix! Cela ne veut pas dire que je ne me sens pas concernée par ce qui arrive dans le monde. Une époque comme la nôtre demande beaucoup de prières et d’efforts pour la paix. Toute bonne prière et tout bon effort produit un effet. Tout bon effort porte de bons fruits, que nous en voyions les résultats ou non. Malgré les sombres perspectives de la présente situation mondiale, je ne suis pas découragée. Je sais qu’au même titre que les individus qui passent par une série de collines et de vallées pour trouver l’harmonie, une société a aussi ses hauts et ses bas dans sa recherche de la paix.

Dans leur coeur, les gens désirent profondément la paix sur la terre. Ils parleraient en faveur de la paix s’ils n’étaient pas restreints par l’apathie, l’ignorance et la peur. C’est le travail des bâtisseurs de la paix de les inspirer à sortir de l’apathie, à dissiper leur ignorance par la vérité, à calmer leur peur par la certitude que les lois de Dieu fonctionnent et agissent pour le bien.

Sachant que toutes les choses contraires aux lois de Dieu sont temporaires, évitons le désespoir et rayonnons d’espoir pour un monde sans guerre. La paix est possible puisque les pensées ont un pouvoir immense.

Quelques personnes réellement dévouées peuvent compenser les effets néfastes des masses de gens qui ne sont pas en harmonie. Aussi, nous qui travaillons pour la paix, nous ne devons pas nous décourager. Chacun à notre manière, nous devons continuer à prier pour la paix et à agir pour la paix. Nous devons continuer à parler en faveur de la paix et à vivre selon la voie de la paix. Pour inspirer les autres, nous devons continuer à penser à la paix et rester convaincus que la paix est possible. Penser continuellement à quelque chose l’aide à se manifester. Une seule personne ordinaire consacrant tout son temps à la paix fait les manchettes. Plusieurs personnes donnant une partie de leur temps peuvent faire l’histoire.

* * *

Un jour, une dame m’a dit : « Pèlerin, je prie avec vous pour la paix, mais évidemment je ne crois pas que cela soit possible. » Je lui ai demandé : « Ne croyez-vous pas que la paix soit la volonté de Dieu? » « Oh oui », dit-elle, « je sais que ça l’est ». Je lui ai répondu : «Alors, comment pouvez-vous me dire que ce qui est la volonté de Dieu est impossible? Non seulement c’est possible, mais c’est inévitable. Dans combien de temps? Cela dépend de nous. »

* * *

Ne sous-estimez jamais le pouvoir d’un groupe sans grande cohésion travaillant à une bonne cause. Nous tous qui travaillons ensemble à la paix, nous tous qui prions ensemble pour la paix, nous sommes une minorité, mais une puissante association spirituelle. Notre pouvoir est au-delà de notre nombre.

Ceux qui semblent échouer ouvrent le chemin et contribuent souvent plus que ceux qui finissent par réussir. Je ne peux pas m’empêcher d’être reconnaissante envers les pionniers de la paix, qui ont travaillé à la paix quand les temps étaient durs et qu’il n’y avait pas de résultats apparents.

* * *

Une des questions qui m’est le plus souvent posée est : « Avez-vous vu un résultat quelconque suite à votre pèlerinage? » La réponse est que je n’ai jamais demandé à voir les résultats. Je laisse les résultats entre les mains de Dieu. Il se peut qu’ils ne se manifestent même pas durant ma vie, mais un jour ils se manifesteront. Et croyez-le ou non, j’ai vu des résultats. Beaucoup de gens m’ont écrit pour m’indiquer qu’ils ont été inspirés à faire quelque chose pour la paix à leur manière. C’était n’importe quoi entre écrire des lettres au Congrès et faire la paix avec un ami ou une connaissance. Tout cela s’additionne.

Maintenant, quand je repense à tous les efforts faits par les bâtisseurs de la paix, je peux voir les résultats. Quand j’ai commencé mon pèlerinage, les gens acceptaient la guerre comme une partie nécessaire de la vie. Maintenant, les pacifistes sont devenus populaires! Quand j’ai commencé, il y avait très peu d’intérêt pour la recherche intérieure. Si j’avais pu faire un sondage à l’université d’un état, j’aurais découvert que les deux tiers aux trois quarts des étudiants de cette époque se considéraient agnostiques, sinon athées. Maintenant, je peux difficilement rencontrer un étudiant ou une personne qui ne soit pas intéressée à la plus profonde recherche intérieure. Pour moi, c’est le plus grand signe d’espoir qui soit.

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D’un côté, on peut dire : « comme c’est tragique que notre avancement matériel ait devancé notre avancement spirituel au point où nous sommes aujourd’hui à la limite de la destruction de toute vie sur terre. » Mais de l’autre côté, on peut dire : « comme il est bien que nous réalisions finalement que la victoire militaire soit impossible, que les gens immatures et même les gens mal intentionnés aient un incitatif à déposer leurs armes. » Les deux énoncés sont vrais.

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Il n’y a pas de plus grand empêchement à la paix mondiale ou à la paix intérieure, que la peur. Elle nous a amenés à fabriquer des armes de destruction massive. Nous avons tendance à développer une haine inexplicable pour ce qui nous fait peur. C’est ainsi que nous en venons à haïr et à avoir peur. Non seulement cela nous fait du tort psychologiquement et aggrave les tensions mondiales, mais à travers une telle concentration négative, nous avons tendance à attirer les choses que nous craignons. Si nous n’avons peur de rien et rayonnons d’amour, nous pouvons espérer qu’il n’arrive que de bonnes choses. Ce monde a tellement besoin du message et de l’exemple de l’amour et de la foi!

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Paix et liberté! Ces choses arriveront assurément. Dans combien de temps se produiront-elles : maintenant ou dans des millénaires suivant une grande destruction et de nouveaux débuts? Cela dépend de nous.

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Beaucoup de recherches et d’expérimentations ont besoin d’être faites sur les façons pacifiques de résoudre les conflits. Nous pouvons travailler en groupe ou individuellement, là où nous sommes, en entreprenant des projets de paix spécifiques, en approuvant et renforçant le bien, partout où nous le trouvons.

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Vous ne pouvez espérer changer qu’une nation : la vôtre. Quand votre nation aura changé, son exemple pourra en inspirer d’autres à changer aussi. Si une nation influente avait la grande force spirituelle de déposer ses armes et de montrer au monde des mains propres, le monde en serait changé. Je ne vois aucune indication qu’une nation influente possède un tel courage et une telle force spirituelle. Par conséquent, le désarmement sera un lent processus, motivé par le désir de survivre.

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L’obscurité dans laquelle se trouve le monde d’aujourd’hui est due à la désintégration des choses qui ne sont pas en harmonie avec les lois de Dieu. Le conflit de base n’est pas entre les nations. Il est entre deux croyances opposées.

La première croyance est que le mal peut être vaincu par plus de mal et que la fin justifie les moyens. Aujourd’hui, cette croyance est très répandue dans notre monde. C’est la voie de la guerre. C’est la position officielle de toutes les nations importantes.

Puis, il y a la voie qui a été enseignée il y a deux mille ans : vaincre le mal par le bien. C’est ma voie et celle que Jésus a enseignée. Ne perdez jamais confiance : la voie de Dieu finira par triompher.

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Pour que le monde devienne pacifique, les gens doivent devenir plus pacifiques. Pour des gens matures, la guerre ne serait pas un problème. Elle serait impossible. Dans leur immaturité, les gens veulent en même temps la paix et les choses qui engendrent la guerre. Cependant, les gens peuvent devenir plus matures, tout comme les enfants grandissent. Oui, nos institutions et nos dirigeants reflètent notre immaturité, mais au fur et à mesure que nous deviendrons plus matures, nous élirons de meilleurs dirigeants et nous établirons de meilleures institutions. Cela revient toujours à la chose que beaucoup d’entre nous souhaitent éviter : travailler à nous améliorer.

Le sanctuaire de la paix est à l’intérieur de nous. Cherchez-le et toutes choses vous seront données par la suite. Nous nous rapprochons de plus en plus du moment où suffisamment d’entre nous aurons trouvé la paix intérieure pour avoir un impact bénéfique sur nos institutions. Aussitôt que cela se produira, l’exemple donné par les institutions aura à son tour un impact bénéfique sur les personnes encore immatures.

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La paix arrivera probablement dans le monde de la même façon qu’elle est arrivée dans notre pays. Après le chaos de la guerre civile, des guerres avec les amérindiens et des affrontements qui ont eu lieu il y a des centaines d’années, l’ordre a émergé. Des mécanismes ont été mis en place pour éviter la violence physique alors que la violence psychologique existe toujours. Les plus petites unités, les états, ont cédé à la plus grande unité, les États-Unis, le droit de faire la guerre. Oui, je pense que le temps viendra où les plus petites unités, les nations, vont céder à la plus grande unité, les Nations Unies, un seul droit : celui de faire la guerre.

Je ne crois pas que les nations pourraient ou devraient donner d’autres droits. Les gens ont plus de contrôle sur leurs affaires au niveau de la base. Tout ce qui peut être traité équitablement et efficacement au niveau de la base devrait l’être. Seulement ce qui ne peut être géré par la base devrait être délégué à une plus haute autorité.

Les Nations Unies auraient comme travail de maintenir une situation pacifique dans le monde. Tant que notre immaturité persisterait, l’ONU aurait une force policière pour prendre des mesures concernant les cas d’agression isolés qui vont à l’encontre de la paix dans le monde. Elle les destituerait pour les réhabiliter, je l’espère. Il devrait aussi y avoir une force de paix non-armée pour prévenir la guerre. Pendant que notre nation s’occuperait de problèmes tels que le manque de nourriture, l’ONU pourrait s’occuper de problèmes tels que la lutte d’un pays aspirant à la liberté. Et la liberté est maintenant le désir de tous les coeurs humains.

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Une fois, j’ai dit à une femme qui croyait à la guerre et à des valeurs chrétiennes : « D’un côté vous parlez de valeurs chrétiennes et, de l’autre côté, vous dites : « La force n’est-elle pas le seul moyen de dissuasion qu’ils respectent? » Voilà la cause de notre problème depuis très longtemps: nous nous sommes intéressés aux valeurs chrétiennes seulement pour la forme alors que nous avons vécu selon la loi de la jungle, en l'imposant par la force. Il a été dit : « Ne soyez pas vaincus par le mal, mais triomphez du mal par le bien ». Pourtant, nous avons essayé de vaincre le mal par plus de mal, multipliant ainsi le mal. Nous adorons Dieu, mais nous n’avons pas confiance dans le fonctionnement des lois d’amour de Dieu. Le monde attend la pratique de la loi de l’amour qui atteindra la nature divine à l’intérieur de tous les êtres humains et les transformera.

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Le pasteur d’une grande église canadienne, qui revenait récemment d’une visite en Orient, m’a dit que les bouddhistes envoyaient deux mille missionnaires pour convertir les chrétiens à la voie de la non-violence!

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Au cours de la seconde guerre mondiale, dans la zone du Pacifique, un enseignant américain d’une école dominicale captura un soldat japonais. En ramenant le soldat au camp, l’Américain découvrit que son prisonnier parlait anglais. « Vous savez quoi », dit le soldat japonais, « j’ai déjà été chrétien. » L’Américain réfléchit un moment, puis dit : «Pourquoi avez-vous abandonné le christianisme? » Le soldat japonais le regarda surpris et répondit d’un air intrigué : « Comment puis-je être un soldat et demeurer chrétien? »

Les gens ne réalisent pas que la non-violence peut être appliquée à toutes les situations, incluant la seconde guerre mondiale. J’ai rencontré quatre Danois qui ont utilisé la voie de la non-violence et de l’amour durant la deuxième guerre mondiale. Ce fut une histoire merveilleuse.

Lorsque les Allemands occupèrent la France, les Français tuaient souvent le soldat allemand qui patrouillait. Alors les Allemands éliminaient tout le quartier en représailles. Quand les Allemands entrèrent au Danemark, les Danois ont commencé un programme de non-coopération. Vous savez, on dit que pour atteindre le coeur d’un homme, il faut passer par l’estomac. Plusieurs Danois ont utilisé ce moyen. Ils disaient au soldat qui patrouillait : « A titre de représentant du gouvernement nazi, vous n’avez aucun droit d’être ici, pas plus que nous n’aurions le droit d’occuper votre pays. Mais vous êtes aussi un jeune homme loin de chez lui et vous avez peut-être le mal du pays. En tant que frère humain, si vous désirez enlever votre pistolet et entrer partager notre repas avec nous, vous êtes le bienvenu. » Cela ne prenait habituellement pas plus d’un essai. Après, le soldat allemand se mettait à penser: « Ça alors, ces gens sont gentils. Que faisons-nous ici? »

Les Danois ont aussi utilisé des moyens non-violents pour protéger les Juifs au Danemark.

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J’ai rencontré une juive qui avait été mariée et qui avait vécu avec ses parents en Allemagne quand Hitler dirigeait, durant la deuxième guerre mondiale. Elle s’était mariée à seize ans. Elle eut son premier enfant à dix-sept ans et le second à dix-huit. Elle avait dix-neuf ans quand trois choses lui sont arrivées. Premièrement, sa maison a été détruite et ses parents tués par une bombe anglaise. Je suppose que les Anglais pensaient la libérer. Deuxièmement, son mari a été enlevé par les nazis et elle a présumé qu’il était mort parce qu’elle n’a plus jamais entendu parler de lui. Troisièmement, elle a été blessée et ses deux enfants ont été tués par une bombe américaine. Quand je l’ai rencontrée, elle portait encore les cicatrices de cette blessure. Encore une fois, nous la « libérions ».

Blessée, elle se mit à errer aux alentours avec des réfugiés. Quelquefois, des circonstances particulières vous font faire un bond spirituel. Elle a commencé à penser : « Ils ont blessé et même détruit nos corps, mais ils ont blessé leur propre âme, ce qui est pire. » Elle fut capable de ressentir de la compassion et pria pour tous ceux impliqués dans cette situation : les tués et les tueurs. Elle fut capable de maintenir une si bonne attitude qu’elle se lia d’amitié avec des Allemands qui, au risque de leur vie, l’ont aidée à se rendre en Angleterre où elle se lia d’amitié avec des Anglais. Plus tard, elle émigra aux États-Unis.

Évidemment, cela représente la plus étonnante victoire de l’esprit dans les circonstances les plus difficiles que vous puissiez imaginer. Cela démontre aussi quelque chose d’autre. Qui ou qu’est-ce qui était l’ennemi de cette femme? Était-ce les Anglais qui ont détruit sa maison et tué ses parents ou les Allemands qui ont tué son mari ou les Américains qui l’ont blessée et tué ses deux petits enfants? La réponse est étonnamment évidente : la guerre était son ennemi réel. C’était la fausse croyance que la violence peut accomplir quelque chose, que le mal peut vaincre le mal. C’était cela son ennemi réel et l’ennemi réel de toute l’humanité.

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Une âme humaine qui rencontre de grandes difficultés fait aussi face à de grandes opportunités de croissance spirituelle. De même, une société humaine qui est devant la destruction fait aussi face à une opportunité d’entrer dans une période de renaissance. Je crois qu’à moins d’un accident, le désir de survivre nous empêchera d’entrer dans une guerre nucléaire. Et je pense que les deux côtés vont changer. Nous nous dirigerons vers une plus grande démocratie économique et sociale et ils se dirigeront vers une plus grande démocratie politique et individuelle. La société idéale est encore à construire. Elle sera une société qui assurera un bon équilibre entre le bien-être collectif et individuel.

Histoires de non-violence

Un jour, alors que je me laissais aller à la rêverie près d’un vieux fort, je me suis demandée ce qu’il dirait aux gens du monde s’il pouvait parler. J’ai écrit ce texte :

UN VIEUX FORT PARLE

« Quand j’ai été construit, beaucoup d’argent et de temps ont été dépensés pour moi, parce qu’on croyait que je pourrais défendre la ville contre tous les envahisseurs. Maintenant je suis abandonné, car il est évident que je suis désuet. Mais je ne suis pas le seul matériel de défense qui soit désuet. Les plus modernes le sont aussi maintenant, même si dans votre peur et votre confusion, vous continuez à vous y accrocher. Bien que dans votre immaturité, vous soyez prodigues de votre temps et de votre argent envers eux, vous savez dans vos coeurs qu’ils ne peuvent vous défendre contre quoi que ce soit. Vous savez que vous êtes là, apparemment sans défense, faisant face à une nouvelle ère, alors que la bombe atomique vous dit : « Faites la paix ou périssez. » Mais êtes-vous réellement sans défense parce que toutes les défenses matérielles se sont écroulées comme elles étaient appelées à le faire? Avez-vous oublié la défense qui ne peut pas s’écrouler, la défense qui consiste à obéir à une loi plus élevée? Depuis les temps anciens, les meilleurs enseignements qui vous ont été transmis et les meilleurs êtres parmi vous ont dit que le mal ne peut être vaincu que par le bien. L’expérience a aussi démontré que si vous voulez vous faire des amis, vous devez être amical. Quand aurez-vous assez de sagesse pour renoncer à la voie de l’anéantissement et vous tourner vers la défense éternelle, sans âge et immuable? Peuple de la terre, le moment de la décision est arrivé! Vous pouvez encore choisir la vie, mais vous devez choisir rapidement! »

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CETTE ÉTRANGE CRÉATURE APPELÉE HOMME

Un étranger pourrait voir cette étrange créature qu’est l’Homme, de cette façon :

Un Être d’un autre monde stationna son vaisseau spatial dans un coin isolé. Le lendemain matin, il passa devant un camp militaire, où il vit des hommes plantant des couteaux attachés au bout de curieux bâtons, dans des sacs de paille. « Que faites-vous ? » demanda-t-il à un jeune en uniforme. « Pratique de la baïonnette », répondit le jeune homme. « Nous pratiquons sur des mannequins. Nous devons apprendre à utiliser la baïonnette d’une certaine manière pour tuer un homme. Évidemment, nous ne tuons pas beaucoup d’hommes avec des baïonnettes. Nous tuons la plupart d’entre eux avec des bombes. » « Mais pourquoi voudriez-vous apprendre à tuer des hommes ? » s’exclama l’Être, atterré. « Nous ne le voulons pas », dit le jeune homme amèrement. « On nous envoie ici contre notre gré et nous ignorons comment nous y opposer. »

L’après-midi, l’Être traversa une grande ville. Il remarqua qu’une foule s’était rassemblée sur une place publique pour voir un jeune homme en uniforme être décoré d’une médaille. « Pourquoi est-il décoré d’une médaille ? » s’informa l’Être. « Parce qu’il a tué une centaine d’hommes au combat », répondit son voisin. Horrifié, l’Être regarda le jeune homme qui avait tué cent hommes et s’en alla.

Dans une autre partie de la ville, l’Être entendit à la radio l’annonce faite d’une voix forte, qu’un homme serait bientôt exécuté. « Pourquoi cet homme sera-t-il mis à mort ? » demanda l’Être. « Parce qu’il a tué deux hommes », répondit son voisin. Perplexe, l’Être s’éloigna.

Ce soir-là, après avoir bien réfléchi à la question, l’Être ouvrit son cahier de notes et écrivit: « Il semble que tous les jeunes soient forcés d’apprendre à tuer des hommes efficacement. Ceux qui réussissent à en tuer un grand nombre sont récompensés avec des médailles. Ceux qui s’avèrent de piètres tueurs et ne tuent que quelques hommes sont punis en étant mis à mort. »

L’Être secoua la tête tristement et ajouta en post-scriptum : « Il semble bien que cette étrange créature appelée Homme s’exterminera elle-même très rapidement. »

Une vision d’espoir pour la paix

À la fin de ma période de quarante-cinq jours de prière et de jeûne, alors que j’étais entre le sommeil et l’éveil, une merveilleuse vision m’est apparue... une vision d’espoir. J’ai vu les peuples du monde s’armant pour la guerre. Je leur parlais, mais ils ne voulaient pas écouter. J’ai pleuré pour eux, mais ils ne firent pas attention. J’ai prié pour eux, et alors, en regardant autour de moi, j’ai vu que les peuples de la terre priaient avec moi. Puis, j’ai remarqué qu’une brume lumineuse s’élevait au-dessus de nous pendant que nous étions en train de prier. Graduellement, elle prit forme. Une personne radieuse en émergea, en robe blanche très lumineuse. Son visage était si brillant que je pouvais difficilement le regarder. Quand la personne parla, la douce voix avait la puissance du tonnerre. « Déposez vos épées ! » dit la personne. « Ceux qui vivent par l’épée périront par l’épée ! » Surpris, les peuples du monde levèrent la tête et laissèrent tomber leurs armes. Alors, les peuples du monde se réjouirent ensemble.

D’autres pensées sur la paix et le désarmement

Je voudrais insister encore sur le fait qu’une prière juste mène à une action juste. « La foi sans l’action est morte. » Une excellente manière de mettre les pensées en action est d’écrire une lettre pour la paix.

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Le désarmement est lent à se matérialiser. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer en partie. Tout d’abord, la peur est tellement répandue et il y a de vains espoirs que les armes puissent encore atteindre un quelconque objectif désiré. De plus, certaines économies semblent fonctionner de manière plutôt profitable dans une situation de préparation de guerre.

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La nouvelle ère exige des valeurs plus élevées. Ceux qui ont parlé de paix ont déjà été qualifiés d’idéalistes. Mais en cet âge nucléaire, les idéalistes sont devenus les seuls réalistes. Nous avons toujours pensé que nous avions de hauts idéaux. Appliquons-en quelques-uns dans cette situation de crise.

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Comme je crois que la guerre est contraire à la volonté de Dieu ainsi qu’au bon sens et que je sens que la voie de la paix est la voie de l’amour, je dois moi-même travailler pour la paix, en utilisant la voie de l’amour. C’est ce que je fais en aidant tout groupe dont je fais partie à utiliser la voix de l’amour, comme la nation dont je suis citoyenne et les Nations Unies. Je prie aussi pour que la voie de l’amour soit utilisée dans le monde entier.

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Je dirais aux militaires : « Oui, nous avons besoin d’être défendus. Oui, nous avons besoin de vous. L’armée de l’air pourrait purifier l’air et les « Marines » s’occuper des forêts ravagées. La marine s’occuperait de nettoyer les océans et les garde-côtes prendraient soin des rivières. L’armée de terre pourrait entreprendre des projets de drainage afin de prévenir de désastreuses inondations et accomplir d’autres tâches humanitaires. »

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Nous nous limitons nous-mêmes en pensant que nous ne pouvons rien faire. Plusieurs pensent que la paix dans le monde est impossible. Plusieurs pensent que la paix intérieure ne peut pas être atteinte. C’est celui qui ne sait pas que c’est impossible qui le fait!

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La cause fondamentale de toutes nos difficultés est l’immaturité. C’est pourquoi je parle autant de la paix intérieure comme d’une étape vers la paix dans le monde. Si nous étions matures, la guerre serait impossible et la paix assurée. Dans notre immaturité, nous ne connaissons pas les lois de l’univers et nous pensons que le mal peut être vaincu par plus de mal. Un symptôme de notre immaturité est notre avidité qui rend difficile notre apprentissage de la simple leçon du partage...

Je reconnais que quelquefois les symptômes deviennent si sévères que si nous ne travaillons pas à les régler, nous pourrions ne pas survivre pour travailler sur la cause. Ainsi, durant la guerre du Vietnam, j’ai participé à certaines manifestations pacifiques pour la paix. C’était une époque incroyable. Les gens de ce pays ont arrêté la guerre au Vietnam, en dépit du gouvernement. Cela démontre le pouvoir des gens de ce pays.

Puis, il y a les symptômes de symptômes, comme les grandes famines. J’aimerais donner à chacun un accès à de la nourriture saine, à de l’eau pure et à de l’air pur. J’aimerais pouvoir subvenir aux besoins matériels de tous. J’aimerais donner de la bonne nourriture pour la pensée, un environnement magnifique et toutes les choses qui inspirent. Vous n’avez pas besoin d’être très bon en arithmétique pour vous rendre compte que si toutes les nations du monde arrêtaient de fabriquer des équipements de destruction, les conditions d’une très bonne vie seraient fournies à tout le monde.

* * *

Nous devons avancer selon la plus haute lumière que nous ayons, en rencontrant affectueusement ceux qui ne sont pas en harmonie et en essayant de les inspirer à suivre une meilleure voie. À chaque fois que vous apportez l’harmonie dans une situation non pacifique, vous contribuez à la cause de la paix. Quand vous faites quelque chose pour la paix dans le monde, la paix entre les groupes, la paix entre les individus ou votre propre paix intérieure, vous améliorez la situation générale de la paix.

* * *

Nous ne devons jamais oublier que la désobéissance aux lois de Dieu entraîne des catastrophes même si, éventuellement, les gens apprennent de leurs erreurs.

* * *

Regardons maintenant notre monde : un monde pauvre, meurtri par la guerre. Qu’est-ce qui nous arrive? Nous penchons tellement du côté du confort matériel, que nous désirons ce que nous n’avons pas. Nous sommes si pauvres du côté spirituel, que tous les progrès technologiques sont aussitôt utilisés pour être transformés en armes qui servent à tuer des gens. Notre bien-être spirituel est tellement en retard! L’avenir appartient à la recherche spirituelle. Nous avons besoin d’équilibrer le matériel et le spirituel pour découvrir comment utiliser d’une manière appropriée le bien-être matériel dont nous disposons déjà.

* * *

Durant la guerre du Vietnam, il y avait une intense activité de paix. Quand la guerre s’est terminée, il y a eu une période de déception qui a engendré de l’apathie. Je suppose que c’était inévitable. Cela arrive après chaque guerre.

Après chaque guerre il y a aussi une période de violence. Je l’ai constaté après chacune des deux guerres mondiales. Je me souviens qu’après la deuxième guerre mondiale, à Camden au New Jersey, un homme a tué cinq personnes sur la rue. Quand il a été arrêté, il a déclaré: « Vous m’avez appris à tuer. » Il avait été entraîné par les militaires. L’homme qui a tiré de la tour de l’université du Texas, tuant quinze personnes et faisant de nombreux blessés, avait été entraîné par les militaires durant la guerre du Vietnam.

Le prix de la paix

Nous semblons toujours prêts à payer le prix de la guerre. Presque joyeusement, nous donnons notre temps et notre argent, nos membres et même nos vies, pour la guerre. Mais nous espérons obtenir la paix gratuitement. Nous espérons pouvoir désobéir de façon flagrante aux lois de Dieu et obtenir la paix en retour. Eh bien, nous n’obtiendrons pas la paix gratuitement. Nous n’obtiendrons pas la paix en désobéissant aux lois de Dieu. Nous aurons la paix seulement lorsque nous accepterons de payer le prix de la paix. Dans un monde enivré par le pouvoir, corrompu par l’avidité, trompé par de faux prophètes, le prix de la paix peut effectivement sembler élevé. Car le prix de la paix est l’obéissance aux lois plus élevées : le mal ne peut être vaincu que par le bien et la haine par l’amour. Seul un bon moyen peut donner un bon résultat.

Le prix de la paix est d’abandonner la peur et la remplacer par la confiance. La confiance que si nous obéissons aux lois de Dieu, nous recevrons les bénédictions de Dieu. Le prix de la paix est d’abandonner la haine et permettre à l’amour de régner de façon suprême en nos coeurs: l’amour pour tous les êtres humains du monde entier. Le prix de la paix est d’abandonner l’arrogance et la remplacer par le repentir et l’humilité, en nous rappelant que la voie de la paix est la voie de l’amour. Le prix de la paix est d’abandonner l’avidité et la remplacer par la générosité, pour qu’ainsi personne ne soit blessé spirituellement en possédant plus qu’il n’a besoin pendant que d’autres dans le monde ont moins que ce dont ils ont besoin.

Peuples du monde, nous disposons de peu de temps pour décider : seulement quelques années. Le choix nous appartient : voulons-nous ou non payer le prix de la paix ? Si nous ne voulons pas le payer, tout ce qui nous est cher sera consumé dans les flammes de la guerre. L’obscurité dans notre monde actuel est due à la désintégration des choses contraires aux lois divines. Ne disons jamais désespérément que c’est l’obscurité avant la tempête. Disons plutôt avec confiance que c’est l’obscurité avant l’aube d’un nouvel âge d’or de paix. Une époque que nous ne pouvons même pas imaginer maintenant. Pour cela, espérons, travaillons et prions.

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CHAPITRE 9: Extensions du pacifisme


BIEN DES GENS CONNAISSENT la loi spirituelle simple que le mal ne peut être vaincu que par le bien. Non seulement les pacifistes la connaissent, mais ils essaient aussi de la vivre. Dans leur tentative de la vivre, ils refusent d’utiliser ou de sanctionner l’usage de la violence physique. Ceux qui s’opposent à la guerre mais qui utiliseraient la violence physique dans leur vie personnelle, je les appellerais des opposants à la guerre, non des pacifistes. Ceux qui utilisent la méthode non-violente seulement parce qu’ils croient que c’est la méthode la plus efficace, je les appellerais des opposants non-violents, non des pacifistes. Les pacifistes utilisent la méthode non-violente parce qu’ils croient que c’est la bonne méthode. En aucune circonstance, ils n’utiliseraient ou ne sanctionneraient l’usage d’une autre méthode.

La nature animale pense en termes de la « loi de la jungle » qui utilise la force physique pour éliminer toute opposition. Mais cette loi ne résout aucun problème pour les humains. Elle ne fait que reporter les solutions et empirer les choses à long terme.

Certaines nations, même si elles utilisent la loi de la jungle dans leurs relations avec d’autres nations lorsqu’elles sont en guerre, reconnaissent aux pacifistes le droit de ne pas agir de cette façon et les exemptent du service militaire. À la place, ils servent dans des services non-militaires ou restent un certain temps en prison. Ils sont souvent appelés des objecteurs de conscience. Évidemment, il y a très peu d’objecteurs de conscience parce que très peu ont atteint un éveil intérieur suffisant à un âge si précoce.

Quand je parle des extensions du pacifisme, je me rends compte que je parle seulement à d’autres pacifistes, un très petit groupe dans toute société moderne. Avec ce petit groupe que j’admire et respecte beaucoup, j’aimerais discuter de trois extensions du pacifisme que j’ai fait.

J’ai étendu mon pacifisme au non-usage de la violence psychologique aussi bien qu’au non-usage de la violence physique. Par conséquent, je ne me mets plus en colère. Non seulement je ne dis plus de mots inspirés par la colère, mais je n’ai même plus de pensées de colère ! Si quelqu’un se conduit mal envers moi, j’éprouve seulement de la compassion au lieu du ressentiment. Même ceux qui causent de la souffrance, je les considère avec une profonde compassion, sachant qu’une récolte de chagrin est mise en réserve pour eux. Si certaines personnes me détestaient, je les aimerais en retour. Car je sais que la haine ne peut être vaincue que par l’amour et, comme il y a du bon en tout être humain, on peut l’atteindre avec une approche aimante. Ceux qui utilisent la méthode non-violente sans l’amour auront peut-être des difficultés. Si vous forcez les gens à faire des choses à votre manière, sans les aider à se transformer, le problème n’est pas vraiment résolu. Si vous pouvez vous rappeler que nous ne sommes pas réellement séparés les uns des autres, cela pourra accroître votre désir de transformer plutôt que de soumettre et vous aider à étendre votre pacifisme au non-usage de la violence psychologique, aussi bien qu’au non-usage de la violence physique.

Je ne recommande pas la désobéissance civile, sauf en cas de dernier recours. En général, les gens peuvent accomplir beaucoup plus à l’extérieur des prisons que derrière les barreaux. Pas plus d’ailleurs que je n’encourage toute action menaçante qui préconise l’usage de la violence psychologique comme solution pour résoudre un problème. Ce qui est fait à une seule personne nous affecte tous.

J’ai étendu le pacifisme au non-financement de la guerre aussi bien qu’à la non-participation à la guerre. Par conséquent, j’ai cessé volontairement de payer un impôt fédéral. Depuis plus de quarante-trois ans je vis en dessous du niveau d’imposition. Je reconnais, évidemment, qu’il y a une deuxième raison à cela : je ne peux pas accepter plus que ce dont j’ai besoin pendant que d’autres dans le monde ont moins que ce dont ils ont besoin. Naturellement, je n’ai jamais payé de taxes sur le tabac ou l’alcool parce que je n’ai jamais utilisé ces produits. Je ne paie pas non plus de taxes sur les produits de luxe, ni sur les amusements, car je ne les utilise pas.

Il arrive que le gouvernement fédéral supporte des choses que nous approuvons, mais malheureusement, il n’est présentement pas possible de payer pour ces choses sans payer pour la guerre. Un pacifiste répondrait « non » si le gouvernement fédéral disait : « Si vous consacriez la moitié de votre temps aux activités de guerre, vous pourriez prendre l’autre moitié pour des travaux bénéfiques. ». Pourtant, il y a des pacifistes qui répondent « oui » quand c’est une question d’argent plutôt que de temps. Je me rends compte que les êtres humains ont tendance à être incohérents d’une façon ou d’une autre. Mais depuis que je sens que je dois être aussi cohérente que possible, j’ai étendu mon pacifisme au non-financement de la guerre aussi bien qu’à la non-participation à la guerre.

J’ai étendu mon pacifisme au refus de nuire à toute créature aussi bien qu’aux êtres humains. Par conséquent, je n’ai pas mangé de chair depuis de nombreuses années : ni viande, ni volaille, ni poisson. Je n’utilise pas non plus de fourrures, de plumes, de cuir ou d’os. Je constate que certains végétariens le sont simplement pour une question de santé, et ne sont pas nécessairement opposés à la guerre. Consommer de la chair animale peut manquer à certaines personnes, mais pas à moi. Je n’ai pas plus envie de chair animale que l’individu moyen n’a envie de chair humaine. Je pense que la plupart des pacifistes, en fait la majorité des êtres humains modernes, ne mangeraient pas de viande s’ils avaient à tuer les créatures eux-mêmes. Je pense que si vous visitiez un abattoir, cela vous encouragerait peut-être à étendre votre pacifisme au refus de nuire aux créatures aussi bien qu’aux êtres humains.

Il y a un éveil qui est en train de se produire aujourd’hui, pouvant très bien se transformer en une nouvelle renaissance. Peut-être que le désir de survivre nous pousse dans cette voie... peut-être que la prise de conscience que quelque chose doit être fait dans notre situation critique actuelle nous motive. Des groupes qui ont traditionnellement utilisé la violence parlent maintenant de résistance non-violente. Des gens qui ont participé de manière enthousiaste à des activités de guerre deviennent des opposants à la guerre. Un nombre sans cesse croissant de personnes deviennent des pacifistes. J’espère donc que les pacifistes iront de l’avant et feront des extensions à leur pacifisme.

* * *

Les citations suivantes étaient parmi les quelques notes que Pèlerin de Paix transportait dans les poches de sa tunique :

Général Omar Bradley : « Les guerres peuvent être prévenues aussi sûrement qu’elles peuvent être provoquées, et nous qui n’avons pas réussi à les prévenir, devons partager la culpabilité pour les morts engendrées. »

Général Douglas MacArthur : « J’ai connu la guerre comme peu d’hommes vivant actuellement la connaissent. Sa nature très destructive pour les deux côtés l’a rendue inutile comme moyen de régler des disputes internationales. »

Pape Jean XXIII : « Si les autorités civiles légifèrent pour permettre quelque chose contraire à la volonté de Dieu, ni les lois établies, ni les autorisations données ne peuvent lier la conscience des citoyens, car Dieu a davantage le droit d’être obéi que les hommes. »

Dwight D. Eisenhower : « Chaque fusil fabriqué, chaque navire de guerre lancé, chaque obus tiré, signifie finalement un vol commis aux dépens des affamés qui ne sont pas nourris, de ceux qui ont froid et ne sont pas vêtus. » Parlant en tant que « témoin de l’horreur et de la tristesse persistante de la guerre, en tant que témoin sachant qu’une autre guerre pourrait détruire cette civilisation », il nous mettait en garde contre le complexe militaro-industriel.

John F. Kennedy: « L’humanité doit mettre un terme à la guerre ou la guerre mettra un terme à l’humanité. La guerre continuera d’exister jusqu’au jour lointain où les objecteurs de conscience jouiront de la même réputation et du même prestige que le guerrier aujourd’hui. »

Lyndon B. Johnson: « Les fusils et les bombes, les obus et les navires de guerre, sont tous des symboles de la faillite de l’humanité. »

Pape Jean-Paul II: « Face à la calamité créée par l’homme qu’est la guerre, on doit affirmer et réaffirmer, encore et encore, que faire la guerre n’est pas inévitable, ni immuable. L’humanité n’est pas destinée à l’auto-destruction. Les conflits d’idéologies, d’aspirations et de besoins peuvent et doivent être résolus par des moyens autres que la guerre et la violence. »

Herman Goering, au procès de Nuremberg: « Les gens ne veulent pas la guerre, c’est évident. Pourquoi un pauvre type sur une ferme voudrait-il risquer sa vie dans une guerre quand le mieux qu’il puisse espérer est de revenir sur sa ferme en un seul morceau ? Naturellement, le peuple ne désire pas la guerre : ni en Russie, ni en Angleterre, ni d’ailleurs en Allemagne. C’est entendu. Mais après tout, ce sont les dirigeants d’un pays qui déterminent la politique, et c’est toujours assez simple d’y entraîner les gens, que ce soit dans une démocratie, une dictature fasciste, un parlement ou une dictature communiste. Avec ou sans voix, les gens peuvent toujours être amenés aux projets des dirigeants. C’est facile. Tout ce que vous avez à faire est de leur dire qu’ils vont être attaqués et de dénoncer les pacifistes en affirmant qu’ils manquent de patriotisme et qu’ils exposent le pays au danger. Cela fonctionne de la même manière dans tous les pays. »

* * *

Je n’ai jamais rencontré quelqu’un ayant construit un abri anti-bombes qui se soit senti protégé par lui. Je n’ai jamais rencontré un militaire moderne qui ne réalisait pas que la victoire militaire est un concept qui devient désuet avec l’avènement de l’ère nucléaire. D’ailleurs, la plupart des civils le reconnaissent aussi. La sagesse exige que nous arrêtions de nous préparer à faire une guerre qui anéantirait l’humanité et que nous commencions à nous préparer à éliminer les germes de la guerre.

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CHAPITRE 10: Les enfants et la voie de la paix

J’AI RENCONTRÉ UN COUPLE QUI ÉTAIT DÉTERMINÉ à éduquer leurs quatre enfants dans la voie de la paix. Chaque soir au souper, les parents leur faisaient un sermon sur la paix. Mais un soir, j’ai entendu le père crier après son fils aîné. Le lendemain soir, j’ai entendu l’aîné crier après le cadet sur le même ton de voix. Ce que les parents racontaient n’avait aucun effet sur eux. Les enfants imitaient ce que les parents faisaient.

Il est très important d’inculquer des idées spirituelles aux enfants. Plusieurs personnes vivent leur vie entière selon des concepts qui leur ont été inculqués dans leur enfance. Quand les enfants apprennent qu’ils obtiendront le maximum d’attention et d’amour en faisant des choses constructives, ils tendent à délaisser les choses destructives. Le plus important est de vous rappeler que les enfants apprennent par l’exemple. Peu importe ce que vous dites, c’est ce que vous faites qui aura une influence sur eux.

C’est un très grand défi pour les parents. Éduquez-vous vos enfants dans la voie de l’amour qui est la voie du futur ?

* * *

Cela me préoccupe de voir un petit enfant regardant le héros tuer le méchant à la télévision. Cela enseigne au petit enfant à croire que tuer des gens est héroïque. Le héros l’a simplement fait et c’était efficace. C’était acceptable et le héros était ensuite bien perçu.

Si suffisamment d’entre nous trouvions la paix intérieure pour influencer l’institution de la télévision, le petit enfant verrait le héros transformer le méchant et l’amener à une vie meilleure. Il verrait le héros faire quelque chose de significatif pour servir ses semblables. Ainsi les petits enfants comprendraient que si vous voulez être un héros, vous devez aider les gens.

* * *

Je connais un pasteur qui a passé quelque temps en Russie. Il n’a vu aucun enfant russe jouer avec des fusils. Il a visité de grands magasins de jouets à Moscou et n’a vu aucun fusil ou autre jouet de destruction à vendre.

Un enseignement pacifiste est donné dans quelques cultures minoritaires à l’intérieur de notre plus large culture. J’ai connu un couple qui a vécu dix ou douze ans parmi les amérindiens Hopi. Ils m’ont dit : « Pèlerin, c’est étonnant : ils ne font jamais de mal à personne. »

J’ai moi-même marché chez les Amish. Ils forment de vastes communautés pacifiques, sécuritaires et sans violence. En parlant avec eux, j’ai compris que c’est parce qu’ils apprennent dès l’enfance, qu’il est impensable de blesser un être humain. Alors ils ne le font jamais. Cet accomplissement est possible si vous êtes éduqué de cette façon.

* * *

Une fois, une femme m’a amené sa fille de quatre ou cinq ans et m’a dit : « Pèlerin, expliquerez-vous à ma fille ce qui est bien et ce qui est mal ? » J’ai dit à l’enfant : « Le mal est quelque chose qui fait souffrir quelqu’un. Quand tu manges de la nourriture-poubelle, cela te rend malade : c’est mal. » Elle a compris. « Le bien est quelque chose qui aide quelqu’un. Quand tu ranges tes jouets et que tu les remets dans ta boîte à jouets, cela aide ta mère : c’est bien. » Elle a compris cela aussi. Quelquefois l’explication la plus simple est la meilleure.

* * *

Quand mes parents me mettaient au lit, ils me disaient avec sagesse : « Il fait nuit pour que tu puisses mieux te reposer et dormir. Maintenant va dormir dans cette douce et paisible obscurité.» C’est pourquoi j’ai toujours vu l’obscurité comme une amie apaisante. Quand je marche toute la nuit pour me garder au chaud ou lorsque je dors sur le bord de la route, je me sens bien avec l’obscurité, mon amie si douce et si paisible.

* * *

Les enfants ont besoin de s’enraciner quelque part quand ils grandissent. Les parents feraient bien, avant la naissance de leurs enfants, de choisir l’endroit où ils veulent les élever.

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CHAPITRE 11: Transformer notre société


ON M’A DEMANDÉ si j’avais des solutions pacifiques à suggérer concernant quelques-uns de nos problèmes nationaux et internationaux. En premier lieu, je pense que la création d’une langue commune internationale serait un très grand pas en avant.

J’ai d’abord fait face à la barrière linguistique au Mexique, dont la langue est l’espagnol. Je ne pouvais parler aux gens que par mon message traduit et mon sourire. Puis, dans la province de Québec au Canada, je l’ai vécu de nouveau. Le Canada est un pays bilingue. L’enseignement dans les écoles au Québec se fait en français et de nombreux Québécois ne parlent pas anglais. J’avais un message traduit et on m’a offert le gîte et le couvert grâce aux signes. Mais la communication s’arrêtait là. Cela m’a fait réaliser de nouveau le grand besoin d’une langue internationale.

Je pense qu’un comité d’experts, mandaté par les Nations Unies, devrait décider aussi rapidement que possible quelle langue serait la mieux adaptée à cet usage. Une fois que la langue internationale serait choisie, elle pourrait être enseignée dans toutes les écoles, en parallèle avec la langue nationale. Ainsi, assez rapidement, toute personne sachant lire et écrire pourrait parler à n’importe qui dans le monde sachant aussi lire et écrire. Je crois que ce serait la plus grande étape à franchir en vue de la compréhension mutuelle internationale. Cela constituerait un pas considérable vers la paix mondiale. Quand nous pourrons parler ensemble, nous réaliserons que nos similitudes sont beaucoup plus grandes que nos différences, même si nos différences paraissent grandes.

La démocratie et la société

Je définis la démocratie comme étant le contrôle entre les mains des gens. Les esclaves sont ceux qui permettent à d’autres de contrôler leur vie. Dans la mesure où les gens réussissent à résoudre leurs problèmes équitablement et efficacement au niveau de la base, ils conservent le contrôle de leur vie. Dans la mesure où ils délèguent la résolution de leurs problèmes à une plus haute autorité, ils perdent ce contrôle.

Nous avons une bonne dose de démocratie individuelle. Par exemple, le droit de pouvoir continuer de parler, pour une minorité, même réduite à un seul membre. Nous avons aussi une grande démocratie politique et nous progressons en ce qui concerne la démocratie sociale. Si nous avions une démocratie sociale, chaque être humain serait évalué selon son mérite, non selon son groupe. Nous avons légiféré en ce sens. Nous avons encore un long chemin à parcourir, mais nous allons y arriver.

Là où nous sommes le moins avancé est en démocratie économique. En ce domaine, nous n’avons pas beaucoup de contrôle et cela me préoccupe. Rappelez-vous que si nous voulons donner l’exemple au monde, nous devons nous améliorer. Je vais vous raconter une triste histoire.

Je traversais le salon de quelqu’un. Deux comédiens à la télévision faisaient des blagues en direct devant un auditoire et l’un d’eux a dit : « J’ai obtenu une médaille de ma compagnie.» « Pourquoi? » « J’ai trouvé un moyen pour que leur produit s’use plus vite ! » Et tout le monde a ri dans l’audience.

Il n’y a pas de quoi rire. Les matières premières deviennent rares, l’énergie s’épuise. Les générations futures nous verront comme des idiots d’avoir fabriqué en fonction de la désuétude. Oui, chacun sait ce que l’on fait et on en rit quand même. De toute évidence cela doit être corrigé.

L’autre problème à résoudre est le chômage. Je suis très préoccupée à ce sujet. Environ sept ou huit millions de nos concitoyens sont sans emploi dans ce pays. Et qu’est-ce que le chômage leur fait ? Ces gens se détériorent psychologiquement parce que la société leur dit qu’elle n’a pas besoin d’eux et qu’il n’y a pas de place pour eux. Le chômage est une chose terrible. Nous avons besoin d’y remédier et d’y remédier immédiatement.

Je suggérerais qu’après un certain temps, tous les sans-emploi aptes au travail puissent s’inscrire à un travail communautaire, financé comme l’est l’assistance publique. Le travail n’aurait même pas besoin d’être à temps plein, mais ils gagneraient ce qu’ils reçoivent.

Tout être humain sain d’esprit désire faire un travail utile. Je sais bien que certaines personnes sont psychologiquement malades, spécialement celles qui sont sans emploi depuis longtemps et dont l’état s’est terriblement détérioré. Mais ce n’est pas le cas de la majorité. La plupart des gens saisiraient la chance de pouvoir faire quelque chose.

* * *

D’un point de vue spirituel, la meilleure façon de faire face à ce qui n’est pas en harmonie, comme le communisme tel que pratiqué aujourd’hui, n’est jamais de le craindre. Cela lui donne du pouvoir. Influencez-le favorablement pour le gagner : soyez un bon exemple. N’essayez jamais de le vaincre en adoptant sa fausse philosophie. Par exemple, une partie de la philosophie des gouvernements communistes dit que « la fin justifie les moyens ». Ce qui, en fait, est actuellement la philosophie de tous les pays qui utilisent la guerre comme moyen. Adoptez plutôt la philosophie spirituelle « les moyens déterminent la fin » et rappelez-vous que seul un bon moyen peut vraiment résulter en une bonne fin.

* * *

Nous ne pouvons changer les choses que par l’exemple. C’est pourquoi, si j’avais le pouvoir de le faire en ce pays, je donnerais un très bon et noble exemple. J’établirais un ministère de la paix dans notre gouvernement. Il aurait un travail très utile à accomplir. Il chercherait des moyens pacifiques pour résoudre les conflits, prévenir la guerre et ajuster l’économie à une situation de paix. Il serait mis en place en grande pompe. Nous demanderions aux autres nations de créer des ministères similaires et de venir travailler avec nous pour la paix. Je pense que bien des nations accepteraient de le faire. Les communications entre les ministères de la paix seraient une étape vers la paix dans notre monde.

* * *

Durant la guerre du Vietnam, j’ai posé la même question à mes correspondants du monde entier : « Quel pays vos concitoyens considèrent-ils comme la plus grande menace à la paix mondiale? » La réponse a été unanime. Ce n’était ni la Russie, ni la Chine. C’était nous ! J’ai demandé : «Pourquoi? » Les réponses variaient un peu. Les orientaux ont dit : «Parce que vous êtes la seule nation qui a utilisé la bombe nucléaire pour tuer des gens et rien ne prouve que vous ne recommencerez pas. » En Amérique du sud et en Amérique latine, ils avaient tendance à dire : « C’est le Vietnam aujourd’hui. Ce sera notre tour demain. » En Europe et dans quelques autres pays, la réponse avait tendance à être : «Votre économie fonctionne mieux en temps de guerre ou de préparation de la guerre. » ou « Dans votre pays, il y a beaucoup d’argent à faire avec la guerre ou la préparation de la guerre. »

Je n’aime pas rapporter cela, c’est une chose négative. Mais je pense que nous avons besoin de nous rendre compte que les pays du monde ne voient pas toujours notre générosité quand ils regardent outre-mer. Ils tendent plutôt à appréhender nos actions.

* * *

Non seulement j’aimerais nous voir franchir toutes les étapes vers le désarmement mondial et la paix dans le monde, mais j’aimerais aussi nous voir instaurer un meilleur exemple d’amélioration constante.

Ces dernières années, un certain nombre de mes amis étrangers m’ont dit : « La Russie a signé l’accord Salt II, pourquoi ne l’avez-vous pas signé ? Êtes-vous moins intéressés dans le désarmement que les Russes ? » Je n’ai pu leur répondre. J’aurais souhaité que nous l’ayons signé. C’était une petite étape, loin d’être suffisante, mais nous aurions dû signer, puis travailler fort pour Salt III et pour toute entente que nous aurions pu obtenir.

* * *

Durant mon pèlerinage à travers le Canada, j’ai été invitée à m’adresser publiquement à la Chorale des Jeunes de l’Union des Communautés Spirituelles du Christ, communément appelées « Doukhobors ». C’est un groupe pacifiste émigré de Russie au siècle dernier. Je leur ai dit : « Vous avez à cet égard un message spécial à délivrer, spécifiquement en Russie. Comme beaucoup d’entre vous parlent russe, pourquoi ne pas envoyer une délégation de paix en Russie ? Cette chorale, par exemple ? Vous avez une opportunité unique de leur parler dans leur propre langue, davantage que les délégations habituelles qui, le plus souvent, ne peuvent pas communiquer avec eux. Ce genre d’échange est nécessaire dans la crise historique actuelle. »

* * *

L’Organisation des Nations Unies a besoin d’être améliorée. Nous, les citoyens du monde, avons besoin de mettre le bien-être de toute la famille humaine au-dessus du bien-être de n’importe quel groupe. La famine et la souffrance ont besoin d’être soulagées. Un vaste programme d’échange de personnes entre les nations serait très utile.

Il y a quelques problèmes nationaux en relation avec la paix. Il faut travailler à la paix entre les groupes. Notre problème national numéro un, toutefois, est l’ajustement de notre économie à une situation de paix.

Action communautaire de paix

En cette période de crise, il faudrait instaurer un comité pour la paix dans chaque ville. Au départ, un tel groupe peut être formé avec une poignée de gens intéressés.

Je propose que les Comités Pacifistes commencent avec un Groupe de prière pour la paix dans le but de rechercher la voie de la paix. À la première réunion, considérez la paix intérieure. Priez à ce sujet et discutez-en. Si vous prenez conscience d’un blocage intérieur qui entrave votre progrès spirituel, concentrez-vous entre les réunions à enlever ce blocage. A la deuxième réunion, considérez l’harmonie entre les individus. Si vous vous rendez compte que vous n’êtes pas en harmonie avec une personne, faites quelque chose entre les réunions pour y remédier. A la troisième réunion, considérez l’harmonie entre les groupes. Entre les réunions, essayez de faire quelque chose en tant que groupe pour aider un autre groupe ou leur témoigner votre amitié. À la quatrième réunion, considérez la paix entre les nations. Entreprenez des actions entre les réunions en appuyant quelqu’un qui a fait quelque chose de bien pour la paix. À la réunion suivante, recommencez depuis le début.

À certains endroits, ma documentation a été utilisée par des groupes de prière, car elle traite de la paix d’un point de vue spirituel. Lisez un paragraphe, méditez-le dans un silence réceptif, puis parlez-en. Ayez autant de réunions de prière qu’il vous est nécessaire pour passer à travers toute la documentation. N’importe qui pouvant comprendre et ressentir les vérités spirituelles qu’elle contient est spirituellement prêt à travailler pour la paix.

Puis, viendrait un Groupe d’étude pour la paix. Nous avons besoin d’une image claire de la présente situation mondiale et de ce qui serait nécessaire pour la convertir en situation pacifique. Les guerres actuelles doivent certainement cesser. Évidemment, nous avons besoin de trouver un moyen de déposer nos armes ensemble. Nous avons besoin de mettre en place des mécanismes pour éviter la violence physique dans ce monde où la violence psychologique existe encore.

Quand les problèmes du monde et les étapes en vue de leur solution seront devenus clairs pour vous et vos amis, vous serez prêts à devenir un Groupe d’action pour la paix. Vous pouvez graduellement devenir un Groupe d’action pour la paix, agissant sur des problèmes divers que vous avez appris à comprendre. L’action pacifique devrait toujours prendre la forme d’une mise en pratique de la voie de la paix. Cela peut aussi prendre la forme de correspondance écrite à des législateurs concernant des lois sur la paix qui vous intéressent, à des journalistes sur des sujets concernant la paix, à des amis sur ce que vous avez appris sur la paix. Cela peut prendre la forme de réunions publiques avec des orateurs parlant de sujets sur la paix, de distribution de textes pacifistes, de conversations avec les gens sur la paix, d’une semaine, d’une fête, d’une marche, d’une parade ou d’un char allégorique en faveur de la paix. Cela peut prendre la forme d’un vote pour ceux qui se sont engagés sur la voie de la paix.

Vous avez beaucoup plus de pouvoir quand vous travaillez pour la bonne chose plutôt que lorsque vous travaillez contre la mauvaise chose. Naturellement, si la bonne chose est établie, les mauvaises choses vont s’effacer d’elles-mêmes. Le travail pour la paix, par la base, est d’une importance vitale. Nous tous qui travaillons pour la paix appartenons à une fraternité pacifiste spéciale, que nous travaillions ensemble ou séparément.

* * *

Quelques-unes des étapes pour la paix, dont j’ai parlé au début de mon pèlerinage, sont maintenant franchies ou du moins ont commencé à l’être. Un vaste programme de rapprochement des peuples est en bonne voie, avec des échanges d’étudiants et des échanges culturels. Des recherches sur les manières pacifiques de résoudre les conflits sont maintenant entreprises dans un certain nombre de nos universités et des cours sont aussi donnés chez notre voisin, le Canada.

* * *

Je crois qu’il est tout à fait possible d’obtenir actuellement une paix extérieure. Comme l’histoire l’a démontré, quand les hommes font face au choix entre la destruction et le changement, ils sont disposés à choisir le changement. C’est d’ailleurs une des seules choses qui les pousse à choisir un changement. Nous avons donc la possibilité actuellement de prendre une direction nouvelle dans le monde. La possibilité existe !

* * *

Gens ordinaires du monde entier, ne nous sentons plus jamais impuissants. Rappelons-nous que si suffisamment d’entre nous le demandons ensemble, même les choses les plus grandes, telles que le désarmement mondial et la paix dans le monde, seront accordées. Demandons tous ensemble !

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CHAPITRE 12 : La voie d’un pèlerin


UNE FOIS, ON M’A DEMANDÉ : « Que font les pèlerins de paix ? » Un pèlerin de paix prie et travaille pour la paix, intérieure et extérieure. Un pèlerin de paix accepte la voie de l’amour comme la voie de la paix. C’est pourquoi s’écarter de la voie de l’amour est s’écarter de la voie d’un pèlerin de paix. Un pèlerin de paix obéit aux lois de Dieu et, dans le silence réceptif, il demande à Dieu de guider sa vie. Un pèlerin de paix affronte la vie sans détour, règle ses problèmes et creuse sous la surface pour découvrir ses vérités et ses réalités. Un pèlerin de paix ne recherche pas la multiplicité des choses matérielles, mais une simplification du bien-être matériel, en ayant comme but ultime le niveau des besoins essentiels. Un pèlerin de paix purifie son temple corporel, ses pensées, ses désirs, ses motivations. Un pèlerin de paix abandonne aussi rapidement que possible sa volonté personnelle, son sentiment de séparation, tous ses attachements et toutes ses émotions négatives.

Traditionnellement, un pèlerin marche grâce à la foi, sans aucun moyen de subsistance physique. Je marche jusqu’à ce qu’on m’offre un gîte. Je jeûne jusqu’à ce qu’on m’offre de la nourriture. Gîte et nourriture doivent m’être offerts, car je ne les demande jamais. Mais ils sont offerts!

Je transmets tout ce qui m’est donné. Vous devez donner si vous voulez recevoir. Laissez le centre de votre être donner, donner, donner. Vous ne pouvez pas trop donner et vous découvrirez que vous ne pouvez pas donner sans recevoir. Ce mode de vie n’est pas réservé aux saints, mais il est disponible aux gens ordinaires comme vous et moi, si nous étendons notre don à tout le monde.

En tant que pèlerin, c’est ma mission d’agir en messager exprimant des vérités spirituelles. C’est une tâche que j’accepte avec joie et je ne désire rien en retour : ni les louanges, ni la gloire, ni le scintillement de l’argent ou de l’or. Je me réjouis simplement d’être capable de suivre les chuchotements d’une Volonté Supérieure.

J’ai beaucoup à offrir : je m’occupe principalement de vivre selon les lois de Dieu. J’offre aux autres l’approche mystique de Dieu, le royaume de la paix intérieure. C’est gratuit, il n’y a pas de frais.

* * *

Quand j’ai atteint la paix intérieure, il y a eu un moment où je suis morte, complètement morte à moi-même. J’ai renoncé depuis à mon ancienne identité. Je ne vois aucune raison de m’étendre sur mon passé. Il est mort et ne doit pas être ressuscité. Ne vous informez pas sur moi, mais sur mon message. Ce n’est pas important de vous souvenir du messager, souvenez-vous seulement du message.

* * *

Qui suis-je ? Cela importe peu que vous sachiez qui je suis. Cela a peu d’importance. Ce vêtement d’argile est celui d’un pèlerin sans le sou voyageant au nom de la paix. C’est ce que vous ne pouvez pas voir qui est tellement important. Je suis celle qui est propulsée par le pouvoir de la foi. Je baigne dans la lumière de la sagesse éternelle. Je suis soutenue par l’énergie inépuisable de l’univers. C’est ce que je suis vraiment !

* * *

J’ai toujours un sentiment de respect et d’émerveillement pour ce que Dieu peut accomplir en m’utilisant comme instrument. Je crois que n’importe qui s’étant complètement abandonné à la volonté de Dieu pourra être utilisé glorieusement et connaître réellement certaines choses. Et il sera probablement appelé un moralisateur. Vous êtes appelé un moralisateur si vous êtes suffisamment centré sur vous-même pour vous imaginer que vous savez tout. Mais vous pouvez aussi être appelé un moralisateur par les gens immatures, si vous êtes suffisamment centré sur Dieu pour connaître vraiment certaines choses.

* * *

Mon désir est de progresser vers la perfection, d’être autant que possible en harmonie avec la volonté de Dieu, de vivre selon la plus haute lumière que j’ai. Je ne suis pas encore parfaite, bien sûr, mais je grandis quotidiennement. Si j’étais parfaite, je saurais tout et serais capable de tout faire. Je serais comme Dieu. Cependant, je suis capable de faire tout ce que je suis appelée à faire. Je sais ce que je dois savoir pour jouer mon rôle dans le plan divin et j’expérimente le bonheur de vivre en harmonie avec la volonté de Dieu à mon égard.

* * *

Aucun éloge que je reçois ne me change, car je le transmets immédiatement à Dieu. Je marche parce que Dieu me donne la force de marcher. Je vis parce que Dieu me donne de quoi vivre. Je parle parce que Dieu me donne les mots à dire. Tout ce que j’ai fait a été de soumettre ma volonté à celle de Dieu. Ma vie entière m’a préparée pour cette entreprise. C’est mon appel intérieur. C’est ma vocation. C’est ce que je dois faire. Rien d’autre ne me rendrait heureuse.

* * *

Quand j’ai commencé mon pèlerinage, j’ai quitté la région de Los Angeles sans un sou, avec la foi que Dieu me fournirait tout ce dont j’aurais besoin. Même si je n’ai jamais rien demandé, Dieu m’a tout fourni le long du chemin. Sans jamais demander quoi que ce soit, j’ai été approvisionnée.

J’ai la foi que Dieu prendra soin de moi et Dieu pourvoit à mes besoins. Je n’éprouve aucun sentiment d’insécurité de ne pas savoir où je vais dormir la nuit venue, ni où et quand je mangerai la prochaine fois. Quand vous avez la sécurité spirituelle, vous ne ressentez plus le besoin de sécurité matérielle. Je ne connais personne qui ne se sente plus en sécurité que moi. Naturellement, les gens pensent que je suis la plus pauvre des pauvres. Mais moi je sais que je suis la plus riche des riches. J’ai la santé, le bonheur, la paix intérieure. Des choses que vous ne pouvez pas acheter même si vous étiez milliardaire.

* * *

Je fais mon travail joyeusement et sans effort. Je sens la beauté tout autour de moi et je vois la beauté dans chaque personne que je rencontre, car je vois Dieu en tout. Je reconnais ma part dans le Plan de la Vie et je trouve l’harmonie en la vivant joyeusement et avec plaisir. Je perçois mon unité avec toute l’humanité et mon unité avec Dieu. Mon bonheur déborde en aimant et en donnant à chacun et dans toute situation.

Pour la lumière, je vais directement à la Source de lumière, plutôt que vers ses reflets. De plus, en vivant selon la plus haute lumière que j’ai, je peux recevoir encore plus de lumière. Vous ne pouvez pas vous tromper sur l’origine de la lumière venant de la Source, car elle vient avec une compréhension si complète que vous pouvez l’expliquer et en discuter. Je recommande ce chemin à tous ceux qui peuvent le prendre. De grandes bénédictions attendent ceux qui sont assez sages pour mettre en pratique la plus haute lumière qui leur parvient.

* * *

Ce qui est reçu de l’extérieur peut être comparé au savoir. Il conduit à la croyance, ce qui est rarement assez fort pour inciter à l’action. Ce qui est confirmé de l’intérieur, après le contact avec l’extérieur, ou ce qui est perçu directement de l’intérieur (ce qui est ma voie) peut être comparé à la sagesse. Cela mène à une connaissance et l’action l’accompagne.

* * *

Dans mes rencontres avec les gens, je ne critique pas, ni ne fais de décrets, ni ne détermine de plan d’action. Le travail qui m’est assigné est de réveiller la nature divine à l’intérieur de chacun. C’est ma vocation d’ouvrir les portes de la vérité et de faire réfléchir les gens, de les réveiller de leur état apathique et léthargique, de les amener à rechercher pour eux-mêmes la paix intérieure qui réside en eux. C’est l’étendue de mon entreprise, je ne peux faire plus. Le reste, je le laisse à une Puissance Supérieure.

* * *

La foi est une croyance en ce que vos sens n’ont pas perçu et que votre entendement ne peut pas comprendre, mais que vous avez touché d’une autre manière et accepté. Il est facile de parler de foi, mais c’est une autre chose de la vivre. Pour moi, la foi signifie que les gens peuvent, par leur propre libre-arbitre, atteindre et contacter Dieu. Et la grâce signifie que Dieu cherche toujours à atteindre les gens. Pour moi, il est très important que je demeure en contact constant avec Dieu, ou le but divin.

Les gens ont eu à compenser leur appauvrissement spirituel en accumulant des biens matériels. Quand on reçoit des bénédictions spirituelles, les choses matérielles apparaissent sans importance. Mais les bénédictions spirituelles ne surviennent pas avant que nous ne les désirions et que nous abandonnions notre désir des choses matérielles. Aussi longtemps que nous désirons des choses matérielles, c’est tout ce que nous recevons, et nous demeurons spirituellement appauvris.

* * *

Ceux qui ont abandonné leur volonté personnelle et sont devenus des instruments au service de Dieu peuvent accomplir des tâches apparemment impossibles. Mais ils n’éprouvent aucun sentiment d’accomplissement personnel. Je sais maintenant que je suis une partie du cosmos infini, non séparée des autres âmes ou de Dieu. Mon moi illusoire est mort. Le vrai Moi contrôle le vêtement d’argile et l’utilise pour le travail de Dieu.

Quand j’ai commencé mon pèlerinage, mes cheveux commençaient à grisonner. Mes amis croyaient que j’étais devenue folle. Il n’y eut aucun mot d’encouragement de leur part. Ils pensaient qu’en marchant autant, je me tuerais sûrement. Mais cela ne m’a pas dérangé. Je suis simplement allée de l’avant et j’ai fait ce que j’avais à faire. Ils ne savaient pas qu’avec la paix intérieure, je me sentais branchée sur la source d’énergie universelle qui ne s’épuise jamais. Il y eut beaucoup de pression pour modifier mes croyances, mais je ne pouvais pas être dissuadée. Avec affection, j’ai informé mes amis bien intentionnés de l’existence de deux chemins très divergents dans la vie et de la liberté intérieure de chacun de faire son choix.

Il y a un chemin très fréquenté, qui plaît aux sens et procure des plaisirs terrestres, mais qui ne mène nulle part. Et il y a le chemin moins parcouru, qui exige des purifications et des renoncements, mais qui résulte en bénédictions spirituelles indescriptibles.

* * *

Il y a une étincelle de bien en chacun, peu importe à quelle profondeur elle est enfouie. C’est le vrai Moi. Devinez à quoi je pense vraiment quand je dis le « Moi ». Au vêtement d’argile, le corps ? Non, ce n’est pas le vrai Moi. À la nature centrée sur soi ? Non, ce n’est pas votre vrai Moi. Le vrai Moi est l’étincelle divine. Certains l’appellent « la nature centrée sur Dieu », d’autres « la nature divine ou le royaume de Dieu à l’intérieur ». Les hindous la connaissent comme étant le « nirvana ». Les bouddhistes y réfèrent comme «l’âme éveillée ». Les quakers la voient comme la « Lumière Intérieure ». En d’autres lieux on l’appelle « le Christ en vous, la Conscience du Christ, l’espoir de gloire ou l’esprit qui habite à l’intérieur ». Même certains psychologues ont un nom pour cela : le «supra-conscient ». Mais tous ces termes correspondent à la même chose habillée de mots différents. L’important à retenir est qu’elle habite en vous!

* * *

Le nom que vous lui donnez n’est pas important, mais votre conscience doit s’élever au point où vous voyez l’univers à partir de votre nature centrée sur Dieu. Le sentiment accompagnant cette expérience est celui d’une complète unité avec le Tout Universel. On fusionne dans une euphorie d’unité absolue avec toute la vie ; avec l’humanité, avec toutes les créatures de la terre, les arbres et les plantes, l’air, l’eau et même la terre elle-même. Cette nature centrée sur Dieu attend constamment de diriger votre vie glorieusement. Vous avez le libre choix de la laisser diriger votre vie ou de ne pas lui permettre de vous affecter. Ce choix est toujours le vôtre !

De toutes vos lectures et vos rencontres, prenez ce qui est bon et laissez le reste. Pour être guidé et connaître la vérité, il est beaucoup mieux de vous tourner vers la Source, votre propre enseignant intérieur, que vers des gens ou des livres. Ce n’est que lorsque quelque chose en vous dit : « c’est la vérité, c’est pour moi », que cela devient une partie de votre expérience. Après avoir lu tous ces livres et entendu toutes ces conférences, vous devrez quand même juger ce qui est pour vous. Les livres et les gens ne peuvent que vous inspirer. À moins qu’ils n’éveillent quelque chose en vous, rien de valable n’a été accompli. Mais si vous tenez à lire des livres, lisez-en beaucoup, pour qu’ainsi vous soyez en contact avec autant d’opinions contraires que possible. De cette manière, vous devrez tout de même vous faire une opinion.

Pensez à toutes les bonnes choses de votre vie. Ne pensez jamais à vos difficultés. Oubliez-vous vous-même et concentrez-vous à servir autant que vous le pouvez dans ce monde. Alors, ayant perdu votre moi moins élevé dans une cause plus grande que vous-même, vous trouverez votre Moi plus élevé : votre vrai Moi.

Ce dont je parle n’est pas une entreprise facile, mais je peux vous assurer que la fin de votre voyage spirituel vaudra bien le prix payé. Il y aura bien des collines et des vallées. La lutte est comme une escalade, avec chaque sommet de colline un peu plus haut que le précédent.

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Certains m’ont demandé si j’acceptais des « disciples ». Non, évidemment. Ce n’est pas sain de suivre un autre être humain. Chaque personne doit trouver sa maturité. Le processus prend du temps et la période de croissance varie selon chaque individu.

Pourquoi vous tournez-vous vers moi ? Tournez-vous vers votre propre Moi. Pourquoi m’écoutez-vous ? Écoutez votre propre Moi. Pourquoi croyez-vous en ce que je dis ? Ne croyez ni en moi, ni en aucun autre enseignant. Faites plutôt confiance à votre propre voix intérieure. Elle est votre guide. Elle est votre professeur. Votre maître est à l’intérieur, pas à l’extérieur. C’est vous que vous devez connaître, pas moi !

Marchez avec moi, mais ne me suivez pas aveuglément. Agrippez-vous à la vérité, pas à mes vêtements. Mon corps n’est qu’un morceau d’argile. Maintenant il est ici, demain il aura disparu. Si vous vous attachez à moi aujourd’hui, que ferez-vous demain quand je ne serai plus avec vous? Attachez-vous à Dieu, attachez-vous à l’humanité. Alors seulement, vous vous rapprocherez de moi.

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La voie du chercheur est remplie d’obstacles et de tentations. Le chercheur y avance seul avec Dieu. Je recommande de garder vos pieds sur terre et vos pensées élevées afin de n’attirer que le bien. Concentrez-vous à donner, pour vous ouvrir à recevoir. Concentrez-vous à vivre selon la lumière que vous avez pour vous ouvrir à plus de lumière. Obtenez autant de lumière que possible par la voie intérieure. Si une telle réception paraît difficile, cherchez l’inspiration d’une belle fleur, d’un paysage magnifique, d’une belle musique ou de nobles paroles. Cependant, ce qui est contacté de l’extérieur doit être confirmé intérieurement avant qu’il ne soit vôtre.

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Rappelez-vous que quelqu’un qui commet un acte indigne est en réalité psychologiquement malade. Cette personne doit être vue avec autant de compassion que celle qui est physiquement malade. Souvenez-vous que personne ne peut vous blesser, excepté vous-même. Si quelqu’un vous blesse, cette personne s’est blessée elle-même. Vous n’êtes pas vraiment blessé à moins que vous ne deveniez amer, ne vous mettiez en colère ou ne fassiez du mal à votre tour.

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Je me considère comme un serviteur travaillant sur la cause des difficultés : notre immaturité. Il n’y a cependant qu’une minorité de gens désirant travailler sur la cause. Pour chaque personne travaillant sur la cause, il y en a des milliers qui travaillent sur les symptômes. Je bénis tous ceux qui travaillent à l’autre niveau pour enlever les symptômes, mais je continue de travailler surtout au niveau de l’intérieur, pour faire disparaître la cause.

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C’est parce que la majorité des gens n’ont pas trouvé leur but et leur fonction qu’ils expérimentent la douloureuse disharmonie intérieure. Ainsi, le corps de l’humanité se dirige vers le chaos. Si la plupart d’entre nous n’allons pas assez loin, c’est bien davantage par omission que par action. « Tandis que le monde périt, nous allons notre chemin sans but et sans passion, jour après jour. »

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Dans mon travail, j’ai choisi l’approche positive. Je ne me vois jamais protestant contre quelque chose, mais plutôt témoignant pour une vie harmonieuse. Ceux qui témoignent pour, présentent des solutions. Ceux qui témoignent contre, n’en présentent habituellement pas. Ils se concentrent sur ce qu’ils n’aiment pas, recourant au jugement, à la critique et parfois même à l’injure. Naturellement, cette approche négative a un effet néfaste sur la personne qui l’utilise, tandis que l’approche positive a un bon effet. Quand le mal est attaqué, il se mobilise. Alors qu’il était peut-être faible et désorganisé auparavant, l’attaque lui donne de la crédibilité et de la force. Si au lieu de l’attaquer, on le soumet à de bonnes influences, non seulement le mal tend à disparaître, mais son auteur tend à être transformé. L’approche positive inspire ; l’approche négative irrite. Quand vous suscitez la colère chez les gens, ils agissent selon leurs instincts de base, souvent violemment et irrationnellement. Quand vous inspirez les gens, ils agissent en accord avec leurs instincts plus élevés, d’une manière sensée et rationnelle. De plus, la colère est temporaire, tandis que l’inspiration a parfois des effets qui durent toute une vie.

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Il y a un critère vous permettant de déterminer si les pensées que vous avez et les choses que vous faites sont bonnes pour vous. Le critère est : « Vous ont-elles apporté la paix intérieure ? » Si elles ne l’ont pas fait, il y a quelque chose d’erroné en elles. Continuez à chercher ! Si ce que vous faites vous apporte la paix intérieure, demeurez avec ce que vous croyez bien.

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Quand vous trouvez la paix à l’intérieur de vous, vous devenez le genre de personne qui peut vivre en paix avec les autres. La paix intérieure ne se trouve pas en restant à la surface de la vie ou en essayant de fuir la vie par n’importe quel moyen. La paix intérieure se trouve en faisant résolument face à la vie, en solutionnant ses problèmes et en creusant aussi profondément que possible sous sa surface pour découvrir ses vérités et ses réalités. La paix intérieure vient avec l’obéissance stricte aux lois déjà très connues de la conduite humaine, comme la loi du moyen qui détermine la fin : seul un bon moyen peut produire un bon résultat. La paix intérieure vient par l’abandon de sa volonté propre, des attachements, des émotions et pensées négatives. La paix intérieure vient par le travail pour le bien de tous. Nous tous dans le monde entier, sommes les cellules du corps de l’humanité. Chacun a une contribution à faire qu'il découvrira de l’intérieur. Mais personne ne peut atteindre la paix intérieure à moins de travailler, non pas d’une façon centrée sur soi, mais pour toute la famille humaine.

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